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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 07:00
  Le Cabinet du Docteur Caligari
ombres


Ne dis jamais devant un tableau expressionniste que la maison y semble un peu bancale. Car ce n’est pas une maison, c’est un tableau.

Rudolf BLÜMNER 
Comment se comporter dans un exposition
Dans Die Quirsanze, repris dans Der Sturm (avril 1921)
  
 Il va
en effet se passer  quelque chose d’étonnant pour un film et c’est peut-être la seule fois que cela se produira dans l’histoire du cinéma :  les scénaristes vont faire appel à un décorateur (Hermann Warm) qui lui même demandera à deux peintres (Walter Reimann et Walter Röhrig, du Sturm) de travailler pour lui et ce film sera imaginé, fabriqué autour d’un décor. Ce décor, loin de se fondre dans l’histoire va prendre une part active et surdéterminer ce qui va se dérouler tout au long de la projection. Les rues sont tordues, les maisons sont bancales, les plans sont systématiquement obliques, les contrastes sont violents, même les lumières et les ombres sont peintes sur le sol. La conception du film sera proprement picturale sans aucune volonté de donner la moindre dimension crédible ou réaliste aussi bien aux différents espaces représentés qu’à une histoire qui sera à la fois délirante, morbide, extravagante et d’une étrange beauté. Le récit est en effet délirant, ce qui explique la forme délirante du film.

Le film,  Le Cabinet du Docteur Caligari, commence dans une cour. Deux personnages sont assis sur un banc et conversent. C’est un extérieur et l’on a néanmoins l’impression d’un monde clos. Fermé. Vaguement inquiétant. Un jeune homme raconte une chose qu'il a vécue il y a longtemps, un événement étrange : un jour qu’il se promenait dans une foire, il remarque un homme qui exhibe une créature apparemment sous hypnose. Cet homme, au physique et au comportement étonnants, cet homme étrange qui va traverser le film, c’est  le docteur Caligari (Werner Krauss). L’étrange créature qu’il manipule, c’est Cesare (Conrad Veidt, acteur tout à fait extraordinaire) qui sous la coupe de Caligari va commettre des crimes ...
Le Docteur Caligari dans son numéro de foire annonce que Cesare va ouvrir les yeux pour la première fois devant l'auditoire rassemblé dans cette pièce sombre. Il s’agit du premier regard et il va s’éveiller au monde. On apprend que Cesare est évidemment capable de prédire l’avenir une fois éveillé… Mais la prédiction devient malédiction. Un participant se prête au jeu des questions et la première qui lui vient à l’esprit est : «Combien de temps me reste-t-il à vivre ? ». Cesare lui répond : «Tu as jusqu’à l’aube». Au matin, le jeune homme sera poignardé.
Cesare, la créature somnambule sortie du sarcophage,  va voir le monde pour la première fois  mais il va être effrayé. Le cadrage serré, le regard caméra vont contribuer à transmettre cette panique.
 

Bon, lecteur inquiet, je te raconte pas tout. On verra demain (fais gaffe à ton ombre et passe une bonne nuit).
         
 
         
illustrations : photogrammes du film une affiche (d'époque)du film et un dessin préparatoire

Voir l'exposition à la  Cinémathèque française (Paris), 
Le cinéma expressionniste allemand, splendeurs d'une collection
         

       

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Published by holbein - dans espace-holbein
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