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2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 07:00

Tout est en train de bouger. Et depuis un certain temps, déjà. Le cinéma est en passe d'occuper une place importante et légitime dans les lieux d'exposition. Il va s'agir de redéfinir sa place ; une place qui n'est plus celle qu'il occupait au siècle dernier. Nous sommes ciné-cernés : il y a actuellement à l’affiche :
¡ Almodóvar Exhibition ! , l’exposition consacrée au grand cinéaste espagnol, à la Cinémathèque française ;
il y a
aussi "Voyage(s) en utopie, l’exposition montée par et pour J.L.Godard au centre G.Pompidou où l’on peut voir également celle intitulée Le mouvement des images qui met en scène une partie des collections du Centre organisée d’un point de vue particulier qui est celui produit par notre relation au cinéma. Notre vision du monde et celle plus particulièrement appliquée à l’art et aux arts plastiques a été considérablement modifiée depuis la naissance et le développement du cinéma.
Après la photographie, le cinéma rentre de plain-pied dans l’imaginaire et l’espace de l’exposition. Il fait partie des arts plastiques à part entière et à ce titre mérite d’être exposé selon la tradition des arts visuels. Mais son mode de restitution pose d’emblée des problèmes : il n’est pas possible “d’exposer” le cinéma comme on expose des toiles ou des objets d’art habituels.
C’est un sujet ambitieux, mais très actuel. Il s’agit de ne pas oublier cette composante des arts plastiques comme l’a fait encore récemment la grande exposition La Force de l’art.

J’aurais pu vous parler du Volver d’Almodóvar qui m’a bouleversé, de Marie-Antoinette de Sofia Coppola qui est un objet extrêmement intéressant. Pourquoi pas du C.R.A.Z.Y. (vraiment fou) du réalisateur canadien, Jean-Marc Vallée ? Ou enfin du Caïman de Nanni Moretti…

Et bien non. Rien de tout cela. Je vais vous parler de…

(suite au prochain billet)


photographie pour Volver extraite
du site fluctuat.net
photographie pour Marie-Antoinette extraite du site Allociné.fr

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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 07:00
Pierre Radisic (2)

Après une interruption d'image (s) qui a duré huit jours et des raisons tout à fait sérieuses de vous abandonner, je remets le nez dans le blog et dans ma boîte à lettres et là, une belle surprise m'attend. Vous vous rappelez sans doute ma promesse de dénicher d'autres images, d'autres photographies de Pierre Radisic ? Bon, je n'ai pas eu le temps ni l'occasion mais quelqu'un l'a fait pour moi. C'est Pierre Radisic lui-même qui m'envoie cette photographie étonnante, de la même série des couples qui se ressemblent mais travaillée à la manière de 1/2 portraits verticaux réassemblés.
Je remercie Pierre Radisic pour cet envoi et je vais quand même essayer de fouiner dans mes affaires pour en retrouver d'autres...
Et ensuite on pourra passer aux triplés ?
Non, non, vraiment non. Pourtant, si l'on cherche bien, chez Diane Arbus, il y a une merveilleuse photographie de triplettes...

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 07:00

Pierre Radisic,
série Couples
1982

Punaise, la vie ça te joue des sales tours : il y en a, à force de vivre ensemble, ils finissent par se ressembler. Ou alors, c'est peut-être bien le contraire ? Tellement narcissiques ou inquiets de leur personne qu'ils cherchent l'autre, le (la) même, mais dans le sexe opposé.
Pierre Radisic a traqué ces couples qui se ressemblent. J'en ai un en réserve, le voici, et si j'en trouve d'autres (j'ai, oui, j'ai dans mes archives...) je vous les livre. Rigueur dans la prise de vue, espèce de "neutralité". C'est drôle et un peu inquiétant, non?

photographie : je vous l'ai dit, mes archives, mais, au juste je ne sais plus. Peut-être un vieux Photographie Magazine (Magazine qui a malheureusement disparu. Dommage)
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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 07:00
Vibeke Tandberg
Living Together (1996)

Vibeke Tandberg est d'origine norvégienne, née à Oslo en 1967.
Comment ne pas citer cette artiste lorsqu'on évoque la figure du double ?
Living Together, c'est le titre de la série à laquelle appartient cette photographie à gauche. Ces deux soeurs, ces jumelles que vous voyez ne sont en fait qu'une
seule personne : Vibeke elle même.
Il ne s'agit évidemment pas de réduire le travail de cette artiste à la fabrication de doubles numériques soigneusement exécutés. Le travail de Vibeke Tandberg est beaucoup plus complexe que ça et Living Together est une série qui fait partie d'une démarche artistique qu'elle développe depuis des années autour du problème de l'identité.



Vibeke Tandberg est connue pour ses transitions subtiles et ses mensonges à peine perceptibles. Dans Living Together (1996), le plaisir fascinant que le spectateur éprouve en échappant de justesse à la duperie est précisément ce qui l'attire. Les techniques de montage les plus élaborées ne laissent transparaître aucune "ficelle", créant l'illusion parfaite de la présence de deux personnages identiques dans le même espace photographique.
Seule la certitude intellectuelle que les deux personnes visibles sur la photographie sont l'artiste elle-même permet de démasquer le mensonge. Grâce au collage, Tandberg a la possibilité de réunir des histoires différentes sur une même image.
photographies issues du site : artnet.com
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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 07:00
    Arbus et ses doubles


Inadvertent double exposure of a self portrait and images from Times Square
N.Y.C. 1957

Dans les photographies de Diane Arbus la question du double va se manifester de différentes manières.

Cette question du double qui préoccupe l'artiste va être déclinée comme ceci :

-Photographier deux êtres singuliers, mais identiques, dans un même espace et au même moment. C'est le cas des jumelles de type monozygote dont l'une est visuellement le double parfait de l'autre (Kathleen and Coleen)
Teenage couple on Hudson street, N.Y.C. 1963
Two ladies at the automat, N.Y.C. 1966
The King and Queen of a senior citizens' Dance,, N.Y.C. 1970 Untitled, 1970
collection du
Groninger Museum
Blind couple in their bedroom, Queens, N.Y.C. 1971

 
qui sont représentées l'une à côté de l'autre, dans un décor vide (évacuant ainsi le moindre élément décoratif qui pourrait distraire le regard), dans la même position, de manière frontale, sans aucun artifice, si ce n'est (et ça n'est pas rien) l'exacte duplication de leur costume.

-L'autre utilisation de Diane Arbus mettant en scène le double est la photographie de couples. Or, il ne s'agit pas d'être deux, rassemblés sur une même photographie, pour indiquer le double. Lorsque l'on regarde les photographies de couples de Diane Arbus, le mimétisme est toujours présent ou cherche à forcer le regard ; qu'il s'agisse de deux hommes, de deux femmes ou bien d'un homme et d'une femme. La duplication, le bégaiement du singulier vont jouer.
Si l'on reprend les exemples cités plus haut:

 
1. Teenage couple on Hudson Street, N.Y.C. 1963,
(une femme /un homme) :
-une position frontale, l'un à côté de l'autre, sans hiérarchisation.
-des enfants déguisés en adultes, avec un point de vue en légère plongée comme pour indiquer la position dominante du photographe,
-la maigreur des corps qui les rassemblent et font qu'ils se ressemblent,
-l'espèce de mimétisme des visages (si l'on inversait les signes vestimentaires et les coiffures on ne saurait plus distinguer le masculin du féminin).
Le trouble que provoque cette photographie repose sur des éléments très ténus. Notons que, comme pour les jumelles, on a une absence de décor.

2. The King and Queen of a senior citizens' Dance, N.Y.C. 1970, (une femme/un homme):
-Deux corps assez semblables,
-deux positions identiques,
-deux mêmes expressions sur leur visage,
-le port des lunettes, dans les deux cas, qui donne une unité,
-des costumes à la fois identiques et complémentaires,
-un dispositif quasiment documentaire ou policier : frontalité de la prise de vue, flash puissant (avec double ombres portées parallèles et sombres, comme pour amplifier le dédoublement),
-une absence totale de décor qui vise à recentrer le regard dans la comparaison des deux figures.


3.Two ladies at the automat, N.Y.C. 1966,
(deux femmes)
Il s'agit quasiment de la déclinaison d'un même personnage même si en réalité on a affaire à deux individus différents :
-même expression,
-visages ressemblants : même coupe de cheveux, même dessin du surlignage des sourcils, boucles d'oreilles,
-même forme de chapeau (d'ailleurs un peu particulier dans les deux cas),
-même vêtement (la coupe, le motif),
-bracelet de montre,
-la cigarette arborée dans l'élan d'un même geste fonctionnant en miroir.

4. Untitled, 1970,
(deux femmes)

-même schéma corporel,
-excentricité similaire du vêtement avec "un double redoublement" d'effets vestimentaires des parties haute et basse : chapeau et chaussettes identiques,
-même hilarité,
-même bouche édentée,
-là aussi, une quasi absence de décor qui est évacuée dans l'ombre grâce à l'utilisation du flash puissant qui surexpose légèrement les sujets.

5. Blind couple in their bedroom, Queens, N.Y.C. 1970,
(un homme/une femme) :
Celle-ci est extrêmement troublante et porte plus loin la complexité dans l'implication humaine et professionnelle de l'artiste :
-le vide associé à la prégnance de leur regard les rassemble dans une ressemblance de sujets qui prennent la pose de manière ostentatoire.
Le couple, mélé dans un geste à forte connotation amoureuse, "regarde" l'objectif de la photographe sachant qu'ils ne verront sans doute jamais cette photographie. C'est, peut-être une sorte de vanité, de ce point de vue.
Le décor joue ici un rôle qui me semble important : le lit est le lieu de l'amour (en référence au geste pré-cité qui scelle le moment) mais également celui du sommeil (de la petite mort), le lieu où l'on ferme les yeux.
La lumière haute (ce rectangle violent en haut à gauche) est aveuglante pour nous qui regardons ce couple, ce double aveugle qui lui ne nous voit pas.
Ce corps unique, formé par deux, est très soigneusement architecturé : ils forment un triangle très régulier ; une sorte d'équilibre géométrique. Donc un triangle, à deux.
1 + 1 =3 . C'est, d'ailleurs, ce que dit Godard. Et effectivement, 1 image + 1 image, ça ne fait pas 2 images mais bien une troisième car la confrontation de ces deux images produit du sens en dehors d'elles-mêmes, dans la création mentale d'une troisième.
Le double réuni en une seule figure.
Et une figure qui n'est pas neutre pour un(e) photographe puisque l'artiste photographie ici la cécité. Voir constitue un essentiel : pour un photographe, comme pour un peintre, la vue est non seulement son outil mais sa raison de vivre.  

 
-La troisième mise en scène du double dans la photographie de Diane Arbus est le procédé appelé double exposition et qui va intégrer ici l'autoportrait : deux prises de vue sont faites sur le même négatif, ce qui à la fois va créer, de manière assez aléatoire, du sens et de la poésie. Le fait d'intégrer son propre visage, en autoportrait, met en scène un univers mental, quelque chose de l'ordre de la pensée ou du rêve.

 
-Et enfin, la quatrième mise en scène du double est plus complexe ; c'est celle pratiquée dans la photographie Diane Arbus 5x7 double self-portrait with her infant daughter, Doon, 1945.
Ici, Diane Arbus se représente en compagnie de sa fille encore bébé qu'elle tient dans ses bras. Si la photographie n'était que cela, ce serait une photographie banale, comme celles qui peuplent nos albums familiaux. Or, il s'agit d'un autoportrait (c'est une partie du titre). La démarche consistant à s'autoportraiturer est déjà une démarche particulière (il est quand même plus simple et plus courant de demander à une tierce personne de se charger d'appuyer sur le déclencheur). C'est d'autre part un autoportrait qui intègre quelqu'un qui est sa fille et qui pourrait être considérée par Diane Arbus comme sa duplication, au moins le prolongement d'elle-même. Et enfin, ce qui constitue la partie la plus complexe, si l'on décide d'imaginer l'intention qui habitait l'artiste au moment de la fabrication de cette image : cet autoportrait est constitué de deux prises de vue différentes, réunies sur un même support, une même plaque photographique comme s'il s'agissait pour Diane Arbus de jouer sa propre jumelle, les deux identités figurant côte à côte, à l'instar du célèbre portrait de Kathleen et Coleen. Mais on est dans une abstraction puisque cette photographie présente un écart à la fois dans le temps (deux prises de vue intégrant un temps qui les séparent) et dans l'espace (deux points de vue légèrement différents).

 

D'autres régimes mettant en scène le double chez Diane Arbus sont à explorer ; un seul exemple, assez drôle d'ailleurs :
-la série qu'elle a faite sur les prétendus sosies, intitulée People Who Think They Look Like Other People, publiée en octobre 1969 et qui mériterait qu'on s'y attarde.



 

photographies extraites du catalogue Revelations, Ed. Schirmer/Mosel, München,2003
excepté Untitled, 1970, site du Groninger Museum

excepté People Who Think... :
publié dans Nova pour illustrer l'article « People Who Think They Look Like Other People »
© 1969 The Estate of Diane Arbus, LLC

 
         
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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 07:00
Disfarmer, photographe américain


Disfarmer : juste un clin d'oeil à Laurence...

"In the small mountain town of Heber Springs, the Arkansas artist known as Disfarmer captured the lives and emotions of the people of rural America between 1939-1945. Critics have hailed Disfarmer's remarkable black and white portraits as "a work of artistic genius" and "a classical episode in the history of American photography."


page d'accueil du site disfarmer.com
Ouah !...

photographie, children001, extraite du site : www.disfarmer.com/.
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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 07:00
  all work and no play makes jack a dull boy,
all work and no play makes jack a dull boy,
all work and no play makes jack a dull boy,
all work and no play makes jack a dull boy,
all work and no play makes jack a dull boy,


Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver,  sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre  de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don  de médium, le "Shining", est effrayé à  l'idée d'habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles événements passés...
C'est bien sûr Shining de Stanley Kubrick, film dans lequel nous rencontrons ces deux fillettes. 
Ce plan est évidemment une citation de la photographie de Diane Arbus.
Dans le film, l'univers du petit garçon est peuplé
d'hallucinations. Tout est affaire de réminiscences visuelles. Nous allons également retrouver les personnages décalés,  la beauté simple et bancale, des espaces vaguement ou franchement inquiétants comme cet hôtel  parfaitement symétrique qui abrite le chaos de l’esprit  de l’artiste dément.
   
photographie extraite du site : http://www.archiviokubrick.it/
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16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 07:00
Diane Arbus,
Double Self-Portrait
With Infant Daughter, Doon,
1945

Diane Arbus fait un autoportrait avec sa fille Doon. Il s'agit d'une double prise de vue, faite à la chambre, sur une plaque unique
(observer les contours du tirage). Ce n'est pas une photographie de type stéréoscopique comme il en existait au début du XXème siècle : les deux vues sont différentes donc un temps s'est écoulé entre les deux prises.
Les deux points de vue ne sont pas identiques non plus. Et pourtant le support unique va rassembler ces deux moments. Quelle peut bien être la motivation de l'artiste ? L'autoportrait, le self-portrait fait référence à soi, à l'unique, à l'unité de l'auteur. Diane Arbus dans cette photographie se présente comme la "jumelle" d'elle-même, au delà du fait qu'elle se représente avec sa fille qu'elle considère sûrement comme son double.
La forme de cette oeuvre en dit long sur cette préoccupation qu'avait la photographe du problème du double, du bégaiement de l'image et de l'individu.
D'autres photographies de Diane Arbus en portent les stigmates.
photographie empruntée au site : http://faculty.lacitycollege.edu/auerbala/Arbus/Arbus.html
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16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 07:00
   Diane Arbus,
"double exposure"

 
J'ai évoqué, dans le billet précédent, cette  photographie  : "Kathleen and Coleen, Roselle, New Jersey" que Diane Arbus a prise en 1967.
J'ai une admiration sans bornes pour l'immense artiste qu'était Diane Arbus. Donc mon point de vue sera partial. Toujours partial, concernant Arbus. Là, vous êtes prévenus.
Et bien, j'ai trouvé dans le Washington Post un article de David Segal évoquant les fameuses jumelles retrouvées, trente-huit ans après. Elles posent ici en arborant cette célébrissime photographie.
   
   
photographie : Helayne Seidman - For The Washington Post
 
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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 07:00
Rogen Ballen,
la photographie et le double


Une exposition vient de se terminer
le 21 mai 2006 : celle du photographe sud-africain, Rogen Ballen. C'était à la Bibliothèque Nationale de France, sur le site Richelieu.

Ce travail est fascinant pour toutes sortes de raisons et il y aurait tant à dire sur chacune de ces photographies ainsi que sur l'ensemble de ce corpus constitué d'oeuvres si particulières et que nous découvrons année après année.
Les hommes et les femmes que cet artiste photographie sont des Africains, mais blancs (essentiellement) ; et des blancs pauvres. Ce qui n'est pas si courant en Afrique. Ces êtres à la marge occupent des corps généralement dégradés à l'instar du décor dans lequel Roger Ballen les fait poser. Ces corps sont tordus ou vautrés mais le dispositif du photographe fait qu'ils sont systématiquement en harmonie parfaite avec ce qui les entoure.
Le bestiaire qui habite ces images appartient lui-aussi à un registre très décalé : lapin paraissant empaillé, chiots quasi foetus, poulets morts, rats, dinosaure en plastique ou porc de compagnie sur les genoux d'un homme qui lui ressemble étrangement, comme s'il était son double.
Et justement, ce thème du double traverse de manière trouble les images si étranges de Ballen; la photographie qui ouvrait véritablement l'exposition était celle intitulée "Dresdie and Casie, twins" (en haut), 1993. Le ton est donné : deux hommes jumeaux, au regard absolument inquiétant, aux oreilles démesurément décollées, la bave coulant de leur bouche, maculant ainsi leur chemise déjà sale, sont photographiés côte à côte, plantant sauvagement leurs yeux dans les miens. Le tirage photo est très grand et d'une grande qualité. L'effet de présence, dû à la frontalité est radical.
Il faut dire que dans le sas de cette exposition était présentée "Cathleen and Coleen, Roselle, New Jersey", la célèbre photographie de Diane Arbus représentant deux fillettes, elles-mêmes jumelles, et également de manière frontale. La fraîcheur du visage de ces fillettes ne parvient pas, toutefois, à débarrasser cette image d'un vague côté tératologique, tant le double est parfait, les robes sont noires et identiques et la frontalité de la pose fonctionne comme une barrière. Les images du double, notamment en photographie (qui est déjà le médium du double), occupent une place très particulière et savent déranger et perturber comme aucune autre.
Le double aurait-il la vocation de créer des monstres?

photographie des jumeaux extraites du site de la BNF
photographie de l'homme au cochon extraite du site de la galerie de Robert Klein
photographie de Diane Arbus extraite du site Artnet
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attraper les mouches

Fumier