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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 07:00
           Gary Hill

Fondation Cartier, Paris


L’espace est plongé dans une sorte d'obscurité vague. Le son est fort, aléatoire, et nous parvient déjà de l’autre salle. Un son de claquement, vif, très puissant et sec. Agressif .
Le dispositif que nous découvrons en entrant dans l’espace de Frustrum  est imposant aussi bien du point de vue de sa forme, de son format que de sa thématique :
 Un immense aigle brun, image de synthèse animée, gesticule, emprisonné dans un pylône électrique placé à l’exact milieu d’un vaste et impressionnant  écran à fond noir. Image parfaite, métallique, symétrique. Deux cables électriques sont tendus de chaque côté de ce triangle de métal. L’aigle se débat, bouge la tête, frappe de ses ailes les cables qui ondulent violemment et dangereusement en produisant un bruit énorme, une sonorité d’une égale violence de celle que nous voyons dans cette image projetée. Des bruits de fouet, qui claquent, amplifiés, inquiétants, assourdissants.
Un très large bassin fait face à cet écran : une surface d’huile noire reflète l’image de l’aigle qui à chaque claquement va voir son reflet se déformer réellement et de manière subtile du fait de l’onde sonore strillant l’espace.
Une lumière dorée, d’un jaune incandescent, un rectangle chaud et vif, une parcelle  de beauté étrange se détache au centre de cette mer d’huile noire et rectangulaire. Il s’agit d’une sculpture en or. Du bord du bassin, l’on perçoit un texte inscrit dans le métal précieux ; un texte illisible.
Le petit escalier latéral qui mène à l'étage supérieur nous conduit directement à l’écran qui révèle l’image en gros plan de cette sculpture d’or, nous permettant ainsi de lire ce qui y est gravé :


FOR EVERYTHING WHICH IS VISIBLE IS A COPY OF THAT WHICH IS HIDDEN




Il s'agit là d'une installation somptueuse, d'une grande puissance alliant les sens à l'intelligence. Cette œuvre, d'une rigueur, d'une exigence impressionnantes, qui utilise des matériaux symboliquement forts, exerce une énorme pression sur l'imaginaire. Ses conditions de réception sont extrêmement bien pensées.

La Fondation Cartier présente deux installations de Gary Hill, spécialement produites par l'artiste pour la circonstance. L'une est Frustrum, l'autre s'intitule Guilt, une sorte de jeu sur le point de vue et la symbolique, mettant en scène des lunettes astronomiques pointées sur des pièces d'or.

Une autre artiste est présentée en ce moment boulevard Raspail : il s'agit de Tabaimo, une jeune artiste japonaise.

Ces expositions se terminent le 4 février 2007.










photographies extraites du site de la Fondation Cartier et du site paris-art.com











                 

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Published by holbein - dans espace-holbein
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