Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 07:00
  Schätten
ombres

Le Montreur d'Ombres, Schätten est un film de 1922. Un film expressionniste. Allemand. Les ombres, maléfiques, rédemptrices ou guérisseuses, en sont les protagonistes. Mais pourvoyeuses du rêve, de toute évidence. Peut-être une sorte d'allégorie moderne du cinéma .

L’action se déroule dans une petite ville à l’époque du Directoire. Des amis sont conviés à dîner chez un baron (Fritz Kortner) (ou un comte ?) particulièrement jaloux. Il est vrai que tous recherchent les faveurs de sa femme (Ruth Weyer), créature séductrice et coquette. Il est certain que l’un des invités est son préféré, mais on ignore s’il est son amant. Tous sont assis autour d’une table somptueusement garnie, s’épiant mutuellement – les soupirants entre eux, le mari et les soupirants – à la lumière des candélabres.

C’est alors qu’arrive une sorte de batteleur, jongleur et illusionniste (Alexander Granach) qui propose son art pour égayer cette soirée. Il désire projeter sur le mur, avec des chandelles, des jeux d’ombres – celles des personnages assemblés. En fait, il a immédiatement senti les conflits qui existaient entre les personnages et se propose de les exorciser. Ayant mis en état d’hypnose toute l’assemblée, il fait surgir à travers leurs ombres, les mobiles les plus cachés qui les animent. Ces ombres, qui se substituent aux personnages réels vont accomplir des actions d’une rare violence. La baronne part avec son amant, le mari le tue en duel et, après avoir fait fouetter sa femme ligotée par un valet, il sombre dans la folie furieuse. Le montreur d’ombres arrête alors le spectacle, réveille les personnages. Les ombres quittent le mur et se fondent une à une avec les êtres de chair qu’elles ont remplacés l’espace d’un rêve. Le baron jette quelques écus à l’illusionniste qui disparaît dans la nuit. Réveillés, les personnages se regardent sans oser croire ce qu’ils ont vu. Les soupirants s’éclipsent, la baronne ne cache pas son amertume et sa déception.

Ce texte est le résumé du film établi par Jean-Michel Palmier dans son livre L'Expressionnisme et les arts, Éditions Payot, Paris, 1980, p276
         
Film : Allemagne, 1922, 62 Min,
Réalisation: Arthur Robison
Scénario: Arthur Robison, Rudolf Schneider
camera: Fritz Arno Wagner
Décors : Albin Grau
avec
: Fritz Kortner (le mari); Alexander Granach (Mesmeriste); Ruth Weyher (la femme); Gustav von Wangenheim (l'amoureux); Max Gülstorff, Eugen Rex and Ferdinand von Alten (les soupirants); Fritz Rasp (le valet); Lilli Herder (la servante); Karl Platen.
musique: Uwe Oberg (Piano)

         
Tu as de la chance, lecteur curieux et émerveillé : aujourd'hui le Montreur d’ombres, c'est moi ! En effet, je t'offre une séance de cinéma à domicile (1h02) : tu vas pouvoir voir Le Montreur d'ombres entièrement, chez toi, bien calé dans ton fauteuil :

*********************
LeMontreur d'ombres*******************
 1 2 3 4 5

       

Partager cet article

Repost 0
Published by holbein - dans espace-holbein
commenter cet article

commentaires

holbein 02/12/2006 17:30

Merci pour ton commentaire sur Schätten, qui est un film sublime (malheuresusement il pixellise sur Google mais c'est mieux que rien). Si tu as le temps de le regarder, ne loupe surtout pas le moment, aux 2/3 où les ombres et les corps se rejoignent. C'est troublant et magnifique.

laurence 02/12/2006 11:44

C'est génial, je me demandais en lisant le résumé si le film existait en DVD et zou, bien mieux, version gratuite de Google (je savais même pas que google faisait des vidéos, je dois pas passer encore assez de temps sur Internet ;-)Merci m'sieur holbein ! Je le regarderai plus tard, dans la semaine (j'en frémis d'avance, je laisserai toutes les lumières allumées, pour chasser les ombres...)

attraper les mouches

Fumier