| La bouche d'une fille qui avait longtemps reposé dans les roseaux était si rongée. Quand on ouvrit la poitrine l'œsophage était si troué. Enfin dans une tonnelle sous le diaphragme on trouva un nid de jeunes rats. Un petit frère était mort. Les autres vivaient du rein et du foie, ils buvaient le sang froid, ils avaient vécu ici une belle jeunesse. Ils eurent aussi une mort rapide et belle : on les jeta tous à l'eau. Ah, comme piaillaient les petits museaux ! Gottfried BENN Poèmes Éditions Gallimard, 1972 pour la traduction française p37-38 |