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| Les mondes de VERMEER |
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| Que joue la femme à l'épinette et qu'interprètent les autres musiciennes de Vermeer ? À coup sûr, aucune mélodie. Seulement des accords. Elles procèdent en musique tout comme Vermeer en peinture, en extrayant l'harmonie de la mélodie. L'unité harmonique, chez les baroques, ne vise pas l'infini. C'est une harmonie qui permet de penser l'existant et de le renforcer à partir de l'infini. Ainsi, la chambre et la maison vermeeriennes sont-elles autant centripètes que centrifuges. Elles tâtent les harmonies qui girent dans la vastitude du monde et les captent. Importance de la musique et de musiciennes pour donner à voir cela et surtout donner à vivre. Vermeer a dû ressentir en le clavecin cette double nature de l'art d'un «clavier bien tempéré» : mesure mathématique d'une part et transe vibratoire de l'autre. L'ordre carré de la mesure et de la géométrie et les supra-sensibilités du sentiment...
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| Pierre STERCKX Les mondes de Vermeer Presses Universitaires de France 2009, p31
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| Johannes Vermeer de Delft National Gallery, Londres |