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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 07:00
  Claude Batho


Mille manières de se perdre dans un visage : individuelle et amoureuse comme chez Harry Callahan ; puissante, profonde, délicate et nostalgique comme chez Claude Batho.


Elle est photographe.
Femme de John Batho qu'elle a rencontré à la Bibliothèque Nationale où elle travaillait pour les archives. Elle apprend qu'elle est malade. Que sa maladie est grave.

  
Elle se met à garder des traces de tout ce qui l'entoure, dans le strict périmètre de sa maison : l'éponge, le tablier neuf, le balai soigneusement adossé à un mur, sa fille, petite enfant endormie sur le sofa, le chemin, le paysage par la fenêtre, des tirages qui sèchent et se recroquevillent, un bouquet de fleur en train de faner, le vent dans les arbres du jardin, le tricot abandonné sur le fauteuil. Son intérieur devient, d'une certaine manière, son espace ethnologique. Les objets de la maison qu'elle photographie et qui apparaissent sous nos yeux ne sont plus neutres et le regard qu'elle pose sur eux les a vidés de toute trivialité. Toutes les choses simples, quotidiennes, prennent une importance extraordinaire. Une beauté triste et vigoureuse. Certaines images sont des présages comme ces fleurs fanées et leur représentation qui pose à côté d'elles ou comme le bain de l'enfant qui fait penser à une calme scène de noyade, ou encore comme ce Portrait du Père (ci-dessus).
Tout est emprunt de nostalgie et de tristesse, mais également de force et de délicatesse infinies.
Claude Batho meurt en 1981. Elle a 46 ans. Un cancer l'a emportée. Lorsque l'on connaît sa vie et que l'on regarde ses photographies, ce que l'on sait d'elle nous les fait voir autrement.
Claude Batho a publié un très beau livre en 1977 : Le Moment des Choses.
La galerie Agathe Gaillard l'a exposée.
Claude Batho aura une rétrospective en 1982 au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris.
Son travail sera montré en 2004 à l'occasion du mois de la Photographie.
Vous aurez beaucoup de mal à voir ses photographies. Même en reproduction, et c'est dommage. La beauté de Claude Batho continue à irradier.


photographie : Le portrait du père, © Claude Batho, extrait de Photographies Magazine
galerie Agathe Gaillard

   

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