Le recyclage et la mise en scène des référents, ce n’est pas en soi un projet idiot, mais encore faut-il que, à force d’être centrifugée, la masse des références fasse gicler une vision intempestive. Or, ici, cette organisation de la queue leu leu est telle qu’à la fin le jeune homme se la mord (la queue). Et on aura beau branler le déjà vieux concept du «déjà-vu» (cf. le texte de Géraldine Fabre dans Palais, le magazine du Palais de Tokyo), il n’en jaillit pas grand-chose non plus. Sinon un très morose «j’ai tout vu l’art conceptuel, hélas». A se demander s’il ne s’agit pas tant d’une exposition que d’un étalage, au sens grands magasins du terme, dont Loris Gréaud serait l’ensemblier. Au pire, cette vitrine aura valeur d’un bêtisier de l’art contemporain, qui fera ricaner les habituels ricaneurs ; au mieux, elle permet d’évaluer le grand écart entre deux soucis de l’art contemporain : d’un côté l’amnésie (et sa revendication), de l’autre l’hypermnésie (et son exagération).
Quant au très parisien débat «qui manipule qui ?», Il est vrai que, si l’on avait voulu faire exploser la cote commerciale d’un artiste, on ne s’y serait pas pris autrement. Il est non moins évident que cette surexposition pourrait carboniser celui qui s’y expose. Loris Gréaud : ça n’a pas encore commencé, ou c’est déjà fini ?