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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 07:00
Les Rencontres d'Arles 2006*...(6)



Georges Rousse est une sorte de poète- géomètre ; ouvrier, aussi : il découpe, ponce, peint, colle, mesure et fait encore beaucoup d'autres choses comme accrocher de grands tableaux photographiques aux cimaises des galeries et des musées. Georges Rousse est donc également photographe ; en plus...
En effet, prendre une photographie ne requiert pas beaucoup de temps :
1/60e de seconde ou
à peine plus si l'on décide de le faire à l'aide d'une chambre photographique, mais à peine. La prise de vue photographique est donc pour lui une composante du travail dont il finit par nous soumettre le résultat sous la forme d'immenses tirages, systématiquement étonnants. Le temps qu'il passe à préparer le lieu qu'il va photographier est autrement plus important que le temps de la prise de vue elle-même. La démarche habituelle de l'artiste est d'arriver dans un lieu, de décider d'un point de vue monoculaire (ce sera "l'oeil", l'objectif, le viseur de la machine à photographier qui se manifestera sur le dépoli quadrillé de la chambre) et ce point de vue deviendra le point de référence unique et définitif de tout ce qui se déroulera ultérieurement. La seconde étape va consister à modifier l'espace en le peignant, en dessinant des formes géométriques sur les murs, en installant des constructions de bois qui seront peintes, également, pour mieux se fondre au décor en train de se faire, et tout ceci créant l'illusion d'une surface peinte ou dessinée directement sur le tirage mais qui prendra toute sa dimension lorsque l'on comprendra qu'il s'agit d'un travail effectué dans l'espace et non sur l'épreuve photographique.

La déambulation du spectateur, le parcours de son regard avec recherche du point de vue unique
pour ajustement et reconstitution de la forme (3ème et dernière image, enfin presque...).

En général, nous ne connaissons du travail de Georges Rousse que le tirage de la photographie qu'il finit par prendre lorsque toute l'installation est finie et que l'illusion est parfaite.
Le musée Réattu d'Arles a eu l'excellente idée de commander plusieurs pièces à cet artiste, qu'il a créées dans certains espaces de ce musée et que l'on peut visiter. Le jeu (ci-dessus) consiste évidemment à retrouver le point de vue unique qui a présidé à la construction illusionniste de cet immense rectangle blanc donnant l'impression de se dresser verticalement devant nous, dans le plan du tirage photographique, mais qui, en réalité, s'étale à la fois sur le sol (horizontalement), sur le mur (verticalement) et sur le plafond (en courbe) de ce lieu. Ci-dessous, à gauche, la photographie définitive, par l'artiste.


Georges Rousse a également fait cette installation in situ dans la cour du musée Réattu (à droite).
Les
cosses d'un fruit de couleur brune, qui ressemble à la caroube, ont été fixées sur les murs de l'édifice.
Autre installation in situ de Georges Rousse au Musée Réattu (clic :dernière image)
Musée Réattu, jusqu'au 17 septembre.
Commissaires : M.Moustahar et D.Rouvier.

*Cette exposition est présentée en marge des Rencontres
photographies de l'auteur, excepté 1ère et seconde de l'avant dernier registre : ©G.Rousse

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Published by holbein - dans espace-holbein
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commentaires

Laurent C. 14/08/2006 14:07

De passage à Arles, j'ai eu l'occasion de voir cette expo, c'est étonnant. Je voulais vraiment voir une installation de Rousse "pour de vrai" (j'avais toujours vu que des photos). Grandiose !

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