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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 11:40
   Si on veut représenter le monde, on n'a plus qu'à aligner des chiffres
undefined «Il y avait sur le trottoir un tourniquet de cartes postales. Des photos de stars en noir et blanc, des baisers célèbres dans Paris, des reproductions de peintures. Et parmi les peintures, une étrange surface grise qui m'a plu. Elle était piquée de traits blancs minuscules, comme des jours barrés sur un mur de prison. Au dos, il y avait écrit : «1965 / 1—∞. DÉTAIL 99940—1017875.» Ces traits de brume sur le gris, c'étaient des chiffres. Ça ne se voyait pas d'abord. Ça ressemblait à une muraille, à un ciel, à un fond d'œil ; et puis quand on regardait plus attentivement, les chiffres, on les voyait apparaître. D'immenses lignes de chiffres. Plus rien d'autre sur toute la surface, que des chiffres.
Le territoire gris des chiffres - leur crudité monotone. Je me suis dit :voilà, impossible d'oublier les chiffres, maintenant ils sont partout,il n'y a plus qu'eux. Le type qui a peint ça l'a compris : calculs, statistiques, mesures, tarifs - le monde se confond avec le chiffre ; il ne se présente plus autrement. Si on veut représenter le monde, on n'a plus qu'à aligner des chiffres.»

Yannick Haenel

Cercle
Gallimard, 2007, p 133
     
     
     
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 14:22
Loris Gréaud : ça n’a pas encore commencé, ou c’est déjà fini ?

 


Loris Gréaud en porte-à-faux



Au printemps 1995, un an avant de mourir du sida, le Cubain exilé Félix González-Torres s’exposait au musée Guggenheim de New York. Entre autres propositions, des affiches de paysages à emporter et des bubble gums à mâcher. Treize ans plus tard le jeune (29 ans) Loris Gréaud semble faire de même dans les grandes largeurs et hauteurs du Palais de Tokyo, qui lui a donné les clés pour y ouvrir sa «Cellar Door». Car il y a là aussi des bonbons (à 2 euros le sachet dans des distributeurs automatiques) et des écrans livides.

L’écho s’arrête là. Trop de références tuent la référence. Car, à découvrir dans l’obscurité (entre backroom et panne de secteur) tel enchevêtrement de néons, tel «spectacle d’une sculpture», tel aperçu par une meurtrière d’une salle de cinéma désolée, ou encore, en cul-de-sac, une forêt d’arbres aux troncs noircis, c’est une tempête de noms de l’art contemporain qui siffle au-dessus de nos têtes. Outre González-Torres, Pennone, Rondinone, Gonzalez-Foerster, Parreno, Merz, Huyghe, et sûrement d’autres. N’en jetez plus. Car, à ce petit jeu du «une star des années 90 est cachée dans cette œuvre, sauras-tu la retrouver ?», chacun pourrait y aller de sa propre réponse.

 

 Le recyclage et la mise en scène des référents, ce n’est pas en soi un projet idiot, mais encore faut-il que, à force d’être centrifugée, la masse des références fasse gicler une vision intempestive. Or, ici, cette organisation de la queue leu leu est telle qu’à la fin le jeune homme se la mord (la queue). Et on aura beau branler le déjà vieux concept du «déjà-vu» (cf. le texte de Géraldine Fabre dans Palais, le magazine du Palais de Tokyo), il n’en jaillit pas grand-chose non plus. Sinon un très morose «j’ai tout vu l’art conceptuel, hélas». A se demander s’il ne s’agit pas tant d’une exposition que d’un étalage, au sens grands magasins du terme, dont Loris Gréaud serait l’ensemblier. Au pire, cette vitrine aura valeur d’un bêtisier de l’art contemporain, qui fera ricaner les habituels ricaneurs ; au mieux, elle permet d’évaluer le grand écart entre deux soucis de l’art contemporain : d’un côté l’amnésie (et sa revendication), de l’autre l’hypermnésie (et son exagération).
 
Quant au très parisien débat «qui manipule qui ?», Il est vrai que, si l’on avait voulu faire exploser la cote commerciale d’un artiste, on ne s’y serait pas pris autrement. Il est non moins évident que cette surexposition pourrait carboniser celui qui s’y expose. Loris Gréaud : ça n’a pas encore commencé, ou c’est déjà fini ?


                                                                                            

 

                                                                                           Gérard Lefort

                                             
                                              QUOTIDIEN Libération : samedi 23 février 2008

Au Palais de Tokyo, les recyclages du jeune plasticien français manquent de vision.

Cellar Door de Loris Gréaud

Palais de Tokyo, 13, avenue du Président-Wilson, 75016. Jusqu’au 27 avril.



 
 
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 12:03


    Simulacre
 

 


«Le sens de simulacre, après tout, selon le dictionnaire, est celui d'une apparence sensible qui se donne pour une réalité.

On appelle ainsi les fantômes.»



Jean Dubuffet
 
                   
photographie :

-Zissou en fantôme, villa «Les Marronniers», Châtelguyon, 1905,
©Jacques-Henri Lartigue (1894-1986), extrait de Lire la photographie, Éditions Bréal, 2003, p115      
                 
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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 18:03
  performance
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  «Des léopards font irruption dans le temple et s'enivrent avec le contenu des vases sacrificiels ; cela se répète constamment ; au bout du compte, on peut le prévoir à l'avance, et cela devient une partie de la cérémonie».*


Franz Kafka

*«Betrachtungen über Sünde, Leid, Hoffnung und den wahren Weg, N°20», in Max Brod (éd), Hochzeitsvorbereitungen auf dem lande und andere Prosa aus dem Nachlass, Francfort-sur-le-main, 1980, p 31
   
Fernand Khnopff, Un masque,
Pointe sèche
Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques
   
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 18:41
  fond d'écran
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FOND D'ÉCRAN
   
Il est des supplices plus agréables comme me l'a fait remarquer un de mes commentateurs. Le voilà : Louise Brooks.

(comme je regrette d'être si...jeune.)
.
   
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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 12:04
  fond d'écran
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FOND D'ÉCRAN
   
Image trouvée sur internet , je ne sais plus où et quand. J'ai juste rajouté une large zone noire à droite qui correspond à la définition de mon écran : 1280x854.

Date de mise en fond d'écran : octobre 2006 mais j'alterne souvent car  cette image est trop insupportable.

Explication : J'ai choisi cette image car, un jour, je suis tombé dessus sur internet et je l'ai trouvée particulièrement horrible, insupportable : un personnage odieux, inquiétant ; une image qui fait peur. Mais...ça galvanise ! En fond d'écran, je me suis dit : monde hostile, à nous deux.
Struggle for life
!  Une sorte de Aka personnel ;-)

Faites gaffe à ma capacité de nuisance !

(mais des fois, ça m'inquiète alors je me mets Louise Brooks en fond d'écran ; Louise Brooks dont je suis secrètement amoureux ;  comment t'as deviné ?)
.
   
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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 09:00



30 JANVIER  2008  Trouvez-nous !

29 JANVIER  2008  Capturer les mouches

14 JANVIER  2008  Au Bonheur des Dames

13 JANVIER  2008  Ridicule-DOSTOÏEVSKI

10 JANVIER  2008  COURBET aux Émirats

9 JANVIER  2008  Simone de BEAUVOIR

7 JANVIER  2008  ROGERS + architectes

5 JANVIER  2008  Gustave COURBET

2 JANVIER  2008  Helen SCHJERFBECK

1 JANVIER  2008  Je vœux


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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 18:08
  Trouvez-nous !
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  Les publicitaires n'auraient-ils pas tout intérêt à tirer des leçons de l'histoire de l'art ? La bretelle d'une jolie robe qui glisse négligemment sur une épaule déjà dénudée ; la tête de la dame qui bascule, se détourne et semble accompagner un geste d'approche ; un geste clair : une invitation à la deshabiller.

A gauche, un détail du portrait de Mme Gautereau peint par
John Singer Sargent. En 1884  Sargent est un peintre américain brillant, qui vit à Paris et qui est très apprécié. Il a beaucoup de succès. Cette année-là, lorsqu'il peint ce portrait de Madame X (Madame Pierre Gautereau), certains pensent que c'est sa plus belle oeuvre. Mais la critique est féroce et va l'obliger à s'exiler en Angleterre. Sargent a, en effet, osé représenter Madame Pierre Gautereau en faisant glisser une des bretelles de sa robe, le long de son épaule. Sargent avait déshonoré sa fille, selon la mère de Madame Gautereau, en la représentant avec un décolleté si provoquant. La carrière du peintre s'arrête net.

A droite, ci-dessus, un détail d'une affiche publicitaire récente pour Findus destiné à vanter une préparation "5 légumes" où l'on retrouve la figure d'une jeune femme au large décolleté, au geste d'abandon et à la bretelle qui tombe.
Le message déjà explicite pourrait se suffire de cette mise en scène mais le slogan enfonce le clou : «5 légumes "façon cocotte" pour plus de plaisir».
Pour le plaisir, on avait compris mais la polysémie du mot "cocotte", dans ce contexte, laisse un goût amer -même avec utilisation de guillemets-.



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Sargent avait dû repeindre la bretelle droite de la dame. Mais il était trop tard. Il dut s'exiler. Findus devra-t-il subir les foudres des féministes ou plus généralement la réprobation de ceux pour qui la dignité humaine veut encore dire quelque chose ?
Rappelons-nous, il y a huit ans,  la triste mésaventure de  la campagne publicitaire pour la crème fraîche du groupe Candia,  Babette (ci-dessus, à droite) : «Babette, je la lie, je la fouette et parfois elle passe à la casserole».
Le groupe Candia avait trouvé à qui parler, mais pas celles qu'il espérait.
Findus trouvera-t-il les mêmes interlocuteurs ? (interlocutrices ?)

Find us !





 précision
-la peinture de Sargent présentée ici a été retouchée, voir ici.
   
   
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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 17:20
  capturer les mouches
les mouches



J'hésite : faire la manche ou capturer des mouches ?

Je suis un pessimiste. (Définitivement.)
image(s) : Étienne-Jules Marey  
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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 07:05
  Au Bonheur des Dames






















Après David Hamilton à la Biennale de Lyon...
envoyé par Rick42 sur dailymotion.com
   
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attraper les mouches

Fumier