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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 07:00
    David Shrigley
galerie Yvon Lambert, jusqu'au 27 janvier



                   

Organisation de la vie d’artiste : « Je me lève vers 9.00 du matin, je me couche à minuit et entre-temps je suis éveillé. » (dixit David Shrigley).
 
Le 24 octobre, j’écrivais dans un billet intitulé Hate :
«David Shrigley est un type de près de deux mètres de haut. Une vision de périscope déformant sur le monde. Artiste écossais déguisé en panoptique-déconnant, il joue les raccourcis féroces et organise les dérèglements. Fout des courts-circuits dans les images à l'aide des mots (ou c'est peut-être bien le contraire ; ou l'inverse du contraire, ou le contraire dans l'autre sens. Justement, à ce propos, le non-sens c'est  son affaire).»
 
D.S. c’est ça. Mais c’est encore totalement autre chose. Les dessins qu’il accroche aux cimaises des galeries sont maladroits. Mais une maladresse d’une grande maîtrise. La maladresse élevée au rang de savoir-faire !

Il écrit dans ses dessins. Parfois l’écriture remplace complètement le dessin. C’est mal écrit. Les mots sont raturés, biffés, hésitants, ratatinés au bout de la page. Et ce qu’ils racontent ces mots c’est amusant et franchement sinistre à la fois,….quelquefois («des fourmis baisent dans ta bière»). C’est tendre et laid, d’autres fois («viens jouer à saute-mouton»).
 
                   
C’est souvent étrange et décapant. Nos petites phobies d’enfants que l’on traîne jusque dans nos têtes d’adultes, il les épingle, mine de rien. Nos petites habitudes étriquées de la mince folie du quotidien, tiens, tiens…non, ce petit avorton mal foutu, aux orbites creuses, aux bras d’insecte, ça ne me ressemble pas (ouf !). C’est inquiétant, radical et léger. Une cruauté de l’ordinaire. Un banal de l’absurde. Des traits grossiers qui capturent le bancal. Mais ça fait rire.
                   







                   
Ca fait rire comme ce petit film d’animation très court, projeté au sous-sol de la galerie (Le Studio) : la petite histoire cruelle et décalée d’un type qui va à la laverie et met son cheval dans la grosse machine à laver. Le gérant lui fait remarquer le panneau : pas de chevaux dans les machines à laver ou dans les sèche-linge». Lui, ne veut pas interrompre le cycle de lavage pour ne pas perdre son argent. Menace du patron, etc.
Le dessin est le même, enfantin, mal proportionné, d’une radicalité dans la simplicité. En revanche le son est extrêmement soigné.
C’est drôle. Absurde et drôle.


Ce type ne peut pas le faire exprès. Mais bien sûr qu'il le fait exprès. Ou plutôt, peut-être qu’il ne peut pas faire autrement, alors il en remet ; il cultive le raté, l’énorme, le mal foutu, le trait grossier, à l’image de ce qu’il raconte sur son incapacité à bien dessiner les femmes dans le magazine berlinois Mono.kultur : « C’est bien plus facile de dessiner des avortons que des gens très beaux. Je ne suis pas doué pour dessiner les femmes ; du coup j’ai fini par dessiner beaucoup d’hommes difformes.»
                   
David Shrigley sévit à nouveau chez Yvon Lambert : YOU AGAIN ! Et c'est un réel bonheur.
                   
photographies de l'auteur



A la galerie Yvon Lambert (Le studio) jusqu'au 27 janvier 2007


                   

                 

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Published by holbein - dans espace-holbein
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