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10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 07:00

Centre Georges Pompidou, jusqu'au 17 juillet 2006



J'évoquais dans le billet précédent l'installation intitulée Reflets de peau, actuellement visible au Palais de Tokyo et la posture qu'il fallait adopter pour bien apprécier cette oeuvre. La perception que l'on a des oeuvres d'art peut se trouver modifiée du fait de la position inhabituelle du corps. Il peut arriver qu'une oeuvre existe assez peu en soi (ce qui pas le cas de celle qui nous occupe aujourd'hui) ; elle dépend alors beaucoup des conditions créées pour la regarder.

Cette exposition Morphosis présentée au 6ème étage du Centre Georges Pompidou met en scène le travail de l'architecte américain Thom Mayne qui est en outre le Pritzer Prize 2005 (la plus grande distinction décernée à un architecte). Ce qui est présenté ici c'est le travail de l'architecte à travers ses projets et ses réalisations ; ceci agrémenté de quelques vidéos dans lesquelles Thom Mayne parle de son travail. Le matériau utilisé est celui d'une exposition d'architecture traditionnelle. Mais lorsque l'on décide de montrer de telles choses, le risque pour le public est d'être confronté à une série d'objets techniques, spécialisés qui ne peuvent le motiver, à priori, que s'il s'intéresse déjà un peu à l'architecture.

Pour ce qui concerne la manière de montrer ce qu'a produit ce grand architecte sur une trentaine d'années, la forme et le contenu sont ici d'une adéquation parfaite. Il s'agit d'une certaine manière d'un morceau d'architecture créée pour l'occasion et dans lequel nous évoluons. Les différentes pièces qui composent le corpus de cette exposition (plans, maquettes, vidéos, photographies, esquisses, images travaillées sur ordinateur ou tridimentionnelles, etc.) sont placées au sol, sous nos pieds, confortablement logées dans des cellules éclairées, le tout étant recouvert d'une immense surface de verre, tel un parquet transparent légèrement incliné. Dès l'entrée, les visiteurs sont invités à enfiler sur leurs chaussures de petits chaussons antidérapants avant de grimper sur cette structure d'exposition où ils découvrent sous leurs pieds ce qui est traditionnellement placé sur des cimaises ou sur des tables ou bien encore projeté sur le mur. Cette structure aboutit tout en haut sur un mur-écran montrant une pièce filmée d'un spectacle de Frédéric Flamand, Silent Collisions, dont la scénographie a été assurée par l'agence de T.Mayne. Des danseurs traversent l'espace de projection, prolongeant l'espace d'exposition et assurant ainsi la cohérence de cette installation.
Le résultat est très efficace. La sensation aussi bien que le désir de connaître sont sollicités. Le fait que les objets d'exposition ne sont plus à leur place y est sans doute pour quelque chose. Le corps du spectateur, lui aussi, n'est plus tout à fait à la sienne puisqu'il doit tantôt s'écarter, tantôt se baisser ou déambuler de manière aléatoire. Rien ne relève de l'artifice, du gadget ou de l'effet. Les données qui nous sont habituelles sont simplement modifiées. Cette initiative est réellement à saluer.

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Published by holbein - dans espace-holbein
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