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22 mai 2006 1 22 /05 /mai /2006 07:00
Musée national d'art moderne jusqu'au 29 janvier 2007

Le Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, renouvelle l'expérience de la présentation thématique de ses collections : Le Mouvement des images- Art et Cinéma, propose une relecture de l'art du XXème siècle à partir du cinéma.

J'ai fait une visite rapide, une visite de reconnaissance. J'y retournerai. J'en rapporte deux oeuvres : une que je connais bien et l'autre que je découvre.
La première a toute mon affection, depuis longtemps. C'est un petit film de Marcel Broodthaers d'une durée de deux minutes, tourné en 16 mm. (photogrammes du film ci-dessus)
Il s'intitule La Pluie (projet pour un texte).
Daté de 1969 /2' /16mm/nb/ silencieux.
Dans cet autoportrait l'artiste essaie d'écrire un texte sous une averse et finalement renonce, tandis que l'écriture, délayée par la pluie qui tombe, se transforme en dessin. On est dans l'absurde et la poésie. J'ai toujours été séduit par l'univers
de Marcel Broodthaers et notamment par ce petit film.

La seconde oeuvre se présente sous la forme d'une installation et est signée Ingo Maurer (photo ci-contre).
Ce sont des Tableaux chinois, je crois (j'irai vérifier). C'est très poétique. Beau. Tout simplement beau. Des poissons nagent dans un vrai bassin rempli d'eau, à leur gré, comme font les poissons. On dirait un Matisse (on n'est pas à Beaubourg pour rien...). Des formes solides et arrondies flottent sur cette eau et une projection qui vient du plafond jette les ombres mouvantes des poissons sur un écran vertical, juste à la hauteur du regard. Le rouge orangé des animaux est devenu gris. C'est esthétique, agréable, reposant.




J'avais eu l'occasion de voir il y a quelques années une oeuvre d'Alain Fleischer qui m'a fait penser à celle d'Ingo Maurer. Il me semble que c'était à l'Espace Electra et j'avais été séduit par la beauté et la poésie qui s'en dégageait. Elle s'appelait Mer de Chine (photo ci-dessous).
Le dispositif était sensiblement différent : une bassine plate dont le fond, je crois, était tapissé d'un miroir. Dans ce bassin, un vrai poisson rouge et la projection d'un film montrant la mer de Chine. Le tout projeté sur un écran. Le poisson évoluait dans la mer animée...Le tout petit et le très grand, le dedans et le dehors, l'ici et le très loin, le familier et l'exotique et puis le mouvement simple du petit poisson que l'on ne se lasse pas de regarder nager dans cette immensité.

Je pense, finalement, que cette oeuvre d'Alain Fleischer était plus intéressante encore que celle d'Ingo Maurer. Le mélange des contraires créait cette poésie. Et puis sur le cartel de l'installation d'Ingo Maurer est inscrit Chaque moment est original. Etait-ce nécessaire de l'indiquer ?


photographies : centre Pompidou, de l'auteur, FRAC de Bourgogne
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21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 07:00
Le philosophe Yves Michaud s'exprime aujourd'hui dans les colonnes du quotidien Le Monde au sujet de la mutation de l'art. Des propos qui font réfléchir.

Propos recueillis par Emmanuel de Roux
Article paru dans l'édition du 21.05.06

Nous assistons à une mutation de l'art et de la scène artistique. Peut-on en déduire la figure de l'art du XXIe siècle ?

Il est à peu près certain qu'un cycle apparu vers 1800, quand émerge l'artiste romantique, se clôt à la veille de la décennie 1980, avec la fin des avant-gardes. Depuis une vingtaine d'années, deux régimes de l'art coexistent. D'un côté les pratiques anciennes - sculptures, peintures... - continuent. De grandes vedettes comme Jeff Koons, Damien Hirst, Richard Serra, fournissent des oeuvres relativement traditionnelles aux grandes collections. Mais des artistes abordent aujourd'hui des continents jusqu'alors inconnus de la sphère artistique, ou utilisent des technologies inédites.

Quels sont les nouveaux terrains investis par l'art ?

La sociologie, l'entreprise ou l'humanitaire, par exemple. Les exposés de l'Espagnol Rogelio Lopez Cuenca, comme la "Picassisation de Malaga et la Malaguenisation de Picasso", relèvent de la sociologie urbaine mais, dans la forme, entendent se rattacher à l'art. Bruno Latour, sociologue, et Peter Weibel, performeur multimédia, ont présenté en 2002 "Iconoclash", à Karlsruhe en Allemagne, où ils analysaient le poids des images dans le monde contemporain et gommaient la distance traditionnelle entre l'art et son analyse.

L'entrepreneur Bernard Brunon peint, avec son entreprise That's Painting Productions basée à Houston (Texas), les cimaises de certaines galeries et musées et fait valoir sa démarche comme artistique. Yann Toma récupère, lui, une entreprise défunte, Ouest Lumière, pour lui donner une deuxième vie virtuelle. Dans les années 1980, Krzysztof Wodiczko avait inventé un abri mobile pour les SDF. Cette idée a été reprise par Médecins du monde qui a distribué en décembre 2005 des tentes aux sans-abri de Paris.

Ces interventions sont-elles encore de l'art ?

Duchamp avait décrété au début du XXe siècle que c'était l'artiste lui-même qui décidait d'attribuer à un objet le statut de l'art. Le XXIe siècle ne remet pas en cause cette position. Le "ready-made" de Marcel Duchamp - l'urinoir, le porte-bouteilles - est devenu une figure de style populaire. Les choses les plus triviales - un instrument agricole - peuvent être perçues sous un angle esthétique, poétique et exhibé comme tel.

Quelles nouvelles technologies sont et vont être utilisées ?

L'art "biotech" est exploré par des artistes aidés - ou non - de scientifiques. Eduardo Kàc, qui a un laboratoire de biotechnologie à l'école de l'Art Institute de Chicago, a imaginé un lapin transgénique fluorescent avec Louis-Marie Houdebine de l'INRA, un spécialiste du clonage. Le même Kàc opère actuellement des manipulations génétiques sur des bactéries dont les modifications sont transposées en alphabet morse pour être retraduites en paroles bibliques.

L'Australien Oron Catts et le groupe SymbioticA produisent des tissus artificiels pour créer de nouveaux êtres ou organes. A Nantes, en 2003, ils présentaient des morceaux de viandes artificielles qu'ils ont mangés. Le plus aventureux est l'Australien Stelarc qui a adapté sur lui la prothèse d'un troisième bras commandée par d'autres muscles de son corps. Il a également mis au point une sculpture avalable et qui se déplie dans l'estomac, ce qui a d'ailleurs failli le tuer. Il travaille actuellement sur la possibilité de se greffer une oreille artificielle sur le bras.

Internet est également très présent, notamment aux rencontres Ars Electronica de Linz, en Autriche. Des sculpteurs, comme le Canadien Toni Brown, modifient en temps réel des sculptures en fonction de connexions sur des "chats" ou sur des sites pornographiques. D'autres artistes, par exemple Cory Arcangel, détournent des jeux vidéo, comme SIM City, agrandis et projetés sur des écrans en renouvelant l'art du collage.

Ces nouvelles technologies induisent-elles une nouvelle esthétique ?

C'est certain. La vidéo a introduit dans l'art occidental une notion qui lui était en partie étrangère : la beauté fragile des choses qui passent, l'irisation d'une goutte de pluie, le tremblement d'une feuille. Ce que les Japonais appellent le Mono no aware.

La réception de l'oeuvre d'art par le public va-t-elle évoluer ?

Fortement. A commencer par le cadre même de présentation : depuis la seconde moitié du XXe, le musée d'art contemporain est un cube blanc où sont montrées des oeuvres dans la lumière. Ce cube blanc devient une boîte noire, littéralement une boîte de nuit. On y case des écrans, des installations lumineuses et sonores. Du coup, face aux écrans, le visiteur zappe - rares sont ceux qui assistent à une projection de bout en bout. De plus en plus, les visiteurs sont amenés à interagir, en temps réel, face à une oeuvre. Ces nouvelles formes d'art requièrent aussi souvent la présence d'un mode d'emploi qu'il faut lire. On passe donc, saut considérable, de la pure contemplation, à l'explication, à l'intervention et à l'immersion.
Puisque l'oeuvre plastique s'accompagne de plus en plus fréquemment de sons et que la mise en espace devient capitale, on pourrait presque soutenir que c'est l'ambiance, l'environnement, qui engendre l'art plus que l'oeuvre elle-même - la sensation est plus forte que le regard. Ainsi les flux lumineux liés au trafic du port de Saint-Nazaire imaginés par Yann Kersalé.

L'art a été utilisé par les pouvoirs religieux, politiques. Qu'en sera-t-il alors que l'économique prime désormais ?

Les systèmes totalitaires du XXe siècle, nazisme, stalinisme ou maoïsme, avaient bien compris le "bon usage" de l'art total en organisant des défilés géants soigneusement orchestrés sous l'oeil de caméras. Aujourd'hui, c'est au tour des décideurs économiques de s'en servir. L'art est au coin de la rue dans les affiches de Nan Goldin qui vante le réseau ferré d'Ile-de-France, dans la sonnerie de notre téléphone portable, dans le costume fluo des éboueurs ou dans la musique qui nappe les grandes surfaces commerciales. On ne sait plus qui influence l'autre de l'art ou de la société : les CRS sont habillés comme des guerriers de jeux vidéo, et les tenues de camouflage de l'armée sont recyclées par les créateurs de mode. Du coup, il ne reste plus beaucoup de place pour un art réellement engagé puisque tout y est détourné, digéré. Même la provocation est rapidement récupérée.



Sites d'artistes :
- www.ekac.org
- www.stelarc.va.com.au

Ars Electronica : www.aec.at

Centre d'art de Karlsruhe : http://on1.zkm.de/zkm/

A lire :
- L'Art numérique, Edmond Couchot et Norbert Hillaire (Paris, Flammarion, coll. "Champs", 2005).
- L'Art à l'état gazeux, essai sur le triomphe de l'esthétique, Yves Michaud, (Hachette Pluriel, 2004).


photographie : AFP/JEAN-PIERRE MULLER

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20 mai 2006 6 20 /05 /mai /2006 07:00
Je décide de tourner les pages du catalogue de l’exposition Los Angeles, naissance d’une capitale artistique, soigneusement, une par une, avec une intention toute simple : je dois trouver une belle image, une image qui ne choque pas le sens commun, une image flatteuse, une image qui n’agresse pas, qui ne fasse barrage ni au regard ni la compréhension. Et je me rends compte qu’il n’en existe quasiment pas ; ou seulement une : Blue Cone 2, photographie de John Divola (ci-contre).
-série “Cones”, de 1983-1985 .
J’ai décidé de procéder ainsi à la suite du billet sur Chris Burden et d’un commentaire qui disait ceci :
Bon mouiais! Au risque d'être ringarde, vraiment , j'ai du mal ( c'est à prendre au mot ) à comprendre ce genre de recherche. Quelle est la part entre la pathologie psychique mortifère et la recherche artistique?

C’est l’éternelle question et son corollaire : l’éternelle recherche d’une définition, à chaque fois renouvelée, de ce qui est pour chacun une oeuvre d’art. Et la part de ce qui serait l’art (véritable) et de ce qui relèverait du pathologique.

Cette partie du travail de Chris Burden pose en effet de réelles questions. Elle dérange. On comprend qu’elle est faite pour ça. Et on ne peut la réduire à du spectaculaire. A certains moments de l’histoire, des artistes poussent les choses plus loin, encore plus loin. Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, c’est une réalité. Ceci constitue une tradition de notre modernité qui est à la fois faite de ruptures et de bonds énormes vers l'avant.

Il faut
, par exemple, avoir en mémoire qu’en 1872 Claude Monet était quelqu’un qui ne savait pas peindre, qui n’était pas un peintre (Louis Leroy de Charivari).
Pour ce qui concerne la question du pathologique dans l'art, les exemples nous faisant réfléchir sont nombreux. J’en prendrai simplement deux :
-Jacopo Pontormo, élève de Léonard de Vinci, grand représentant du maniérisme toscan, peintre qui a laissé des chefs-d’oeuvres, avait une vie d’une extrême bizarrerie. Considéré à un moment de sa vie quasiment comme un fou, il notait scrupuleusement, chaque jour, dans son journal le détail de tout ce qu’il mangeait ainsi que la nature de ses excréments. Il reste un des peintres majeurs de la Renaissance.
-Plus près de nous, Jean-Pierre Raynaud. Il a vécu des années dans une maison ressemblant à un bunker et intégralement recouverte (intérieur et extérieur) de carreaux de faïence blanche, sans quasiment rien d’autre à l’intérieur puis a fait détruire cette maison qu’il a exposée sous forme de gravats présentés soigneusement dans des centaines de petits seaux métalliques qu’il a alignés au CAPC de Bordeaux. Raynaud reste un artiste majeur de la scène française. Cette démarche est-elle pathologique ?

La scène artistique californienne a été pour l’époque qui nous concerne (1955-1985) un vaste chantier, un creuset fou laissant se développer des pratiques à la fois variées, dans leurs formes, dans leurs démarches et leurs préoccupations. La période (notamment autour des années 70) était un moment de mutation, de remise en question, à tous niveaux et le domaine des arts en porte les stigmates. D’où ces pratiques extrêmes comme celles de Chris Burden, ou d’autres. Chris Burden a eu l’intelligence d’arrêter de faire des performances il y a très longtemps. Ceci était réellement lié à une époque.
Un commentateur dont je n’ai pas retrouvé les références écrivait :
Il y a des travaux qui méritent que l'on s'y plonge, intensément, tant la démarche et la réflexion sont intéressantes. Mais ils obligent à l'attention, nécessitent une très grande concentration si l'on veut comprendre les enjeux et les mécanismes de l'oeuvre, dévoiler ses codes et comprendre, véritablement. Certaines oeuvres seraient inintelligibles si on les regardait d'un seul coup d'oeil ; elles deviennent souvent passionnantes lorsque l'on s'y penche.

A travers une large sélection de peintures, sculptures, installations, photographies, films et vidéos, cette exposition retrace l'histoire multiforme de cette scène particulière, depuis son émergence au début des années soixante jusqu'en 1985. Avec tous ses excès, liés à cette époque si tourmentée. Le parcours aborde notamment les recherches autour de l'art de l'assemblage, du pop art, du minimalisme californien ou 'Finish Fetish', du mouvement 'Light and Space', de l'art conceptuel, de la performance, du féminisme, des installations, de la vidéo et du film expérimental au travers d'une sélection de 85 artistes environ.

Compte tenu de ce contexte, vous comprendrez qu'une
belle image, une image qui ne choque pas le sens commun, une image flatteuse, une image qui n’agresse pas, qui ne fasse barrage ni au regard ni la compréhension a peu de chance d'exister.

Photographie extraite du catalogue de l'exposition
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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 07:00

du 23 avril au 16 juillet 2006

Carte blanche à Fischli et Weiss


Soit un couple d'artistes, Fischli et Weiss, connu depuis assez longtemps maintenant, non seulement en Suisse mais également au plan international. Le Centre Culturel Suisse de Paris leur donne carte blanche et le résultat est cette exposition dans laquelle ils présentent les oeuvres d'un certain nombre d'artistes suisses d'une nouvelle génération et dont ils apprécient le travail.



Une pièce fameuse de Fischli et Weiss s'appelle Der Lauf der Dinge (Le cours des choses). C'est une vidéo qui dure 30 minutes et qui montre des objets usuels, pauvres, organisés, agencés de telle sorte qu'en se bousculant, qu'en se percutant, ceux-ci produisent une chaîne d'actions sans interruption.
Ces déplacements, souvent très spectaculaires, sont fondés sur des réactions physiques (comme le déséquilibre) ou chimiques qui produisent des destructions, des projections, des explosions, des feux, excessivement bien maîtrisés engendrant ce fameux "cours des choses". Cette installation animée est une construction qui a demandé une précision extrême et un temps fou pour la réaliser. Tout fonctionne comme une mécanique d'horlogerie. Fischli et Weiss ne sont pas nés en Suisse pour rien. Cette construction est vouée à sa destruction immédiate, juste après utilisation. Comme une allumette dont on gratte l'extrêmité et sur laquelle on va souffler après un usage unique.
Le son est également travaillé, amplifié, traité de manière souvent humoristique et grinçante. Mais c'est une oeuvre qui est peu montrée que nous allons découvrir dans l'exposition : nous avons la chance de voir en boucle ce qui a constitué l'ébauche , l'avant-projet, de Der Lauf der Dinge, tourné en super 8 ; le premier état de Der Lauf der Dinge : trois minutes sans son.


Chez Fischli et Weiss on est dans ce monde fait d'un univers décalé, étrange, parfois vaguement ridicule, souvent drôle et un peu inquiétant à la fois. Toujours inventif.
Les artistes qu'ils ont invités répondent à ces critères.

David Renggli présente plusieurs oeuvres dont L'Échelle penchante (Die angesenkte Skala, de 2004). Sur le cartel disposé à côté de l'oeuvre, nous pouvons lire : "Vitrine, verre, alcool, bois, fruits, légumes pain et divers objets". L'apparence est celle d'un tableau. C'est une composition, telle une nature morte, placée dans un cadre d'une certaine profondeur. Les objets ne sont pas des représentations mais des objets réels souvent périssables. Le tout est immergé dans un bain d'alcool.




Nous sommes face à un schéma artistique connu, habituel, mais le décalage réside dans sa fabrication, sa composition fragile et l'utilisation des matériaux.

Une petite vidéo est présentée, très haut sur le mur blanc. Elle est accompagnée d'une composition musicale étrange, jouée uniquement au piano qui vise à créer cette ambiance si décalée, tirant sur le temps. Devant le vidéo-projecteur est placé un oculus fabriqué très grossièrement dans un carton dont on a évidé le centre. Une bordure informe a ainsi remplacé le cadre. L'image est en noir et blanc. Plus blanc que noir, d'ailleurs, puisqu'elle représente l'ascension laborieuse d'un alpiniste qui s'enfonce dans la neige et est perdu dans la tempête. Cet Homme des neiges (Mann im Schnee, c'est le nom de cette vidéo qui dure cinq minutes) est simplement armé d'un bâton à main gauche et d'un drapeau blanc à main droite. Il s'agit d'une oeuvre de Lutz et Guggisberg. Je ne veux y voir aucune dimension symbolique ni aucun message. Peut-être simplement un archétype un peu ridicule à la manière des vanités de Fischli et Weiss jouant sur les stéréotypes, les faux animaux sauvages et leur rapport à la nature. La dimension poétique est forte.





La dernière oeuvre que j’ai trouvée très attachante est celle présentée sur un mur entier et composée de tableautins de format A4 représentant “maladroitement” des petites scènes, des objets ridicules ou bien de simples phrases sibyllines
, des truismes vaguement idiots ou encore des coloriages.
Ces petites traces laissées sur des supports pauvres mais très soigneusement encadrés occupent un pan entier du lieu d’exposition. Cette oeuvre a été réalisée par Annelise Coste et me fait irrémédiablement penser à celle d’un artiste britannique : David Shrigley, montré chez Yvon Lambert.


Là aussi le choix opéré par Fischli et Weiss est nettement identifiable.
Ces deux artistes avaient inauguré le Centre Culturel Suisse il y a vingt ans. Dans vingt encore on peut imaginer qu’un de ceux qui sont présentés aujourd’hui prendra à son tour le relais.

Photographies extraites du site du CCS et de l'auteur.
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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 07:00
“Dans un petit garage de Speedway Avenue, je suis monté sur le pare-chocs arrière d’une Volkswagen. J’ai appuyé mon dos sur l’arrière de la voiture, écartant mes bras sur le toit. Des clous furent plantés à travers mes paumes dans le toit de la voiture. La porte du garage fut ouverte et la voiture avancée à moitié dans Speedway Avenue. Le moteur fut lancé à pleine vitesse pendant deux minutes. Deux minutes plus tard il fut arrêté et la voiture repoussée dans le garage, dont on ferma la porte”

Trans-Fixed, 23 avril 1974, performance. États-Unis, Californie,Venice


"At 7:45 p.m. I was shot in the left arm by a friend. The bullet was a copper jacket 22 long rifle. My friend was standing about fifteen feet from me."


Shoot F Space : November 19, 1971



"J’ai été enfermé dans le casier n° 5 pendant cinq jours consécutifs et je n’en suis pas sorti pendant tout ce temps. Ce casier mesurait 60 cm de haut sur 60 de large et 90 cm de profondeur. J’ai cessé de manger pendant plusieurs jours avant d’y entrer pour éliminer le problème des excréments. Le casier au dessus de moi contenait 20 litres d’eau en bouteille ; le casier du dessous contenait une bouteille de 20 litres vide. La photographie montre les trois casiers. Le n° 5 est celui du milieu."



Five Day Locker Piece, 26-30 avril 1971, Irvine, Californie. Photo : Diana Zlotnik


Chris Burden est un artiste américain des années 70. Ses performances sont celles qui sont parmi les plus connues au plan international pour cette période.


Son travail est présenté actuellement dans
dans le cadre de l'exposition consacrée aux artistes de Los Angeles, au Centre Georges Pompidou :
"Los Angeles 1955-1985" , jusqu'au 17 juillet 2006.

Photographies extraites du catalogue de l'exposition
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10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 07:00

Centre Georges Pompidou, jusqu'au 17 juillet 2006



J'évoquais dans le billet précédent l'installation intitulée Reflets de peau, actuellement visible au Palais de Tokyo et la posture qu'il fallait adopter pour bien apprécier cette oeuvre. La perception que l'on a des oeuvres d'art peut se trouver modifiée du fait de la position inhabituelle du corps. Il peut arriver qu'une oeuvre existe assez peu en soi (ce qui pas le cas de celle qui nous occupe aujourd'hui) ; elle dépend alors beaucoup des conditions créées pour la regarder.

Cette exposition Morphosis présentée au 6ème étage du Centre Georges Pompidou met en scène le travail de l'architecte américain Thom Mayne qui est en outre le Pritzer Prize 2005 (la plus grande distinction décernée à un architecte). Ce qui est présenté ici c'est le travail de l'architecte à travers ses projets et ses réalisations ; ceci agrémenté de quelques vidéos dans lesquelles Thom Mayne parle de son travail. Le matériau utilisé est celui d'une exposition d'architecture traditionnelle. Mais lorsque l'on décide de montrer de telles choses, le risque pour le public est d'être confronté à une série d'objets techniques, spécialisés qui ne peuvent le motiver, à priori, que s'il s'intéresse déjà un peu à l'architecture.

Pour ce qui concerne la manière de montrer ce qu'a produit ce grand architecte sur une trentaine d'années, la forme et le contenu sont ici d'une adéquation parfaite. Il s'agit d'une certaine manière d'un morceau d'architecture créée pour l'occasion et dans lequel nous évoluons. Les différentes pièces qui composent le corpus de cette exposition (plans, maquettes, vidéos, photographies, esquisses, images travaillées sur ordinateur ou tridimentionnelles, etc.) sont placées au sol, sous nos pieds, confortablement logées dans des cellules éclairées, le tout étant recouvert d'une immense surface de verre, tel un parquet transparent légèrement incliné. Dès l'entrée, les visiteurs sont invités à enfiler sur leurs chaussures de petits chaussons antidérapants avant de grimper sur cette structure d'exposition où ils découvrent sous leurs pieds ce qui est traditionnellement placé sur des cimaises ou sur des tables ou bien encore projeté sur le mur. Cette structure aboutit tout en haut sur un mur-écran montrant une pièce filmée d'un spectacle de Frédéric Flamand, Silent Collisions, dont la scénographie a été assurée par l'agence de T.Mayne. Des danseurs traversent l'espace de projection, prolongeant l'espace d'exposition et assurant ainsi la cohérence de cette installation.
Le résultat est très efficace. La sensation aussi bien que le désir de connaître sont sollicités. Le fait que les objets d'exposition ne sont plus à leur place y est sans doute pour quelque chose. Le corps du spectateur, lui aussi, n'est plus tout à fait à la sienne puisqu'il doit tantôt s'écarter, tantôt se baisser ou déambuler de manière aléatoire. Rien ne relève de l'artifice, du gadget ou de l'effet. Les données qui nous sont habituelles sont simplement modifiées. Cette initiative est réellement à saluer.

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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 07:45


Hans Holbein le Jeune (1497/98-1543) est un des artistes les plus importants du XVIe siècle.

Le Kunstmuseum de Bâle présente jusqu'au 2 juillet 2006 une exposition consacrée à la période bâloise de l'artiste. Je suis revenu extrêmement heureux d'avoir pu me perdre dans la fascination pour ce peintre souvent considéré comme le Raphaël allemand.

En 1515 deux jeunes peintres arrivent à Bâle, ville qui est à l'époque un pôle culturel important en Europe (Erasme, illustre humaniste de son temps, et dont Holbein fera d'étonnants portraits, y travaille) ; ce sont deux frères, Ambrosius et Hans, les fils d'un peintre renommé d'Augsbourg : Hans Holbein, dit l'Ancien. Il suffira d'un an pour que Hans Holbein le Jeune se fasse connaître en représentant les portraits de Jakob Meyer, le bourgmestre de la ville, et de sa femme. Son parcours dans cette ville rhénane, qui va d'ailleurs lui accorder la citoyenneté en signe de reconnaissance, sera d'une très grande richesse. Holbein va traiter toutes sortes de sujets et un des plus étonnants de cette époque sera sans doute Le Christ au tombeau, qu'il peindra sur un panneau à l'exacte mesure d'un cercueil véritable : 30 cm sur 2 mètres ; ce Christ, présenté dans l'exposition, est un hallucinant cadavre en décomposition.


Mais, la Réforme commence à imposer ses choix et ses critères. Les images sont combattues ; Erasme, qui déclare : "Ici, les Arts ont froid", incite Holbein à s'exiler. Le peintre va fuir outre Manche et sera nommé, en 1536, peintre d'Henri VIII ; il deviendra alors en peu de temps le portraitiste officiel de la cour d'Angleterre.
Mais là, il s'agit d'une autre exposition qui se tiendra à la Tate Britain de Londres à partir du 28 septembre 2006 et qui relatera les années anglaises du peintre.

Hans Holbein est une figure imposante et trouble : c'est à la fois une puissance des personnages et une délicatesse des expressions ; ce sont des modèles au visage charpenté et un souffle de vent léger qui produit un petit désordre dans leurs cheveux. Le peintre montre des qualités évidemment hors pair pour la peinture mais également des audaces de génie que nous pressentons dans cette (même) peinture. Il est l'auteur de travaux de commande, mais aussi de sujets jamais traités par aucun des peintres de son époque (comme ce triste et beau portrait de famille, vraisemblablement dissocié de l'autoportrait qui était son pendant ; mais on sait qu'Holbein abandonna cette femme et les enfants qui posent à ses côtés pour aller en Angleterre).
Dans ses peintures, mais également dans ses dessins, il sait installer une présence à la fois forte et délicate. Je trouve d'une ahurissante beauté les portraits dessinés. Le dessin est sculptural et aérien à la fois. Le non-fini de ces portraits, dans la délicatesse de la représentation des vêtements, contribue à donner beaucoup de charme à ces modèles, même s'ils n'incarnent pas les canons de la beauté traditionnelle. Le dessin semble parfois d'une très grande modernité dans sa retenue, son côté quasiment minimal (voir le Portrait de Dorothea Meyer, née Kannengießer de 1525/26). Cette monochromie appliquée aux pièces vestimentaires contraint notre regard à retourner vers les visages et à buter sur les détails les plus sensibles de ces portraits que sont les yeux et leurs reflets, les commissures des lèvres, les ailes du nez ou bien encore le léger vallonnement du cou. Cette complexité, nous la pressentons également dans ce clin d'oeil à l'Italie, et plus précisément à Léonard de Vinci, dans le portrait qu'il fait de Laïs de Corinthe, cette dame de l'Antiquité qui monnayait ses charmes.


Et justement, ayons la curiosité de comparer le visage de Laïs et celui de la Vierge représentée dans la Madone de Darmstadt : c'est le même. Incontestablement le même modèle a posé pour la Vierge et pour la prostituée. Ce modèle a bien existé pour Holbein. Elle s'appelait Magdalena Offenburg et était une belle femme de l'aristocratie qui eut des relations très intimes avec le peintre. Holbein eut, de ce fait, des ennuis avec la justice.



Cette complexité que j'évoquais est perceptible dans l'ensemble de cette peinture. On la devine dans la figure de l'étourneau représenté dans le Portrait d'une dame avec écureuil ("a starling", l'étourneau prétexte à un jeu de mots autour du lieu d'habitation de la dame peinte, "East Harling"). C'est également la vague qu'il organise et met en scène, juste devant nos yeux, dans le somptueux tapis de la Madone de Darmstadt.
Les exemples seraient nombreux.

J'ai passé des heures à regarder le détail de chacune des oeuvres présentées magnifiquement dans ce musée de Bâle avant de reprendre la route de Paris. Il y a très peu de récits contemporains de l'artiste qui soient suffisamment crédibles ; mais malgré cette apparence et ce style que nous renvoient les personnages qui habitent les tableaux et les dessins du maître, il paraît que Hans Holbein le Jeune aurait eu une vie dissipée.
Holbein reste mystérieux et beau.

 
 

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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 07:30


Palais de Tokyo, jusqu'au 21 juin 2006


La peau partage avec le cerveau une même origine, l'origine embryologique. Au commencement de la vie la première cellule se démultiplie. Elle va se séparer en feuillets. Un de ces trois feuillets, l'ectoblaste donne à la fois la peau et le système nerveux. La peau se comporte comme un cerveau périphérique étalé, chargée de renseigner le cerveau principal. La peau capte, le cerveau analyse ; ils sont en ce sens inséparables pour la vie.

Cette entrée si singulière, affichée quelque part dans l'exposition, donne une dimension particulière à quelque chose qui nous est familier, quelque chose que nous connaissons depuis toujours et qui pourtant reste si énigmatique : la peau, notre habit de tous les jours.

Une exposition intitulée Ultra peau, voyage sensoriel s'ouvre au Palais de Tokyo, à Paris.
La scénographie de l
'exposition est en effet conçue comme une sorte de voyage, comme un itinéraire jusque dans le plan fléché qui accompagne le visiteur. Nous entrons dans un espace sombre, tout en rondeur qui surprend par la douce odeur de crème corporelle qui l'envahit. Cet espace est tendu de voiles qui organisent d'autres espaces plus petits, plus confidentiels, selon des cellules rondes également. Le principe qui préside à la scénographie de cette exposition relève du souci d'accompagner le visiteur dans le registre des sens auxquels la peau est intimement liée. Le son, souvent enveloppant, n'est pas étranger à ce principe.

De grandes photographies numériques de Nicole Tra Ba Vang accueillent le visiteur à l
'entresol que l'escalier central accompagne, nous menant à l'épicentre de l'exposition ; puis des cellules thématiques sont disposées à la manière de satellites autour de cet escalier (révélation, la peau sensationnelle, codes et langages de peau, la peau émotionnelle, collection objets de peau, etc.) . Tout le long des parois de ce vaste espace, des niches percées d'oculus sont aménagées afin de présenter des photographies à différentes hauteurs.
Enfin, en décrochement, nous accédons par un étroit passage (une coque sensorielle) à une grande salle plongée dans un noir complet, intitulée reflets de peau. Cet espace est le plus magique, je pense. Alors, brisons l'itinéraire proposé et commençons par cette installation. Ce que j'ai fait. Pour y accéder nous devons écarter un voile et pénétrer dans cette coque sensorielle (voir illustration ci-contre) qui nous amène symboliquement à une sorte de naissance, ou plus précisément, qui nous amène à rejouer une naissance aboutissant à un lieu vaste, rond et plongé dans l'obscurité. Au centre de ce lieu trône un immense et épais tapis matelassé survelevé, rond lui-aussi, surmonté d'un large écran, en léger plan incliné.
Ce dispositif permet de bien apprécier ce que présente cette installation En effet le visiteur est véritablement enveloppé par ce qu'il voit et ressent, telle sa propre peau, car pour participer au bon fonctionnement de cette oeuvre, nous sommes conviés à nous allonger sur ces coussins, sous l'écran et à regarder les images qui sont projetées seulement à quelques dizaines de centimètres de nos yeux.
La position est inhabituelle, l'espace plongé dans le noir ne permet plus d
'avoir des repaires véritables, l'espace de projection n'est plus cadré étant donné la proximité qu'il entretient avec notre regard, les sons sont enveloppants et enfin, les images relèvent d'un univers très poétique et font appel à la sphère des sensations. Les petits films qui sont projetés sont courts (1'30 en moyenne) et ont été commandés à d'anciens résidents du Pavillon de l'unité pédagogique du Palais de Tokyo. On leur demandait de réagir au thème de l'exposition, chacun exprimant une vision particulière liée à la perception qu'ils avaient de la peau.

Une installation très différente est présentée dans la cellule intitulée Révélation. Cette pièce est signée par un jeune artiste, Marc-Antoine Léval et fonctionne à partir de la lumière noire. Des néons sont placés au centre d'un dispositif haut et circulaire. Toute la pièce étant baignée de bleu. Des encres et tampons encreurs spéciaux sont à disposition et permettent de se "tatouer" le corps (au moins les mains) à l'aide d'un produit qui ne laisse une trace visible qu'en présence de ces néons. Nous avons la surprise de ne plus rien voir sur notre main lorsque nous sortons de cet espace clos. Les traces sur la peau deviennent absentes. Pourtant nous sommes sûrs qu'elles existent. Nos yeux sont incapables de les voir. Est-ce la manifestation de l'idée que notre peau se souvient de tout? Même de ce que nous ne voyons plus.

Un certain nombre de travaux d' élèves de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués sont également présentés, regroupés dans la collection objets de peau et rassemblent des objets qui peuvent être utilitaires, fantaisistes, poétiques ou mystérieux comme cet écarteur de nombril de Betty Bullon.

Comme je l'ai dit, le monde olfactif n'est pas oublié : quelle est l'odeur d'une peau peureuse ? Celle d'une peau amoureuse ou bien celle d'une peau endormie ? Vous pourrez mettre votre nez dans une de ces fenêtres rondes tapissées de photographies d'artistes dans lesquelles ont été reconstituées ces odeurs ; et à vous de voir si
ces reconstitutions correspondent bien à votre expérience.

Une prise de position souvent marquée du sponsor de cette exposition nous fait néanmoins
découvrir de temps en temps d'assez belles choses : ce paysage étonnant n'est autre que la prise de vue agrandie de la vision microscopique d'une crème solaire étalée sur notre peau. Cette vision scientifique fait partie d'un corpus appartenant au laboratoire de recherche du sponsor et établit une distance énorme entre la peau véritable et sa représentation. En revanche certaines pièces font directement appel à nos sensations comme ces souffles d'air froids ou chauds qui sont là pour nous rappeler notre existence physique.
On peut également voir des murs qui respirent, des parois en braille ou encore des manifestations anarchiques de la nature comme cet individu recouvert de poils photographié par Gérard Rancinan.

Cette exposition est certes critiquable mais s'attaque à un champ assez ambitieux, et finalement relativement vierge. Je lui trouve l'avantage d'être à la source d'un certain nombre de questionnements du fait des entrées assez variées qu'elle propose. J'ai, à ce titre, été assez ébranlé d'apprendre que nous renouvelons notre peau tous les 28 jours jusqu'à l'âge de 28 ans. Après, cette mue s'opère tous les 32 jours puis tous les 34. Ainsi, à 40 ans nous avons déjà mué 500 fois.
J'entrevois là l'épaisseur d'un matériau artistique infini puisqu'il porte simultanément sur l'identité, le temps qui passe, le corps et sa matérialité, la perte, et bien d'autres choses encore. Et, à ma connaissance, ce matériau n'a jamais été utilisé.
On vous propose de continuer le voyage sensoriel en cliquant ici
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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 07:00
   
Afin d’inaugurer ce nouvel espace il était sans doute nécessaire pour moi de commencer par un billet consacré à Holbein ;  Hans Holbein le Jeune. L’actualité des expositions a été généreuse avec moi en inscrivant cette expo à son calendrier 2006. Cela va d’ailleurs continuer en septembre car la Tate de Londres présentera la période du peintre passée en Angleterre.


Mais d'autres expositions sont là pour nous distraire de la présence imposante du maître...
Je me suis donc rendu récemment dans un lieu d'exposition parisien, en vogue, mais ce ne sont pas mes yeux qui ont été sollicités mais mon nez. L'espace entier était envahi, baigné d'une odeur de crème. Pas celle que l'on mange avec les fraises mais celle que l'on s'étale sur le corps. Etrange et plutôt agréable. Une atmosphère douce, enveloppante. Mais une présence un peu trop marquée du sponsor qui avait affiché son nom un peu partout jusque dans le cartel des oeuvres exposées. Et la raison d'être de ce sponsor est évidemment de fabriquer et de vendre des crèmes. Son nom est en cinq lettres. Il commence par un N et se termine par un A...

    Cette exposition est consacrée à la peau. Elle se visite au Palais de Tokyo et s'appelle : ULTRA PEAU, voyage sensoriel. J'en parle dans le billet suivant.
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