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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 07:00
  Georges Perec
dépeindre


Un cabinet d’amateur du peintre américain d’origine allemande Heinrich Kürtz, fut montré au public pour la première fois en 1913, à Pittsburgh, Pennsylvanie, dans le cadre de la série de manifestations culturelles organisée par la communauté allemande de la ville à l’occasion des vingt-cinq ans de règne de l’empereur Guillaume II.
 
Pendant plusieurs mois, sous les triples auspices du quotidien Das Vaterland, de l’Amerikanische Kunst Gesellschaft, et de la chambre de commerce germano-américaine, ballets, concerts, défilés de mannequins, semaines commerciales et gastronomiques, foires industrielles, démonstrations gymniques, expositions artistiques, pièces de théâtre, opéras, opérettes, revues à grand spectacle, conférences, grands bals et banquets se succédèrent sans interruption, offrant aux germanophiles accourus tout exprès des quatre coins du continent américain la primeur de spectacles plus ambitieux les uns que les autres, dont les trois clous furent sans conteste une intégrale en plein air du Second Faust (que la pluie vint malheureusement interrompre au bout de sept heures et demie), la création mondiale de l’oratorio de Manfred B. Gottlieb, Amerika, dont l’interprétation exigeait deux cent vingt-cinq musiciens, onze solistes, et la première à Pittsburgh de Das Gelingen, une opérette étourdissante spécialement importée de Munich avec ses deux célèbres créateurs, Théo Schuppen et Maritza Schellenbube.

  Georges PEREC

Un Cabinet d'Amateur, Éditions Balland, 1979, p9


 Un Cabinet d'Amateur, est un petit livre d'une centaine de pages en format poche : il s'agit sans doute, d'une «fausse affaire de faux tableaux».
Il faut attendre la dernière phrase du livre pour comprendre de quoi il s'agit.
Ce qui est intéressant c'est que Perec nous promène dans une pinacothèque érudite vertigineuse, troublante et...imaginaire.

J'en parle demain (enfin, peut-être.)

                   
illustration : la photographie, je ne sais plus d'où elle vient et fait tout simplement partie de la petite collection d'images des gens que j'aime.
                   

                 

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Published by holbein - dans espace-holbein
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commentaires

holb 06/01/2007 16:54

J’ai également beaucoup de goût pour Italo Calvino mais pour moi Perec reste fascinant ; le jeu de construction, l’humour et l’air «de ne pas y toucher» n’y sont pas pour rien.

pop 05/01/2007 19:24

C'est le 1er livre de Perec que j'ai lu et qui devait initier une grande série de lectures. Proche comme teneur du voyageur de l'hiver(lire l'autre oulipien Calvino avec si par une nuit d'hiver un voyageur..), il m'avait inspiré ma première grande installation..

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