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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 07:00
    David Allan
ombres

L'Origine de la peinture  (La Jeune Fille de Corinthe),  1775

                                                                 David Allan

Huile sur bois,   38,7 x 31 cm ;     Édimbourg,    National Gallery of Scotland.    


Quand on traite des ombres portées, on ne peut passer sous silence, le thème autrefois en vogue de l’«invention de la peinture», qui situe l’origine de l’art du portrait dans le dessin d’une ombre. D’où la présence du tableau de David Allan (ci-contre). Chez l’encyclopédiste romain Pline l’Ancien, cette fable poétique prend la forme d’une histoire d’amour. La fille du potier Butadès de Sicyone était amoureuse d’un jeune homme. Celui-ci partant pour l’étranger, elle entoura d’une ligne l’ombre de son visage projetée sur le mur par la lumière d’une lanterne; son père appliqua de l’argile sur l’esquisse, en fit un relief qu’il mit à durcir au feu. Pline rattache cette légende à l’art du modelage, et non à l’histoire de la peinture. Peut-être parce que le portrait de profil était lié dans l’Antiquité aux pièces de monnaie et aux premières effigies funéraires.

L’anecdote semble plausible, et pourtant, si on veut faire l’expérience, on s’aperçoit que ce n’est pas si commode. Notre ombre s’interpose et cache le contour que l’on voulait suivre. On a beau s’écarter autant que possible, l’ombre de la main tombe forcément sur l’endroit précis où l’on essaie de dessiner.

E.H GOMBRICH

Ombres portées, collection Art et artistes, Éditions Gallimard, 1996, p 43/45
             
             
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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 07:00
La fille de Dibutade
ombres


« En utilisant lui aussi la  terre, le potier Butadès de Sicyone découvrit le premier  l’art de modeler des portraits en argile ; cela se passait à Corinthe  et il dut son invention à sa fille, qui était amoureuse  d’un jeune homme ; celui-ci partant pour l’étranger,  elle entoura d’une ligne l’ombre de son visage projetée  sur le mur par la lumière d’une lanterne ; son père appliqua l’argile sur l’esquisse, en fit un relief qu’il  mit à durcir au feu avec le reste de ses poteries, après  l’avoir fait sécher. »

Pline l'ancien (23 – 79)
Histoire naturelle, Livre XXXV, § 152.
La peinture,
Éditions des Belles Lettres, 1997, p 133


Mythe de l'origine de la peinture ;  mythe qui a pour origine, l'amour.
 
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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 07:00
La fille de Dibutade

La fille de Dibutade (Série Imitation) 1994-1995
Karen Knorr

Karen Knorr est présentée par la galerie Les Filles du Calvaire, présente à Paris-Photo

Il est un domaine de l'art où la dialectique de l'ombre et de la lumière, qui se monnaie en celle du jour et de la nuit, du blanc et du noir, de l'endroit et de l'envers, du visible et de l'invisible, de la vie et de la mort, prend toute sa force et revêt la plus inquiétante ambiguïté dans le jeu de ses relations d'inversion et de la négativité qui l'habite : c'est celui de la photographie.

Michel Ribon

Ombre et lumière, mort et transfiguration dans l'art du portrait
in Ligeia N° 49-50-51-52 p 62
lien Karen Knorr :
* creativTV: entretien avec Karen Knorr

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 07:00
PARIS-PHOTO 2006


Aujourd'hui commence PARIS-PHOTO. Cette manifestation annuelle se déroule au Carrousel du Louvre et c'est toujours un grand plaisir de s'y rendre. Hier, c'était le vernissage et comme d'habitude, ce jour-là, il y a beaucoup de monde. Pour pouvoir admirer confortablement, il fallait être là avec la presse, avant le vernissage, et là, c'était véritablement un confort et une délectation.
Entre le 16 et le 19 novembre, PARIS-PHOTO concentre tout ce qu'il y a de plus varié et de plus représentatitf dans le monde de la photographie du monde entier.
Aux côtés des 20 galeries françaises, les États-Unis, avec 20 galeries, constituent la première représentation étrangère, suivis de l'Allemagne et de l'Espagne (8), l'Angleterre et les Pays-Bas (5), l'Italie et la Finlande (3), le Japon, le Danemark et la Suède (2), et une représentation unique pour l'Autriche, la Belgique, la Chine, La Corée du Sud, l'Islande, la Hongrie, le Luxembourg, la Norvège, le Portugal et la Suisse.

Je crois avoir apprécié encore plus le millésime 2006 car, même si j'aime -aussi- la photographie historique ou patrimoniale, il se trouve que moins de galeries la représentait cette année, et ceci au profit de travaux plus contemporains, voire totalement nouveaux. Il ne s'agit évidemment pas d'apprécier ou d'avoir des penchants pour le nouveau par ce qu'il est nouveau mais il est toujours constructif de prendre le pouls de la création contemporaine et je trouve que les audaces et les avancées dans le champ de la photographie sont encore plus significatives que celles opérées dans ceux des arts contemporains, tous médiums confondus.









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Cette année, j'ai été particulièrement frappé par la présence annoncée et la qualité de galeries venant du nord de l'Europe qui présentaient des artistes vraiment intéressants. La photographie montrée en haut à gauche de l'article est une oeuvre de Heli Rekula qui est une artiste représentée par une galerie venant d'Helsinki, la galerie Anhava. Cette galerie Anhava est venue à Paris avec une seule artiste : Heli Rekula. Les travaux sont somptueux et la présentation est d'une grande rigueur. Un travail sur le Double (1), d'une grande réserve, est particulièrement intéressant.
Une autre galerie du nord, islandaise cette fois, présente des travaux de
Hrafnkell Sigurdsson (8, 9). Cet artiste reprend le format traditionnel du triptyque. Les panneaux sont évidemment manipulables : lorsque ceux-ci sont ouverts, les magnifiques paysages de la mer et de la terre enneigée islandaises apparaissent mais quand on les replie, un amoncellement de détritus en all over couvre les très belles images bleutées initiales. Très paradoxalement, la polychromie joue l'ambiguïté.

Je n'ai malheureusement pas pu admirer les photographies de
Eline Mugaas (10) de la Galerie Riis, Oslo (Norvège) qui était en plein accrochage...

En revanche, certaines photographies qui venaient de Suède (galerie Mia Sunderg de Stockholm) pouvaient être «écoutées» (12) : il s'agit de travaux d'Annèe Olofsson extraits de sa dernière série (12, 13) : « The conversation » (2006), présentée sous la forme d'une installation à Paris Photo, le spectateur découvre l'artiste pressant son oreille contre un mur (2), décoré d'un papier peint aux motifs floraux étouffants, écoutant une conversation privée, qui en retour peut être entendue par le spectateur s'il presse son oreille sur l'image. La bande son, diffusée derrière la photographie, est elle même un mélange de dialogues réels et de sons qui évoquent l'univers du papier peint qui tapisse la pièce où se tient l'artiste.
A noter la participation d'une galerie luxembourgeoise, la galerie Clairefontaine, exposant le travail d'un photographe paysagiste travaillant sur d'inquiétantes représentations d'un monde numériquement modifié (14).






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Pour la première fois, une galerie de Pékin (22) participe à cette manifestation internationale (la Photo Gallery Pekin) ; cette galerie attire beaucoup de visiteurs. Un interprète est constamment sur place. Des photographies évoquant le passé récent et douloureux de la Chine sont montrées, notamment ces deux exemplaires d'une série de Jiang Jian traitant des Archives sur les orphelins. Nous ne sommes pas dans la photographie documentaire ; ces deux productions (15, 16) se situent clairement ailleurs, même si elles traitent de l'histoire.
Pour la première fois également, une galerie sud-coréenne fait le déplacement. Il s'agit de la galerie Hyundai de Séoul qui expose deux grands artistes dont on a pu voir des oeuvres ces dernières années, en France : il s'agit du Coréen Bae Joonsung (32), connu pour être influencé par la culture artistique française et du photographe Chinois Wang Qingsong dont on a pu voir des oeuvres à Arles cet été (33).
La galerie japonaise Mem, située à Osaka présentait des artistes très singuliers. Voir la pièce assez étonnante de Yasumaka Morimura (3).
Une série, également particulière et drôle de l'artiste Thomas Allen de la Folley Gallery de New York joue sur des couvertures découpées de romans à deux sous (ou dix cents...). Les personnages semblent prendre vie et s'extraire des bouquins (17, 18, 19, 20, 21).
Quelques galeries espagnoles montrent des choses intéressantes : la galerie Olivia Arauna de Madrid et son artiste Jota Castro qui couvre un angle de mur de ses "Breaking icons" : des portraits de gens célèbres dont les photographies, encadrées, sont recouvertes de verre ayant encaissé des coups (4, 5, 6). Juana de Aizpuru est une autre galerie de Madrid qui expose de très belles photographies, mais certaines très connues, comme ce beau portrait en pied d'Alberto Garcia-Alix (7).

Parmi les galeries françaises, la Galerie Michèle Chomette qui présente un catalogue toujours exigeant de tous les artistes que nous avons l'habitude de voir au 24 de la rue Beaubourg ; la Galerie du Jour-Agnès B qui montre, pour notre grand plaisir, des artistes africains, devenus des références, comme Malick Sidibé ou Seydou Keita (34) mais également des artistes à découvrir comme ce photographe au prénom imprononçable, Szabolcs Barakonyi (25), sorte d'émule de Martin Parr. Et puis, évidemment la galerie Baudouin Lebon qui fait une prestation somptueuse avec, notamment, un espace totalement dédié à Joel-Peter Witkin (27, 28); mais qui n'oublie pas la dimension humoristique de la photographie avec Olivier Rebufa qui compose des scènes dans lesquelles il va s'intégrer en pied, au format et aux côtés d'une poupée Barbie (Le Bain) ou bien en Ange Gabriel, dans une Annonciation dont les constructions sont faites de pièces LEGO® (26)...

Un certain nombre de galeries des Pays-Bas présentent des oeuvres de premier intérêt à l'image de la Flatland Gallery d'Utrecht. Une série de l'artiste Rud Van Empel est assez étonnante : ce sont des oeuvres très colorées, très graphiques, un peu à la manière du Douanier Rousseau montrant des enfants noirs dans un univers végétal complétement imaginaire (29, 30, 31). Dans la même galerie, le travail d'un autre artiste, Erwin Olaf fait d'un assemblage de photographies et de vidéo (11).Oeuvre composite. Un combine ?
Quelques petits Loretta Lux attendent... (23, 24). Je ne sais plus dans quelle galerie des Pays-Bas.
La galerie Michael Hoppen de Londres montre d'étonnantes compositions grand format, avec modèles, de la série Abandon de Jeff Bark ainsi que des oeuvres de Desiree Dolron de la série, désormais célèbre, xteriors (35)

29 30 31 32 33 34 35
La tournure que prend Paris-Photo me semble réellement positive. A l'inverse de la FIAC, qui s'est un peu tarie en cultivant les valeurs marchandes et patrimoniales, Paris-Photo s'est ouvert, et de plus en plus, à la culture et à la création vivantes. Pour preuve, il n'y a, pour le moment, aucune nécessité d'un véritable Paris-Photo «off».







photographies :

en haut : Heli Rekula, Stage I, 2006 120x160cm, galerie Anhava, Helsinski, photographie de la galerie
1.
Heli Rekula, The Double (Pietà), 2006 120x160cm, galerie Anhava, Helsinski, photographie de la galerie
2. Annèe Olofsson, The conversation, galerie Mia Sunderg, Stockholm, photographie de l'auteur
3.
Yasumaka Morimura, galerie Mem, Osaka (Japon), photographie de l'auteur
4. Jota Castro, galerie Olivia Arauna, Madrid, photographie de l'auteur
5. Jota Castro, galerie Olivia Arauna, Madrid, photographie de l'auteur
6. Jota Castro, galerie Olivia Arauna, Madrid, photographie de l'auteur
7. Alberto Garcia-Alix, galerie Juana de Aizpuru, Madrid, photographie de l'auteur

8. Hrafnkell Sigurdsson, Galerie i8, Reykjavik, photographie de l'auteur
9.
Hrafnkell Sigurdsson, Galerie i8, Reykjavik, photographie de l'auteur
10.
Eline Mugaas de la Galerie Riis, Oslo (Norvège), ambiance d'accrochage
11. Erwin Olaf, Flatland Gallery d'Utrecht
12. Annèe Olofsson, The conversation, galerie Mia Sunderg, Stockholm, photographie de l'auteur
13.
Annèe Olofsson, The conversation, galerie Mia Sunderg, Stockholm, photographie de l'auteur
14. Giacomo Costa, galerie Clairefontaine, Luxembourg,
photographie de l'auteur

15.
Jiang Jian, Archives sur les orphelins, Photo Gallery Pekin, photographie de l'auteur
16. Jiang Jian, Archives sur les orphelins, Photo Gallery Pekin, photographie de l'auteur
17. Thomas Allen,
Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur
18.
Thomas Allen, Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur
19.
Thomas Allen, Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur
20.
Thomas Allen, Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur
21.
Thomas Allen, Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur

22. Photo Gallery Pekin
, ambiance, photographie de l'auteur
23. Loretta Lux,
photographie de l'auteur
24.
Loretta Lux, photographie de l'auteur
25. Szabolcs Barakonyi,
galerie du jour-agnès b, photographie de l'auteur
26. Olivier Rebufa, Annonciation,
galerie Baudouin-Lebon, photographie de l'auteur
27.
Joel-Peter Witkin, salle d'exposition, galerie Baudouin-Lebon, photographie de l'auteur
28.
Joel-Peter Witkin, Le Radeau de la Méduse, galerie Baudouin-Lebon, photographie de l'auteur

29. Rud Van Empel, Flatland Gallery, Utrecht,
photographie de l'auteur
30.
Rud Van Empel, Flatland Gallery, Utrecht, photographie de l'auteur
31. Rud Van Empel, Flatland Gallery, Utrecht, photographie de l'auteur
32. Bae Joosung, The costume of painter, galerie Hyundi, Séoul,
photographie de l'auteur
33. Wang Qingsong, Requesting Buddha N°2,
galerie Hyundi, Séoul, photographie de l'auteur
34. Seydou Keita, galerie du jour-agnès b,
photographie de l'auteur
35. Desiree Dolron, xteriors XIII, galerie Michael Hoppen, Londres,
photographie de l'auteur

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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 07:00
    Robert Rauschenberg, Chuck Close


Robert (Rauschenberg), 1998, Photogravure, 28.75 x 24 inches
par
Chuck Close
                                    Greg Kucera Gallery, Seattle.

People keep asking me if I'm still painting heads, and if I say yes, they think there's been no change.   -  Chuck Close -
       
Le Centre Georges Pompidou présente actuellement une exposition qui met en scène des «combine paintings» réalisés par l'artiste, principalement  entre 1954 et 1961.
             
liens Robert Rauschenberg :

* l'exposition au Centre Georges Pompidou
* petite biographie Wikipedia
* l'exposition du MAMAC de Nice de juin 2005
* galerie d'oeuvres présentées au MAMAC en juin 2005
* article
de Philippe Dagen du Monde du 18 octobre 2006
* article d'Alain Dreyfus de Libération du 20 octobre 2006  
* article de Judith Benhamou-Huet, Les Échos du 8 novembre 06
* article d'Olivier Cena, Télérama du 07 octobre 2006
* desordre.net : image Rauschenberg...
* petit diaporama de l'Express, 23 octobre 2006
* galerie de Combines au Metmuseum
* autour de Odalisque, un petit texte du CNDP
* insecula, quelques oeuvres de
Rauschenberg
             
             
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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 07:00
          Robert Rauschenberg, l'envol


Une chose intrigue lorsque l’on commence à s’intéresser à l’œuvre de Rauschenberg c’est son attirance pour ce  qui s’envole, vole, ou s’élève, pour tout ce qui est dans les airs.
Dans le «Combine» présenté le 09 novembre, Hazard, une aile d'oiseau, blanche, verticale est fixée tout en haut à droite de la composition, bien au dessus de tout le reste. Le format étroit et vertical accuse l'impression.
Il suffit de regarder un peu au hasard, les productions de l’artiste pour tomber sur des éléments qui confirment ce constat : les ailes apparaissent directement dans bon nombre d'œuvres, de manière très directe comme dans  Coca Cola Plan (1958) ou dans Rodeo Olympics Glut (1988). Dans Charlene (1954) c'est une sorte de mongolfière ou de parachute déployé. Des parachutes apparaîtront nommément dans d'autres compositions.

  Mais si Rauschenberg est ce créateur d’«assemblages» que sont les Combines, il a aussi été quelqu’un qui a pratiqué la performance et  notamment en l’abordant par la danse ; Elgin Tie , ci-dessus, a été présentée en 1964 lors des Cinq Soirées new-yorkaises au Moderna Museet de Stockholm. Rauschenberg avait créé une autre performance intitulée Pelican, un an auparavant. Parachute et soufflerie faisaient partie des matériaux utilisés par l’artiste qui évoluait sur patins à roulettes. Pierre Sterckx écrit dans Beaux Arts Magazine de novembre 2006, p 124 :« Bob  aime les parachutes, les vents, les chutes ralenties qui ressemblent à des lévitations».
Une œuvre étonnante de Rauschenberg, dont je ne retrouve pas les références,
représente un individu qui fait le saut de l'ange en nous tournant le dos, un saut dans le vide qui le projette dans un ailleurs indédini : une sorte d'ailleurs infini.

Une Combine painting renvoie toujours à un ailleurs, proche ou lointain. Il en est ainsi de toute l'œuvre de Robert Rauschenberg.
  
         
         
illustration : ©Robert Rauschenberg, Elgin Tie, 1964, performance in  Performances, l'art en action, Roselee Goldberg, Thames & Hudson, 1999, p 42

illustrations en liens :
* Hazard, 1957 ("Péril") ©Robert Rauschenberg. 215,90 X 93,98 cm
  Ludwig Forum für International Kunst, aix-la-Chapelle.
 Extrait du catalogue d'exposition, Robert Rauschenberg, combines, Édition française, 2006   ©MOCA/Éditions du Centre Georges pompidou, Paris 2006,  p82.
* Coca Cola Plan Moca, Los Angeles
* Rodeo Olympics Glut, 1988
  Collection de l’artiste
  Photo Geoffrey Clements, site MAMAC
*
Pelican 1963, Robert Rauschenberg with Carolyn Brown and Alex Hay
  Film transféré sur DVD  ©Robert Rauschenberg/VAGA, New York/DACS, London 2003
         
liens Robert Rauschenberg :

* l'exposition au Centre Georges Pompidou
* petite biographie Wikipedia
* l'exposition du MAMAC de Nice de juin 2005
* galerie d'oeuvres présentées au MAMAC en juin 2005
* article
de Philippe Dagen du Monde du 18 octobre 2006
* article d'Alain Dreyfus de Libération du 20 octobre 2006  
* article de Judith Benhamou-Huet, Les Échos du 8 novembre 06
* article d'Olivier Cena, Télérama du 07 octobre 2006
* desordre.net : image Rauschenberg...
* petit diaporama de l'Express, 23 octobre 2006
* galerie de Combines au Metmuseum
* autour de Odalisque, un petit texte du CNDP
* insecula, quelques oeuvres de
Rauschenberg
         
         
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13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 07:00
      Robert Rauschenberg-Yves Klein


 En tant que détenteur d'un laisser-passer, je reçois les informations et les publications du Centre Georges Pompidou. Je dois dire que ma surprise a été grande en dépliant le programme 2006-2007 :
 Vous voyez le tout petit pavé (titré «Assemblages») immédiatement à gauche de la très belle photographie d'Harry Shunk représentant le visage d'Yves Klein ? C'est l'annonce de l'exposition Robert Rauschenberg, «Combines».

 La photographie d'Harry Shunk et l'article associé qui annoncent l'exposition d'Yves Klein occupent près de la moitié de la superficie du dépliant alors que seize lignes, sans illustration, suffisent à présenter celle de  Robert Rauschenberg.

 Yves Klein et Robert Rauschenberg sont deux artistes de renommée internationale  et les deux expositions ont lieu au même moment et au même endroit. Qu'est-ce qui justifie cette différence de traitement ?
D'autant plus que, lorsque l'on visite les deux expositions, on ne peut qu'être frappés par les différences : l'une est somptueuse et a bénéficié d'un soin muséographique tout à fait évident, c'est celle d'Yves Klein. L'autre se présente, malheureusement, comme un alignement d'oeuvres, un peu à la manière de pierres tombales dans un cimetière, ce qui ne renvoie pas l'image, pourtant réelle, d'un artiste  ayant une oeuvre exubérante, pleine d'inventions, d'imagination, de jubilation ; je veux parler de l'exposition «Combines».

 Mon propos n'est pas de comparer deux productions artistiques si différentes et mon intention n'est pas d'établir de hiérarchie entre ces deux artistes. Il ne s'agit évidemment pas  d'attribuer des notes, bonnes ou mauvaises, à l'un et à l'autre, comme auraient pu le faire, chacun à son époque, Salvador Dali ou Roger de Piles, mais il est légitime de se demander pourquoi deux artistes aussi reconnus ne bénéficient pas de la même qualité d'approche ou des mêmes attentions concernant leur exposition.
         
Le Centre Georges Pompidou présente actuellement une exposition qui met en scène des «combine paintings» réalisés par l'artiste, principalement  entre 1954 et 1961.
         
liens Robert Rauschenberg :

* l'exposition au Centre Georges Pompidou
* petite biographie Wikipedia
* l'exposition du MAMAC de Nice de juin 2005
* galerie d'oeuvres présentées au MAMAC en juin 2005
* article
de Philippe Dagen du Monde du 18 octobre 2006
* article d'Alain Dreyfus de Libération du 20 octobre 2006  
* article de Judith Benhamou-Huet, Les Échos du 8 novembre 06
* article d'Olivier Cena, Télérama du 07 octobre 2006
* desordre.net : image Rauschenberg...
* petit diaporama de l'Express, 23 octobre 2006
* galerie de Combines au Metmuseum
* autour de Odalisque, un petit texte du CNDP
* insecula, quelques oeuvres de
Rauschenberg
         
         
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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 07:00
 
    John Cage

 

   «Y a-t-il une musique du camion qui passe ? » se demandait John Cage.

La réponse est évidente pour lui, comme elle l'est pour Robert  Rauschenberg : oui, puisque l'art c'est la vie.
 
         
Après avoir ouvert sa musique au bruit, puis au hasard, le compositeur américain prône désormais l'abolition de toute frontière entre l'art et la vie, dans une optique se réclamant tout à la fois du zen et de Dada.

Daniel Caux
  catalogue de l'exposition   Hors Limites,  Éditions du Centre Pompidou,  Paris,  1994,   p 321

Au même moment, en 1954, Pierre Boulez, jeune compositeur français qui correspondait avec John Cage, annonce sa rupture avec son aîné américain : «Je n'admets pas -et je ne crois pas que je l'admette jamais- le hasard comme composante d'une œuvre faite.»
         
liens John Cage :

* biographie détaillée, IRCAM
* une autre bio avec discographie, musicologie.org
* panorama de la musique électronique; texte centré sur John Cage, avec entretien
* Leonardo on line : cinq chapitres autour de la vie et l'activité de John Cage
* la notion de silence chez John Cage : texte IRCAM
         
photographie de John Cage : ©Susan Schwartzenberg, extraite du site newalbion.com.
         

       
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11 novembre 2006 6 11 /11 /novembre /2006 07:00
  Combines




 Depuis le 11 octobre 2006, le Centre Georges Pompidou présente une exposition ne mettant en scène que des «Combine paintings» réalisés par l'artiste, principalement  entre 1954 et 1961. Le tout est de savoir ce que l'on nomme «Combine paintings» : s'agit-il d'arrangements ? Est-ce que l'on a affaire à des oeuvres qui sont constituées de matières  et d'objets  hétéroclites  habilement organisés? C'est, de toute évidence,  beaucoup plus que ça.
 Le terme est délicat à  traduire,  ce qui montre, d'une certaine manière, le pouvoir de création de Rauschenberg qui est quelqu'un qui est un inventeur de formes.

 A l'origine des Combines, on peut identifier un faisceau de raisons, de circonstances, de rencontres (celles  avec John Cage ou Merce Cunningham qui seront déterminantes), de motivations personnelles, de jeu, de conceptions face à ce que devrait être une «oeuvre» (le Combine de Rauschenberg est, par exemple, une concrétisation plastique très spectaculaire de la Theory of inclusion de John Cage, fondée sur le principe de simultanéité sonore), de surenchères successives dans un contexte de créativité débridée ( le passage au Black Mountain College, évoqué dans le billet précédent), d'amitié (avec le peintre Cy Twombly avec qui il partira en voyage vers l'Europe et l'Afrique du Nord et avec qui il exposera en 1953 à New York, à son retour aux États-Unis), et beaucoup d'autres choses, encore.
En 1953-1954, juste après ce retour aux États-Unis, Rauschenberg qui travaillait sur une série , les «Red Paintings»,  va présenter une oeuvre, en filiation directe avec cette série et qu'il va appeler Charlene.  Cet objet qui n'est ni une peinture, ni une sculpture sera considéré comme l'un de ses premiers Combines, en tout cas, un des plus significatifs des débuts.

 R. Rauschenberg va donner un entretien à André Parinaud en 1961 ;  Parinaud lui pose cette question :
- « Comment appelez-vous ce que vous faites ? » 
- « Combine painting, c'est-à-dire oeuvres combinées, combinaisons. Je veux ainsi éviter les catégories. Si j'avais appelé peintures ce que je fais, on m'aurait dit que c'était des sculptures et si j'avais appelé cela des sculptures, on m'aurait dit qu'il s'agissait de bas-reliefs ou de peintures. » (1) lui répond celui qui va, trois ans plus tard, décrocher le premier prix de peinture de la Biennale de Venise.

 Mais les choses, on s’en doute, sont bien plus compliquées que ça : un des Combines intitulé «Minutiae» et  présenté dans l’actuelle exposition a eu une fonction particulière. Rauschenberg va être invité par Merce Cunnigham à  fabriquer un décor de scène pour sa chorégraphie Minutiae. L’oeuvre que nous voyons dans l’exposition sera, en 1954, intégrée à cette chorégraphie de Cunnigham où l’on verra les danseurs la traverser, se déplacer à l’intérieur, et de ce fait elle prendra une dimension qui ira bien au delà d’un objet que l’on admire dans une salle de musée. La dimension performative de l’objet devra être intégrée dans sa définition.

Enfin, il serait intéressant de relever une dernière donnée relative à l’origine des Combines. En 1952, Pollock va abandonner le dripping : d’immenses toiles étaient posées au sol et le peintre dansait littéralement autour et à l’intérieur de sa peinture, l’éclaboussant de giclures qui s’organisaient en un entrelas complexe d’arabesques ; le geste et le mouvement du corps étaient des parties intégrantes de l’oeuvre (voir, notamment, les films du photographe Hans Namuth qui a suivi Jackson Pollock). C’est ce qu’on appellera l’Action Painting. Ce geste devait être fondateur pour la peinture américaine et la peinture en général. Or, il prenait fin. C’est Rauschenberg qui, très brillamment,  va réactiver cette dimension du geste expressif dans le cadre d’une oeuvre d’art ; et ce sera l’avènement des Combines.

Et Rauschenberg va emprunter ce terme de «Combine» au vocabulaire utilisé dans le domaine de l’agriculture mécanisée.  Oui, l'agriculture mécanisée... En effet, à cette époque, en 1955, ce que les Américains appellent «combine», c’est la moissonneuse-batteuse, une sorte de machine extravertie qui a plusieurs fonctions. Nous voici dans du lourd, du quotidien...

Rauschenberg voulait rassembler l’art et la vie. C’est fait ? Sans doute.


A demain, peut-être...
         
1. in  Robert Rauschenberg, oeuvres de 1949 à 1968, catalogue de l'exposition rétrospective présentée à Paris, musée d'Art moderne de la ville de Paris, Section ARC, 1968
         
illustrations : Robert Rauschenberg combines, catalogue de l'exposition du centre Georges Pompidou Éditions française, 2006 ©MOCA/Éditions du centre Pompidou :
-Pilgrim, 1960, p 139
-Charlene, 1954, p 35
-Minutiae, 1954, p29
-Coca-Cola plan, 1958, p95

Le catalogue est superbe, d'une très belle impression. Il présente des pièces qui ne sont pas présentées à Paris.

         
Les «Combines» (prononcer : kommb(aye)n'sss) : rien à voir avec les combines (le i de «pipi»). Une combine, c'est un truc un peu malin dont on va être fier (on fait le malin en racontant sa combine) ou alors un truc dont on se vante pas (type : combine foireuse). T'auras compris lecteur que ça n'a rien à voir, mais rienavoirdutout avec le bricolage de Bob qui lui était un type marrant, roublard qui s'est foutu de la gueule de pas mal de monde, notamment des papys de l'époque et des peintres morts ou presque morts qu'il a remplacés, du type Jackson Pollock ou Barnett Newman, for instance... Ca l'a propulsé directos dans la deuxième partie du XXème siècle à l'aide de ses bouteilles de Coca qui s'envolent vers...Andy Warhol, le Pop art et toute la bimbeloterie publicitaire qui réjouira tant l'Amérique d'abord, puis le monde entier, ensuite !
Un grand bonhomme, ce Bob...
Rauschenberg, je t'aime !
         
Le Centre Georges Pompidou présente actuellement une exposition qui met en scène des «combine paintings» réalisés par l'artiste, principalement  entre 1954 et 1961.
         
liens Robert Rauschenberg :

* l'exposition au Centre Georges Pompidou
* petite biographie Wikipedia
* l'exposition du MAMAC de Nice de juin 2005
* galerie d'oeuvres présentées au MAMAC en juin 2005
* article
de Philippe Dagen du Monde du 18 octobre 2006
* article de Judith Benhamou-Huet, Les Échos du 8 novembre 06
* article d'Olivier Cena, Télérama du 07 octobre 2006
* desordre.net : image Rauschenberg...
* petit diaporama de l'Express, 23 octobre 2006
* galerie de Combines au Metmuseum
* autour de Odalisque, un petit texte du CNDP
* insecula, quelques oeuvres de
Rauschenberg
         
         
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10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 07:00
Black Mountain College


Paysage magnifique. Ici se trouve le Black Mountain College. Ce collège est en Caroline du Nord. C'est un petit établissement, en ce début des années cinquante, et pourtant son rôle sera déterminant pour la création contemporaine.
Il a été fondé vingt ans auparavant : en 1933, exactement, au moment de la célèbre Dépression qui faisait rage aux États-Unis. Des rebelles, des ultra-démocrates, des gens hostiles au système d'enseignement de l'époque sont à l'origine de ce qui deviendra le maillon fort des avant-gardes. L'année 1933 est également pour l'Europe une année noire. Mais Black Mountain College va en profiter car Josef Albers doit quitter le Bauhaus, fermé par Hitler et va rejoindre le groupe nouvellement constitué. Albers est quelqu'un d'exceptionnel. Il est peintre et enseignant. C'est un pédagogue hors pair, quelqu'un d'exigeant qui va transmettre l'héritage de la célèbre école du Bauhaus.

Des personnalités de premier ordre vont passer par le BMC : Albert Einstein, Henry Miller, Fernand Léger ou encore le chorégraphe Merce Cunnigham ainsi que le compositeur John Cage ; c'est d'ailleurs là que Cage devait donner sa célèbre pièce 4'33". Cette pièce musicale était constituée de quatre minutes et trente trois secondes de silence. Il avait été inspiré par les tableaux blancs de Rauschenberg, la «white painting».
Une autre soirée avait été organisée et avait été intitulée «Event» . Cette soirée avait duré trois bons quarts d'heure à l'occasion de laquelle John Cage avait prononcé une conférence sur un mode décalé, perché en haut d'une échelle. D'autres artistes lisaient simultanément leurs poèmes du haut d'une autre échelle. Quelqu'un jouait du piano tandis que Rauschenberg remontait un gramophone. Pendant ce temps, Merce Cunnihgham, suivi obstinément d'un chien errant, ainsi que d'autres danseurs, traversaient l'espace.
Ce terme d'«event» est resté un terme générique pour les événements artistiques ultérieurs de ce type.

Le BMC de l'époque est une pépinière de talents, extravagants, hors normes, qui vont travailler ensemble, fonctionner en osmose et produire des OVNIs qui marqueront l'imagination et l'histoire.

Les grands monochromes blancs de la «white painting» de Rauschenberg qui avaient inspiré Cage pour sa pièce 4'33", la Silent Piece, sont exposés chez Betty Parsons en 1951. Une sorte de fulgurance va alors se produire : tout va brûler à l'occasion d'un incendie accidentel.
Rauschenberg quitte d'un coup les États-Unis et voyage, notamment en Europe et en Afrique du Nord. A son retour, il se replonge dans l'univers de la création débridée : les «Combines» vont alors voir le jour.

A demain, peut-être...
illustrations :
*
Black Mountain College, paysage
* Joseph Albers, courtesy of the NORTH CAROLINA STATE ARCHIVES

liens Black Mountain College :

*
Black Mountain College, galerie, photographies
* Black Mountain Project
* Fully awake, autour de BMP
* Fully awake : vidéos de présentation de BMC
* Bridgette Mayer Gallery, les peintres de BMC

* Fondation Anni et Josef Albers : album d'époque
Le Centre Georges Pompidou présente actuellement une exposition qui met en scène des «combine paintings» réalisés par l'artiste, principalement entre 1954 et 1961.
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