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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 07:00
  Richard Long
corps et paysage

 Voici un paysage sans corps apparent. Ce paysage présente une particularité : cette ligne, droite, qui le traverse verticalement. Sous la photographie, une légende : Walking a line in Peru, 1972. Il s'agit bien d'une action : marcher. Richard Long arpente le monde. Il marche, passe et repasse selon des règles qu'il s'est données, laissant ainsi des traces dans le paysage. Il s'est rendu célèbre en 1967 en réalisant une sculpture faite en marchant : A line made by walking.
 
 Richard Long est un artiste anglais qui n'a pas besoin d'atelier. Il voyage dans le monde, fréquente des endroits souvent inaccessibles où non seulement personne ne va mais où il ne retournera jamais. Il y fait des relevés, réalise  des installations en déplaçant des pierres, procède à quelques prélèvements puis fait des photographies des changements produits afin de garder des traces de ses interventions. Il s'agit de sa part d'un effort physique important, tant à l'occasion de ses voyages
, longs et difficiles, qu'il fait à pied, que dans l'action de déplacer des pierres ou de fouler le sol longtemps, de manière répétitive pour y dessiner une ligne longue, arbitraire, régulière et éphémère. La nature reprendra vite le dessus. Dans la majorité des cas, sa trace aura fondu dans le paysage à l'heure où le musée la montrera.
     
photographie : in  Land art, Gilles Tieberghien, Éditions Carré, Paris, 1993, p 101, ©Richard Long  
     
Liens Richard Long :
*Site officiel de Richard Long
*quelques démarches détaillées de l'artiste
*quelques photographies
*texte sur le Land art avec des références à R.Long
*galerie Tschudi
*collection MoMa


   
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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 07:00
  Pierre Radisic
corps et paysage

Mélancolique ou amoureux, lève les yeux, poète... Laisse-toi aller. Ton beau paysage de la nuit, de toutes tes nuits les plus belles, il est juste au dessus de ta tête. Regarde la voûte étoilée, les constellations, la voie  lactée. Oui, lactée, regarde bien : tu découvriras les corps somptueux des géantes qui se mêlent aux étoiles. Les corps célestes. Cette image, extraite de  "Heavenly Bodies", se situe dans la continuité du travail photographique de Pierre Radisic sur les "corps célestes", série de nus féminins "astronomisés".
     
photographie : Pierre Radisic, Heavenly Bodies, Les Brigittines

liens Pierre Radisic :
*site Heavenly Bodies
*Heavenly Bodies"

   
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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 07:00

30 SEPTEMBRE  Loretta LUX

29 SEPTEMBRE
  Robert FRANK

28 SEPTEMBRE  Xavier LAMBOURS

26 SEPTEMBRE  Arno Rafael MINKKINEN

23 SEPTEMBRE  Ernst MACH

20 SEPTEMBRE  Le Scrapbook, Cartier-Bresson

19 SEPTEMBRE  Inez VAN LAMSWEERDE

18 SEPTEMBRE  David NEBREDA

17 SEPTEMBRE  Rudolf SCHÄFER

16 SEPTEMBRE  Alexander GARDNER

15 SEPTEMBRE
  AZIZ et CUCHER

14 SEPTEMBRE  Lewis HINE

13 SEPTEMBRE  Chuck CLOSE

12 SEPTEMBRE 
Visages de la Chine

11 SEPTEMBRE  Martin Parr

10 SEPTEMBRE
  Lise SARFATI

09 SEPTEMBRE  ZHANG HUAN

08 SEPTEMBRE
  Claude BATHO

07 SEPTEMBRE  Kimiko Yoshida (3)

06 SEPTEMBRE
  Kimiko Yoshida (2)

05 SEPTEMBRE
  Kimiko Yoshida

....
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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 07:00
 
Loretta lux
corps et paysage

 La  petite fille  dont le regard s’oublie dans une sorte de mélancolie pose soigneusement au centre d’une photographie et d’un paysage étrangement symétrique. Le ton laiteux du visage vaguement bouffi est un écho au moutonnement du ciel. On peut difficilement ne pas remarquer que la petite fille de The Rose Garden est vêtue très exactement des couleurs roses et vertes du jardin qui l’entoure. Ce vêtement est très soigné, lui aussi ;  les plis tombent parfaitement, la boucle de la ceinture brille, les broderies accusent la symétrie. Mais la tête est ébouriffée.
  Loretta Lux est une artiste née en 1969 à Dresde et qui a grandi dans cette ville de l'ex-République Démocratique Allemande. Elle y a étudié la peinture et s'est tournée tardivement vers la photographie.

  Le choix de cette artiste va obligatoirement en incommoder certain(e)s, mais également en plonger d’autres dans le ravissement, l’émerveillement, le trouble. Car en effet, il se passe indéniablement quelque chose d’un peu inhabituel lorsque l’on commence à regarder ces images. Le dispositif est sobre : une figure, parfois deux, toujours des enfants (à quelques rares exceptions près), disposés sur un fond, également d’une assez grande sobriété. Il s’agira d’un paysage souvent discret, résumé quelquefois à une simple ligne basse et répétitive, ou d’un intérieur rigoureux et dépouillé.  Les sujets posent apparemment très simplement. Quelques accessoires apparaissent parfois. Alors comment expliquer ce trouble ?
   L’inquiétante étrangeté domine. Nous avons sans cesse l’impression de faire face à des individus proches et lointains, réels et fabriqués, à la fois. Les enfants photographiés sont de vrais modèles qu’elle sollicite dans son entourage. Elle les contraint à adopter des poses figées, académiques en refusant le naturel. Les visages évitent systématiquement le sourire ou la moindre expression qui traduirait une proximité de pensée ou tout simplement un échange affectif. Les regards sont absents ou ailleurs.
  Loretta Lux va habiller ses modèles comme on habille des poupées.  Ces vêtements un peu empesés, d’une autre époque, d’un charme un peu fané, semblent être là pour que les enfants les habitent. Puis loretta Lux va installer ces "poupées" ,  qu’elle aura préalablement très légèrement déformées numériquement,  sur des fonds importés qui seront des paysages épousant la couleur de ses sujets ou des  intérieurs factices travaillés de la même façon. L’élargissement léger de la taille de la tête ou des yeux, le rétrécissement discret du corps ou de l’envergure des épaules vont conférer à ces modèles une allure étrange.
  Loretta Lux se situe à la marge. Le monde dans lequel elle a vécu (son paysage mental), sa connaissance des maîtres anciens, mais aussi de l'esthétique du réalisme socialiste qu'elle a fréquenté, doivent contribuer vraisemblablement  à l'émergence de formes proches d'une sorte d'enchantement désenchanté.

liens sur Loretta Lux :
*site de Loretta Lux
*Yossi Milo Gallery
*Photoarts.com
*rétrospective au Fotomuseum den Haag, 2006
 
photographie 1  : "The Rose Garden" Ilfochrome  © 2001 Loretta Lux
photographie 2  : "The Blue Dress" Ilfochrome  © 2001 Loretta Lux

   
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29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 07:00
  Robert Frank
corps et paysage

Robert Frank La figure centrale semble animée d'une puissance telle, que le paysage se plie  à son délire, à sa transe. Le monde est en déséquilibre complet : l'horizon plonge. Le sujet est pourtant parfaitement centré, perpendiculaire au bas de la photographie. C'est une image forte de Robert Frank qui réussit à faire basculer nos certitudes. 
     
Robert Frank est Suisse. Né à Zurich en 1924.

1955, je pars pour l'Amérique. Comment peut-on être Suisse ? Traverse les États-Unis au volant d'une vieille bagnole. 55-58. Va parcourir 48 états. Une sorte de road-movie, mais au Leica. En 1959 il publie "The Americans". C'est l'album culte de la Beat Generation. Risque sa vie, se fait embarquer par la police. Photographier représente réellement un danger. Il invente des stratagèmes pour ne pas se faire repérer : il va caler le Leica discrétement sur la hanche, va tenir l'appareil d'une main, ne portera pas le viseur à la hauteur de l'oeil afin d'éviter les ennuis. Les cadrages seront aléatoires, le point de vue surbaissé, occasionnant souvent des déformations, des contre-jours, des déséquilibres, des découpages inattendus.
Les contraintes qu'il s'impose vont produire des résultats surprenants. Il invente une nouvelle façon de photographier, lui qui n'a jamais cru à l'objectivité en matière de photographie.

   
     
     
Liens sur Robert Frank :
*des photographies célèbres de R.Frank
*encore quelques photographies
*un texte sur The Americans , en anglais,avec dessins
*Les Américains
*où l'on peut voir de vrais tirages de R.Frank
*biographie, in english
*quelques notes (in english, too)


     
photographie : Mississipi River, Baton Rouge, Louisiane, 1955-56, Robert Frank
in, Robert Frank, Éditions Delpire / Nouvel observateur, collection Histoire de la Photographie, New York, 1976, p 69
La citation en italiques est extraite du même ouvrage : biographie de Robert Frank par Robert Frank, p 93.


     
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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 07:00
    Xavier Lambours
corps et paysage

Xavier Lambours  
Mon papa et moi marchions sur cette petite route, aux alentours de Montcorbon (Loiret). Il avait envie de déconner ce jour-là. Il s'est arrêté, s'est couché par terre. Il attendait que je le prenne en photo.
Xavier Lambours 


 
  Le papa, statue contestataire auto-déboulonnée, écroulée, papatatras! L'horizon qui penche et son Xavier qui a même réussi à lui faire tomber le ciel sur la tête...
     
 Xavier Lambours est photographe, fondateur de l'Agence Métis. Son travail depuis de nombreuses années lui a valu une reconnaissance considérable et des récompenses, comme le prix Nicéphore Niépce en 1998.

Xavier Lambours Liens :
*petite bio
*autre bio,ah, ouais?
*là, t'as droit à des images (Truffaut, Orson Welles, etc.)
*il a même fait des romans-photo
*et pis même des vidéos
*autour du vélo, du 6x6 et de la couleur
*une belle image : Bicaye et zazou

     
photographie : Xavier Lambours, in A la Recherche du Père, Ed. Paris audiovisuel.Viviane Esders
texte-citation : Photographies magazine N°49, p 61
     
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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 07:00
  Arno Rafael Minkkinen
corps et paysage


 Ce corps qui fait partie du paysage, ou peut-être bien qui met en scène un paysage, et qui serait son prolongement.

Arno Rafael Minkkinen est un immense corps maigre du nord de l'Europe. Né à Helsinki, cela fait plus de trente ans qu'il se photographie, nu, dans les immenses et beaux paysages de Finlande, ou d'ailleurs... 
     
bibliographie : Body Land, Editions Nathan, Collection Carré Photo, 1998  
photographies, voir la galerie Robert Klein
photographie : Fosters Pond, 1989 Photographie Arno Rafael Minkkinen
collection Bibliothèque municipale de Lyon 
 
     
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26 septembre 2006 2 26 /09 /septembre /2006 07:00
  Le moi est insauvable



 
     
  L’autoportrait d'Italie d’Henri Cartier-Bresson sélectionné pour le billet précédent (ci-dessus) présente de troublantes similitudes avec cet Autoportrait du moi , dessin publié une trentaine d’années auparavant dans  l’ Essai d’analyse des sensations du philosophe autrichien Ernst Mach. Cartier-Bresson adopte un point de vue monoculaire, qui s’origine au plus près du visage, et qui a pour conséquence d'intégrer, dans son rendu, la plus grande partie de son corps allongé sur le dos ; ce corps faisant partie du paysage ou peut-être bien mettant en scène un paysage qui serait le prolongement du corps en question.
Pour ce qui concerne le dessin d’Ernst Mach, le sujet est également allongé sur le dos, peut-être adossé puisque le point de vue se situe légèrement plus en hauteur. Il s’agit, comme chez Cartier-Bresson d’une vision monoculaire. L’origine de ce point de vue est plus en retrait, beaucoup plus à la place de l’oeil : il s'agit  d'une vision qui opère de l’intérieur de la tête.  En effet le dessinateur va représenter sa moustache, l’aile gauche de son nez ainsi que l’ intérieur de l’arcade sourcilière et la partie basse du sourcil gauche.
Dans les deux cas, l'intention de mettre le spectateur à la place exacte du sujet-auteur de ces représentations d'eux-mêmes est forte.

Le rapprochement de ces deux images n’est pas arbitraire. Ernst Mach, maintenant oublié, a été un philosophe extrêmement important et influent à son époque au sein du milieu culturel viennois. Sans entrer dans le détail, il faut savoir que Hugo von Hoffmannsthal et Peter Altenberg suivirent ses cours à l’Université de Vienne, que Schnitzler fut sur le point d’écrire un livret d’opéra avec lui et surtout que Robert Musil (l’auteur de l’Homme sans qualités) lui consacra sa thèse de doctorat.

 "Le moi est insauvable"

En 1908, Ernst Mach écrit  à son ami Hermann  Bahr :

“Quand je dis que le moi est insauvable, je veux dire par là qu’il réside dans la perception par l’homme de toutes les choses, de toutes les manifestations, que ce moi se dissout dans tout ce qu’on peut ressentir, entendre, voir, toucher. Tout est éphémère, un monde sans substance qui n’est constitué que de couleurs,  contours et sons. La réalité est en mouvement perpétuel, en reflets changeants à la manière d’un caméléon. C’est dans ce jeu des phénomènes que se cristallise ce que nous appelons notre “moi”. De l’instant de notre naissance jusqu’à notre mort il se transforme sans cesse”.
  Mach proposera une théorie sensualiste et constructiviste du sujet. Ni la chose en soi, ni le moi ne peuvent exister indépendamment l’un de l’autre, ils se constituent réciproquement sur la base de l’expérience, c’est à dire sur la base de la perception des phénomènes et des événements au travers des sensations.
  D'où l'importance de l'ouverture au monde environnant, de la disponibilité,  qui va produire de l'échange et contribuera conséquemment à la construction de ce moi.
  La Vienne culturelle de l'époque de Mach se caractérisait par un certain  épanouissement, un hédonisme affiché, un monde constitué d'utopies en train de se créer, une ouverture tant dans la pensée que dans les pratiques artistiques. La série de photographies de Cartier-Bresson du début des années trente (d'où est extrait l'autoportrait italien) renvoie ce même parfum d'hédonisme, de liberté, d'ouverture, de disponibilité où l'épanouissement et l'expression du désir semblent être des valeurs. Il suffit de regarder les autres photographies de ces mêmes années comme celle-ci et puis, peut-être, d'observer un peu plus soigneusement le fameux autoportrait italien présenté en haut de la page :
L’instant décisif”, cher à l'auteur, va prendre ici une tournure très particulière. Je disais mercredi qu'Henri Cartier-Bresson était animé du désir d'élire la vie comme valeur suprême. Et c’est peut-être dans cette photographie que cette idée s’illustrera de la manière la plus directe en prenant la forme d’un petit homo erectus, lointain dans le paysage, mais situé très précisément  où plaisir et don de la vie se conjuguent.

photographies  extraites de  pages reconstituées du "scrapbook" Italie, 1933
© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

dessin : "Autoportrait du moi" publié dans Essai d'analyse des sensations (1900) d'Ernst Mach.
Catalogue Vienne, l'Apocalypse joyeuse, ´Éditions du Centre Pompidou, 1986, p 128

La lecture du chapitre, rédigé par Yves Kobry, consacré à Ernst Mach dans le catalogue Vienne, l'Apocalypse joyeuse (p 124), m'a été d'une aide précieuse.

     
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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 07:00
  Le « Scrapbook » d'Henri Cartier-Bresson
Fondation HCB, 21 septembre-23 décembre 2006


Autoportrait, Italie, 1932, ci-contre.

André-Pierre de Mandiargues et Henri Cartier-Bresson se connaissent depuis l'enfance. André-Pierre de Mandiargues vit avec une jeune italienne, Léonor Fini. Ils partent tous les trois à la découverte de l'Europe dans une Buick d'occasion. En Italie c'est l'apprentissage de la liberté, la photographie sans but, enregistrer les moments de grâce, à la sauvette. 
  Cet autoportrait, sans visage, d'Henri Cartier-Bresson, extrait d'une série assez étonnante et un peu moins connue que d'autres séries de photographies de l'artiste  est un bel exemple de la grande liberté qui a été la sienne à cette époque de sa vie : 1932.
1932 c'est également la date initiale de  l'album intitulé "Scrapbook" qui fait l'objet de la présente exposition à la Fondation HCB et qui couvre une période allant jusqu'en 1946.
Cet ensemble, constitué de tirages inédits de HCB a une histoire très particulière :
En 1943, Nancy et Beaumont Newhall du Museum of Modern Art de New York (MoMA), pensant qu'Henri Cartier-Bresson avait disparu pendant la guerre, préparaient une exposition « posthume » de son travail. Cartier-Bresson, qui s'était évadé et avait obtenu de faux papiers, apprit cette nouvelle avec plaisir en 1945.
Il entreprit alors un bilan de son oeuvre préparatoire à l'exposition. En 1946, il tira à Paris 346 épreuves, qu'il colla à son arrivée à New York dans un album, le Scrapbook (du mot « scrap » : bout, bribe, rebut, album généralement destiné à accumuler des souvenirs), avant de les montrer au MoMA. La plupart de ces photographies étaient inédites à l'époque ; beaucoup sont devenues emblématiques aujourd'hui.

Alicante, 1933
© Henri Cartier-Bresson / Magnum  
page reconstituée du "scrapbook"
© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos
page originale du "scrapbook" consacrée à Matisse
© Henri Cartier-Bresson / Magnum

La sélection de Cartier-Bresson rassemble donc des images réalisées entre 1932 et 1946, notamment à Marseille (où il acquiert son premier Leica) et à Paris ; puis l’Italie, l’Espagne, le Mexique, les années du Front Populaire, le couronnement du roi George VI à Londres, le retour des prisonniers de guerre en Allemagne,… Dans cette sélection, on retrouve également les fameux portraits de peintres français (Matisse, Braque, Bonnard, …) ou d’écrivains (Claudel, Sartre, Eluard, …) réalisés pour l’éditeur Braun et pour diverses publications de l’époque. Cette première phase de l’oeuvre de Cartier-Bresson est révélatrice des mouvements visuels qui l’influençaient alors : le surréalisme, qu’il affectionnait particulièrement dans les années 1930, puis le cinéma, qu’il avait étudié en 1935 avec Paul Strand aux Etats Unis, avant de travailler sur les films de Jean Renoir entre 1936 et 1939.


 Bruxelles, 1932
© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos
Interrogatoire, Allemagne, 1945 © Henri Cartier-Bresson / Magnum
Intérieur de l'exposition.
photographie de l'auteur

   En regardant cet ensemble, nous pressentons qu'Henri Cartier-Bresson était animé du désir d'élire la vie comme valeur suprême. Avec les années trente une période de troubles profonds s'annonçait et il était sans doute nécessaire pour lui de recentrer son activité créatrice sur une donnée fondamentale liée à la vie au quotidien incarnée par cette multitude d'individus, cette galerie de portraits dans toute leur diversité. La série des photographies qu'il fait à Londres en 1938 à l'occasion du couronnement du roi Georges VI est tout à fait emblématique de cet état d'esprit : Cartier-Bresson va montrer des gens qui regardent sans montrer ce qu'ils regardent. C'est l'activité de ces regards multipliés et des stratagèmes inventés par ces regardeurs occasionnels qui va faire l'objet de sa série, présentée ici, et qui décline pour l'occasion une suite de tirages quelquefois inconnus donnant du sens à ceux, plus célèbres, devenus quasiment des icônes. Un des avantages de cette présentation est de recontextualiser les photographies "vedettes" de Cartier-Bresson dans un ensemble en leur restituant du même coup leur dimension profondément humaine et quotidienne.

 La Fondation HCB a habitué ses visiteurs à admirer des expositions de qualité et celle-ci ne déroge pas à la règle. Nous avons affaire à un travail d'exposition très bien pensé, rigoureux et passionnant dans la découvete progressive que l'on fait du parcours du photographe. La muséographie est à la fois discrète claire et élégante, à l'image du bâtiment de la Fondation. Le travail de restauration des tirages et de la mise en scène des photographies relèvent d'une démarche  scientifique où l'exigence et la rigueur président.
Outre ces photographies du Scrapbook tirées par Cartier-Bresson lui-même, l'exposition montre quelques tirages originaux présentés au MoMa en 1946.

   Henri Cartier-Bresson fut, avec quelques autres,  le fondateur de l'Agence Magnum en 1947. En 1980, il déclarait à Hervé Guibert : " J'allais à la recherche de la photo pour elle-même, un peu comme on fait un poème. Avec Magnum est née la nécessité de raconter des histoires".
  Le "petit appareil", comme l'appelait Henri Cartier-Bresson, représente bien "l'instrument parfait pour l'exercice du regard sur la vie" écrivait Jean-Pierre Montier dans le livre qu'il consacrait au photographe en 1995. Cet exercice du regard sur la vie à la fois profond, tendre, intelligent, rigoureux ou parfois amusé, est bien à l'oeuvre dans cette exposition du Scrapbook présentée actuellement à la Fondation HCB à Paris.
     
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19 septembre 2006 2 19 /09 /septembre /2006 07:00

 Inez Van Lamsweerde


INEZ VAN
LAMSWEERDE

 
manipulation?
photo  Inez Van Lamsweerde
Kirsten, 1997 
Collection of the National Fund of Modern Art, Paris: ©I.V.L
 
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attraper les mouches

Fumier