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3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 07:00

Une
nouvelle pneumostructure de Gérard Deschamps ?

(...)des transfigurations de la banalité, des objets triviaux transformés en oeuvres d'art.

Arthur Danto, La transfiguration de banal, Seuil, 1989, p 21

Ou bien, retour de l'oeuvre d'art à la trivialité du quotidien par le biais de l'actualité ?


image trouvée sur internet



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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 07:00

UNE MANIFESTATION TRIENNALE,
200 ARTISTES,
7 000 m2 SOUS LA NEF DU
GRAND PALAIS, jusqu'au 25 juin
15 POINTS DE VUE SUR L'ART D'AUJOURD'HUI



Cette Force de l'art qui joue la Force des mots m'a incité à me planter devant les chats, et à tenter de les regarder dans les yeux (pas de bol, l'un a les yeux fermés, l'autre, celui qui se fait traverser le corps, me tourne le dos) et de leur répéter, en boucle : Séchas et ses chats, Séchas et ses chats, Séchas et ses chats, Séchas et ses chats, Séchas et ses chats...Répétez, allez répétez sans vous arrêter. Ouais, ça vient...

Ils me font rire, ses chats à Séchas. Ils sont propres, en bonne santé, bien faits ; pas comme ses dessins qui jouent le mauvais goût, la vanne obscène ou premier degré (mais drôles, quand même).
Et là, ça prend même de la hauteur : Monument pour Jacques Lacan. La mise en espace pensée par Xavier Veilhan les met réellement à une place d'honneur. L'absurde intégré. Mais c'est pas le sujet. Ou, pas tout à fait, en fait. Pour ce dernier billet sur la Force de l'art, je voulais balayer autour des chats, récupérer dans ma petite pelle tous les miscellaneous, les petites scories, les croquettes abandonnées, et autres déchets de litière. 



C'est vrai que ça fait un drôle d'effet de revoir ces gilets Buren habiller les gardiens. La nostalgie de la belle époque, bien radicale, pétrie d'idéaux, provoque un sourire...triste. Le respect pour Buren nous empêche de déployer du mauvais esprit.

Premier texte d'une série sur l'analyse des fonctions des institutions. Publié en anglais à l'occasion de l'exposition dénommée par erreur Sanction of the Museum au Museum of Modern Art d'Oxford. in catalogue Sanction of the Museum, Oxford : Museum of Modern Art, 1973, repris in Buren, Daniel, Les Écrits, (1965-1990), tome I : 1965-1976, p. 169-173


Des Buren qui se promènent ou sont assis cachés derrière des Claude Closky ?



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à droite----->
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La non-visibilité ou non nomination/révélation des supports d'une oeuvre quelconque (châssis de l'oeuvre, place de l'oeuvre, socle de l'oeuvre, cadre de l'oeuvre, verso de l'oeuvre, prix de l'oeuvre, etc.) n'est donc pas sans intérêt ou sans intention, « naturelle » comme on voudrait nous le faire croire, mais bien un masque intéressé et significatif, un camouflage qui est consciemment entretenu et préservé avec toutes les forces dont elle peut disposer et par tous les moyens par l'idéologie Bourgeoise même, c'est-à-dire la transformation « de la réalité du monde en image du monde, de l'Histoire en Nature »

New York, octobre 1970



Pierre Soulages

 
Certaines oeuvres ne doivent pas être approchées : des valeurs sûres ; un périmètre de sécurité est délimité au sol.


Roman Opalka
Ici la ligne est rouge et grasse. Les toiles récentes (impressionnantes) de Roman Opalka sont pourtant peintes blanc sur blanc : invisibilité assurée.

Simon Hantaï

Cette magnifique toile d'Hantaï est en revanche reléguée piteusement dans un recoin, pourquoi ?

Xavier
Veilhan

Heureusement la garde républicaine domine et veille sur l'art : c'est la Force.
A l'extrême gauche : un Mickey rose et aveugle d'André (rien d'autre ?)= pour la joie des enfants. Objet sympa.
Au centre : la Corse vue par Annette Messager (rappelez-vous le 1er billet, Faire des cartes de France)
A droite : sur l'affiche, la tête d'un gus qu'on voit depuis des années dans les petites annonces d'Artpress
(il ne vieillit pas)

La peinture de Djamel Tatah, toujours aussi ennuyeuse. J'ai, à nouveau, regardé de près, de loin, à nouveau de très près : c'est fait avec de la peinture mais où est la peinture ?
Phénomène de mode ?

Une sculpture de Delphine Coindet.

Entre design et architecture, Delphine Coindet cherche à redéfinir le statut de l'oeuvre, hors de la notion d'efficacité ou d'usage. Les objets qu'elle crée n'ont aucune utilisation, ils ne sont que la mise en réel du dessin c'est-à-dire du projet artistique. Entre virtuel ou réel, l'artiste impose des passages à l'oeuvre, confrontant l'image à sa réalisation.
La bouche d'égout fait partie de l'oeuvre ? Pourquoi pas plus d'exigence dans la mise en espace des oeuvres ?



Pour terminer, redonnons la parole à Daniel Buren :

Exposition d'une exposition

De plus en plus le sujet d'une exposition tend à ne plus être l'exposition d'œuvres d'art, mais l'exposition de l'exposition comme œuvre d'art.
Ici, c'est bien l'équipe de Documenta, dirigée par Harald Szeemann, qui expose (les œuvres) et s'expose (aux critiques). Les œuvres présentées sont les touches de couleurs – soigneusement choisies – du tableau que compose chaque section (salle) dans son ensemble. Il y a même un ordre dans ces couleurs, celles-ci étant cernées et composées en fonction du dess(e)in de la section (sélection) dans laquelle elles s'étalent/se présentent. Ces sections (castrations), elles-mêmes « touches de couleurs » – soigneusement choisies – du tableau que compose l'exposition dans son ensemble et dans son principe même, n'apparaissent qu'en se mettant sous la protection de l'organisateur, celui qui réunifie l'art en le rendant tout égal dans l'écrin-écran qu'il lui apprête. Les contradictions, c'est l'organisateur qui les assume, c'est lui qui les couvre.
Il est vrai alors que c'est l'exposition qui s'impose comme son propre sujet, et son propre sujet comme œuvre d'art.
L'exposition est bien le « réceptacle valorisant(1) » où l'art non seulement se joue mais s'abîme car si hier encore l'œuvre se révélait grâce au Musée, elle ne sert plus aujourd'hui que de gadget décoratif à la survivance du Musée en tant que tableau, tableau dont l'auteur ne serait autre que l'organisateur de l'exposition lui-même. Et l'artiste se jette et jette son œuvre dans ce piège, car l'artiste et son œuvre, impuissants à force d'habitude de l'art, ne peuvent plus que laisser exposer un autre : l'organisateur. D'où l'exposition comme tableau de l'art, comme limite de l'exposition de l'art(2).
Ainsi, les limites créées par l'art lui-même pour lui servir d'asile, se retournent contre lui en l'imitant, et le refuge de l'art que ses limites constituaient, se révèle en être la justification, la réalité et le tombeau.
Février 1972
1. In catalogue 18 Paris IV 70, post-face par Michel Claura.
2. Cf. « Rahmen » in Position Proposition, livre édité par le Musée de Mônchengladbach, janvier 1971.


Sur le fonctionnement des expositions, à propos de Documenta 5.
in catalogue Documenta 5, Cassel , 1972, section 17, p. 29, 2 ill., repris in Buren, Daniel, Les Écrits (1965-1990), Tome I : 1965-1976, Bordeaux, capcMusée d'art contemporain, 1991, p. 261-262


Exposition d'expositions....Rappel à l'actualité. Toujours d'actualité. Une réflexion à poursuivre sur le rôle du commissaire d'exposition et sur le rôle de l'artiste.

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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 07:00

UNE MANIFESTATION TRIENNALE,
200 ARTISTES,
7 000 m2 SOUS LA NEF DU
GRAND PALAIS, jusqu'au 25 juin
15 POINTS DE VUE SUR L'ART D'AUJOURD'HUI


Cette Force de l'art montre également de la peinture. J'ai choisi de parler d'un certain type de peinture. Cette peinture est organisée et destinée à être regardée de manière très singulière. Il s'agit de la pièce de Gérard Garouste intitulée Ellipse. Elle est datée de 1999-2001.
Le travail se présente sous la forme d'une haute constuction de métal
et de bois de plus de 7 mètres, tendue de toile peinte à l'acrylique.
Cette oeuvre est présentée par le critique d'art Richard Leydier dans la section Vision(s)-peinture en France. Ellipse est une sorte de "sculpture de peinture" dans laquelle on pénètre par un couloir central étroit qui débouche sur une distribution d'alcôves peintes.
Richard Leydier déclare : Tandis qu’on observe depuis quelque temps, au niveau international, un regain d’intérêt pour une peinture dite "figurative", on peine à former une image claire de la scène picturale en France au cours de ces quinze dernières années.
Dans ce travail de peinture, Garouste est inspiré par Goya. Le problème de l'originalité ne l'intéresse pas. Il s'agit pour lui de s'approprier la thématique et de dépasser la référence.
Dans un entretien à MagArts, il déclare :
Dans Ellipse, j'ai tout pris à Goya : la composition, les ânes, les sorcières, les chaises...

Emprunt rétinien, si l'on peut dire car Ellipse n'est pas une satire, comme ont pu l'être les gravures de Goya.
(un clic sur les images pour les agrandir)


Les Caprices de Goya sont des gravures elles-mêmes inspirées par des citations populaires, une sorte de clin d'œil du peintre au langage de son époque.
 
Ces gravures m'ont amusé et j'ai joué avec elles en complicité avec Goya. Rencontre d'images qui constituent ma mythologie personnelle dans l'espace de la tente : lion, âne à l'Est, loup, taureau à l'Ouest, mandragores au Sud. Tous les personnages de l'installation sont des « antipodes », c'est-à-dire des personnages à l'envers, contraires, étrangers.
Le problème de l'originalité ne m'intéresse pas. Pour Goya, je me suis approprié ses images pour ensuite les dépasser. Le sujet de ma peinture : comment, de la représentation ludique d'une série de fables, on arrive à un jeu d'interprétation et, en même temps, il s'agit aussi d'un parcours initiatique d'un passage de la Bible, « La bénédiction de Jacob ».
 

Ce travail de Gérard Garouste me plaît pour différentes raisons : l'oeuvre de ce peintre s'inscrit à la fois dans une tradition, une connaissance fine et documentée de la peinture mais ce qu'il fait de cette tradition le propulse au delà ; la forme qu'il donne à sa peinture prend place dans une recherche, une volonté de renouveler les formes même s'il dit que l'originalité ne l'intéresse pas.
L'univers qu'il met en place relève du merveilleux, rappelle à la fois le monde de l'enfance, du rêve et des croyances populaires. Le fait de présenter son travail comme une installation décuple l'intérêt que l'on peut éprouver face aux peintures puisque le corps du regardeur est impliqué dès le moment où il pénètre dans la structure. Les points de vue deviennent variés, mobiles, non figés, à l'inverse de celui que l'on peut entretenir face à une peinture traditionnelle. Enfin, indéniablement, ce peintre montre des qualités non seulement dans la pratique purement technique du médium qu'il a choisi d'utiliser que dans la façon d'agencer les couleurs et les figures mais aussi dans l'expression qu'il sait mettre en place afin de mieux transmettre son univers à ceux qui veulent bien regarder sa peinture.



Suite dans le prochain billet
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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 07:00
UNE MANIFESTATION TRIENNALE,
200 ARTISTES,
7 000 m2
SOUS LA NEF DU
GRAND PALAIS, jusqu'au 25 juin
15 POINTS DE VUE SUR L'ART D'AUJOURD'HUI

Cette Force de l'art va constamment osciller et hésiter entre une affirmation défensive liée à son titre sous forme de slogan (voir billet La Force de l'art, un titre...) et une volonté de rendre présente la notion de jeu, d"entertainment" (comme on dit), de participation ludique ou de proximité via des "objets sympas".

L'art contemporain serait un grand terrain de jeu, un parc d'attractions pour riches ou pour gens branchés (ou les deux, peut-être...).
Suite dans le prochain billet

illustration : Gérard Deschamps, série pneumostructures, 2004
photographie de l'auteur
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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 07:00
UNE MANIFESTATION TRIENNALE,
200 ARTISTES,
7 000 m2
SOUS LA NEF DU
GRAND PALAIS, jusqu'au 25 juin
15 POINTS DE VUE SUR L'ART D'AUJOURD'HUI
Cette Force de l'art qui n’a pas réussi à trouver quelqu’un d’unique pour fédérer toutes les énergies en jeu ( Je crois que Catherine Millet avait été pressentie, sollicitée mais a décliné l’offre) a finalement donné carte blanche à quinze personnes différentes, quinze commissaires d’exposition qui se sont partagés cette lourde tâche d’endosser les responsabilités et donc de faire face à toutes les critiques.

La conséquence positive de cette décision est la diversité des points de vue ; nous ne sommes pas face à un discours unique, à quelque chose qui serait une esthétique d’état.
La conséquence négative est cette impression d’accumulation d’oeuvres, de catalogue dressé sans aucune pensée fédératrice, sans axe réel, un catalogue établi dans l’urgence de la décision. La démarche était évidemment politique (au sens noble du terme, s’entend). J’ai rappelé dans un billet précédent les intentions de cette manifestation, commanditée par l’état français en la personne du Premier Ministre. Les choses se sont toujours déroulées ainsi, à droite comme à gauche. En conséquence il est illégitime de prétendre qu’aujourd’hui les critiques qui sont faites à l’exposition sont politiciennes ; en effet, rappelons que la décision initiale est politique. Cette exposition a d’ailleurs été surnommée “l’expo Villepin” et l’on peut d’ailleurs admirer un portrait de Dominique de Villepin fait par Yan Pei Ming dans l’espace installé par Bernard Marcadé (photographie ci-dessus).
Bernard Marcadé qui est un des quinze commissaires d’exposition est celui qui, à mon goût, a le mieux réussi le difficile pari d’accepter ce défi consistant à rassembler dans l’urgence un panel d’artistes qu’il défend, apparemment, sans compromission, et avec une exigence et un soin extrême dans la présentation et la mise en espace des oeuvres.
J’ai toujours beaucoup apprécié ses partis-pris, le choix des artistes qu’il a défendus et accompagnés, les expositions qu’il a montées ainsi que les ouvrages qu’il a écrits (on peut citer : Il n’y a pas de second degré, Éditions Jacqueline Chambon, ou encore le magnifique Éloge du mauvais esprit, Éditions de la différence-). Le choix est cohérent, rigoureux, conforme à ce que l’on sait de ses goûts ; il répond à une exigence de type patrimonial (voulu par la demande institutionnelle) en la personne d’un artiste de premier plan mais qui reste un artiste très contemporain, accessible et dynamique dans sa démarche comme Christian Boltanski, par exemple ; il présente des artistes impliquant le spectateur dans l’univers du sensible comme Claude Lévêque avec son installation Ende ; il présente également des artistes plus complexes mais reconnus comme Fabrice Hyber ; mais aussi des très jeunes comme Loris Gréaud (que personnellement j’apprécie moins pour avoir vu l’an passé son travail au Plateau). Cet ensemble est fondé sur un engagement à la fois esthétique sensible et intellectuel. La référence à Guy Debord (dans la projection à l’entrée) montre l’exigence du propos. La mise en espace de ces pièces si diverses se révèle d’une particulière intelligence. Bernard Marcadé a fait édifier une structure métallique tendue de draps noirs sur deux niveaux. Ce volume ainsi créé tient compte de l’espace existant mis à disposition. Il est le seul à ne pas subir l’écrasante et magnifique architecture du Grand Palais.
Une autre donnée est extrêmement importante et finement pensée par ce commissaire d’exposition : il n’y a aucune promiscuité dont aurait à souffrir une oeuvre ou bien une autre. Les cartes de France d’Annette Messager sont isolées dans un dais sombre. Il en va de même pour le travail de Boltanski. La pièce de Claude Lévêque, de fait, est présentée seule ; le noir y est total…La tente de Fabrice Hyber (photo ci-dessus) est isolée, tout à fait en haut, etc. L’oeuvre retourne, d’une certaine façon, à sa vocation sacrée ; on est là pour la considérer isolément, la rencontrer, et sans nécessairement y faire participer la dimension mystique. Il en est tout autrement de certaines présentations ou tout se téléscope, où l’on a une perception aléatoire et fugitive des oeuvres et où la dimension "parc d’attraction" prime.
“Je ne crois pas aux fantômes, mais j’en ai peur” écrivait la marquise du Deffand à Horace Walpole. Si l’art ne peut pas transformer le réel, il peut néanmoins contribuer, aujourd’hui peut-être plus que jamais, à faire peser une menace réelle sur un certain nombre de dévoiements contemporains. Bernard Marcadé
 

J'ai bien sur apprécié d'autres accrochages, d'autres partis-pris comme celui de Daniel Soutif, par exemple, mais on ne peut pas tout évoquer, ici.
D'autres artistes, d'autres peintres m'ont impressionné par la qualité et la présence du travail qu'ils ont présenté ; c'est le cas de Gérard Garouste sur lequel je reviendrai.

illustrations : oeuvres de Yan Pei Ming, Fabrice Hyber, Jean-Luc Vilmouth


Suite dans le prochain billet
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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 07:00
UNE MANIFESTATION TRIENNALE,
200 ARTISTES,
7 000 m2 SOUS LA NEF DU GRAND PALAIS, jusqu'au 25 juin
15 POINTS DE VUE SUR L'ART D'AUJOURD'HUI





Cette Force de l'art occupe un endroit magnifique : le Grand Palais. L'endroit est somptueux : vaste, lumineux et spacieux. Les volumes sont extraordinaires. Compartimenter cet espace a été nécessaire pour héberger les productions présentées par les quinze commissaires d'expo.
Mais là, l'architecture du Grand Palais révèle sa force : les hauteurs d'accrochage des cimaises, habituelles pour les galeries, deviennent étriquées. Le volume au dessus de leur tête les écrasent. L'oeuvre de Gérard Garouste tente d'échapper à la règle.
Seul Bernard Marcadé a décidé de travailler intelligemment son espace en montant un deuxième niveau, ce qui permet d'occuper le volume en hauteur et d'entrer mieux en relation avec l'existant. On reconnaît là l'expérience et la finesse du jugement. La notion de mise en espace devrait être une donnée importante pour un commissaire d'exposition.



Suite dans le prochain billet
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27 mai 2006 6 27 /05 /mai /2006 07:00
  UNE MANIFESTATION TRIENNALE,
 200 ARTISTES,
 7 000 m2 SOUS LA NEF DU GRAND PALAIS, jusqu'au 25 juin
 15 POINTS DE VUE SUR L'ART    D'AUJOURD'HUI

 Cette Force de l'art est une exposition d'expositions. C'est la première d'une triennale qui se présente comme la juxtaposition de quinze points de vue différents sur la création d'aujourd'hui. Ces points de vue sont le fait de critiques d'art, d'écrivains, de commissaires d'expositions,   de rédacteurs de revues,  de directeurs de musées ou de centres d'art, d'artistes ou bien encore d'historiens d'art  à qui l'on a confié un espace dans cet immense lieu récemment rénové : le Grand Palais. 
  L'intention annoncée est de témoigner de la vitalité de la création artistique française. Cette manifestation est conçue pour prendre place aux côtés de manifestations similaires qui se déroulent déjà aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. Une sorte d'état des lieux qui faisait défaut pour rendre compte de l'activité et de la diversité de la scène artistique hexagonale.

J'ai passé quatre heures sur ce site. Je m’y suis rendu sans à priori et finalement en ayant lu assez peu de choses au préalable. Pour ne pas être désagréable je dirai que je suis très partagé car dans la liste des gens exposés, sont présentés un certain nombre d’artistes que j’aime. Mais la perception que j’ai de cette manifestation  reste néanmoins négative.

J’ai l’habitude de fréquenter assez assidûment les galeries et les expositions, notamment celles qui présentent des oeuvres contemporaines. Beaucoup des pièces exposées ici sont loin de m’être étrangères et c’est même un plaisir certain d’en retrouver qu’il était impossible de voir depuis des années. Mais très bizarrement une sensation de malaise m’a habité très rapidement, dès le début de la visite, et ne m’a jamais définitivement quitté. Alors pourquoi ?

Le titre de cette manifestation pose d’emblée un problème : La Force de l’art,  (avec une majuscule à Force dans les documents officiels). Je n’ai encore rien lu pour l’instant qui justifierait ce choix, qui sans doute est légitime du fait des intentions annoncées : il s’agit d’affirmer une position, d’énoncer, grâce à cette vision de catalogue, que la scène artistique contemporaine française existe et qu’elle n’a rien à envier à celle qui se développe  dans le monde anglo-saxon, aujourd'hui nettement plus valorisé et représenté. Ce titre est elliptique ou plutôt incomplet : c’est la Force de l’art français qu’il aurait fallu écrire, mais c’est moins élégant. Entendons-nous, il n’y a aucune honte à défendre des artistes qui travaillent sur le territoire. Du point de vue de la renommée, de l’influence intellectuelle d’une culture ou d’une nation, mais également de manière plus prosaïque, du point de vue commercial. D’autres pays (notamment anglo-saxons) le font de manière très pragmatique mais il me semble que ce titre est le symptôme d’une sorte d’indigence profonde dont la métaphore est le bunker installé à l’extérieur, à l’entrée de cette exposition (Mathieu Briand, ci-dessous).

Du simple point de vue commercial, on peut dire que ce bunker n’est pas ce qu’il y a de mieux  comme tête de gondole. Mais ça, je conçois qu'il s'agit là, de ma part, d'un jugement de valeur. Effectivement, l'oeuvre sert sans doute à illustrer cette notion de Force, liée à son emplacement de type ligne Maginot ; impression de force  également due à son apparence, austère, hostile, noire et menaçante.  
 Mais, il est comme la maison des petits cochons : creux, fragile, fait de petites tôles fines  assemblées au chalumeau (il suffit d’écouter le bruit que ça fait lorsque l’on fait toc toc dessus à l’aide de l’index replié).  Si ceci est une représentation, voire une métaphore de cette Force, on conviendra qu'elle est un peu pathétique. Est-ce ça la Force ? A-t-on besoin d’être menaçant pour montrer ses qualités ? Et puis surtout, que penser d’une exposition -d’art- qui prône comme critère principal, essentiel, quasiment unique, le rapport de Force ? Rapport de Force, réitéré, tant dans ce F majuscule de son titre, dans les lourdes lettres grasses de sa typographie que dans les nombreux rappels de ce titre qui tapissent des milliers de fois les parois extérieures et intérieures de cette exposition.
 C’est peut-être ce manque de générosité qui m’a d’emblée rendu mal à l’aise.

Suite dans le prochain billet
illustration : Annette Messager "faire des cartes de France", 2000
photographies du site officiel et de l'auteur
 
   
   
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26 mai 2006 5 26 /05 /mai /2006 07:00



*avril 1968 :
apparition des Shadoks



*mai 2006 :
disparition de Claude Piéplu




nous t'aimons

image extraite du site les shadoks.com
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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 07:00



Excès d’honneur, excès d’indignité.
 

L’art contemporain, dans sa réception par la critique comme par le public, est décidément voué à ces deux écueils. La critique a renoncé à toute évaluation, le public à toute compréhension, l’esthétique à toute légitimation.

Assurément, arguant de l’introduction d’un urinoir dans un musée par Duchamp, les artistes prétendent décider seuls de ce qui est une oeuvre d’art, grâce à la subversion de tous les critères établis du jugement esthétique.

Cette subversion fait désormais l’objet d’une subvention attentionnée par les musées d’État et les galeries, soucieux de prouver leur libéralisme à une critique aveuglément acquise le plus souvent. Ce jeu ambigu, fait de complicité et d’antagonismes, artistes et institutions s’y livrent depuis les années soixante. Les structures mêmes de l’art en ont été radicalement modifiées.
Plus que jamais, pourtant, bien que l’alliance de la subversion et de la subvention vise à le mettre hors jeu, le jugement esthétique demeure nécessaire. Objet industriel détourné ou dupliqué, intervention militante, proclamation politique, une oeuvre n’est d’art que si la qualité artistique qu’elle ambitionne peut être justifiée et partagée. Symbole, elle est irréductible à un symptôme ; objet de jugement, elle ne relève pas de la simple préférence de chacun.
Il est donc urgent, aujourd’hui, tout autant de prendre les ambitions des artistes en considération que d’élaborer à nouveaux frais une argumentation esthétique attentive à la logique interne de l’oeuvre contemporaine, à la fois profane et distincte du principe de plaisir, exigeante sans prétendre à la vérité absolue, libre d’obligations sociales mais susceptible d’être l’enjeu de critiques rigoureuses.

SUBVERSION ET SUBVENTION Art contemporain et argumentation esthétique
4e de couverture. NRF essais GALLIMARD, 1994
Rainer Rochlitz, philosophe (décédé en décembre 2002)

illustration : Jean-Pierre Raynaud, Objet-drapeau (photo : philippe chancy)
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24 mai 2006 3 24 /05 /mai /2006 07:00
  Textes, biographies et citations sont régulièrement soumis à la lecture des visiteurs d'expositions. Lettres peintes directement sur le mur.

Je n'oublierai jamais ce qui se lie de violent et de merveilleux à la volonté d'ouvrir les yeux, de voir en face ce qui arrive, ce qui est. Et je ne saurais pas ce qui m'arrive, si je ne savais rien du plaisir extrême, si je ne savais rien de l'extrême douleur!


Préface de Madame Edwarda, Georges Bataille, 1956

Exposition Hans Bellmer, anatomie du désir
Centre Pompidou
1er mars-22 mai 2006

En un rectangle le noir et blanc tel que nous apparaît l'antique tragédie, Picasso nous envoie notre lettre de deuil : tout ce que nous aimons va mourir et c'est pourquoi il était à ce point nécessaire que tout ce que nous aimons se résumât, comme l'effusion des grands adieux, en quelque chose d'inoubliablement beau...
Michel Leiris
Exposition Dora Maar (salle cycle Guernica, La Femme qui pleure)
Musée Picasso
15 février - 22 mai 2006
   
   
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attraper les mouches

Fumier