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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 07:00
PARIS-PHOTO 2006


Aujourd'hui commence PARIS-PHOTO. Cette manifestation annuelle se déroule au Carrousel du Louvre et c'est toujours un grand plaisir de s'y rendre. Hier, c'était le vernissage et comme d'habitude, ce jour-là, il y a beaucoup de monde. Pour pouvoir admirer confortablement, il fallait être là avec la presse, avant le vernissage, et là, c'était véritablement un confort et une délectation.
Entre le 16 et le 19 novembre, PARIS-PHOTO concentre tout ce qu'il y a de plus varié et de plus représentatitf dans le monde de la photographie du monde entier.
Aux côtés des 20 galeries françaises, les États-Unis, avec 20 galeries, constituent la première représentation étrangère, suivis de l'Allemagne et de l'Espagne (8), l'Angleterre et les Pays-Bas (5), l'Italie et la Finlande (3), le Japon, le Danemark et la Suède (2), et une représentation unique pour l'Autriche, la Belgique, la Chine, La Corée du Sud, l'Islande, la Hongrie, le Luxembourg, la Norvège, le Portugal et la Suisse.

Je crois avoir apprécié encore plus le millésime 2006 car, même si j'aime -aussi- la photographie historique ou patrimoniale, il se trouve que moins de galeries la représentait cette année, et ceci au profit de travaux plus contemporains, voire totalement nouveaux. Il ne s'agit évidemment pas d'apprécier ou d'avoir des penchants pour le nouveau par ce qu'il est nouveau mais il est toujours constructif de prendre le pouls de la création contemporaine et je trouve que les audaces et les avancées dans le champ de la photographie sont encore plus significatives que celles opérées dans ceux des arts contemporains, tous médiums confondus.









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Cette année, j'ai été particulièrement frappé par la présence annoncée et la qualité de galeries venant du nord de l'Europe qui présentaient des artistes vraiment intéressants. La photographie montrée en haut à gauche de l'article est une oeuvre de Heli Rekula qui est une artiste représentée par une galerie venant d'Helsinki, la galerie Anhava. Cette galerie Anhava est venue à Paris avec une seule artiste : Heli Rekula. Les travaux sont somptueux et la présentation est d'une grande rigueur. Un travail sur le Double (1), d'une grande réserve, est particulièrement intéressant.
Une autre galerie du nord, islandaise cette fois, présente des travaux de
Hrafnkell Sigurdsson (8, 9). Cet artiste reprend le format traditionnel du triptyque. Les panneaux sont évidemment manipulables : lorsque ceux-ci sont ouverts, les magnifiques paysages de la mer et de la terre enneigée islandaises apparaissent mais quand on les replie, un amoncellement de détritus en all over couvre les très belles images bleutées initiales. Très paradoxalement, la polychromie joue l'ambiguïté.

Je n'ai malheureusement pas pu admirer les photographies de
Eline Mugaas (10) de la Galerie Riis, Oslo (Norvège) qui était en plein accrochage...

En revanche, certaines photographies qui venaient de Suède (galerie Mia Sunderg de Stockholm) pouvaient être «écoutées» (12) : il s'agit de travaux d'Annèe Olofsson extraits de sa dernière série (12, 13) : « The conversation » (2006), présentée sous la forme d'une installation à Paris Photo, le spectateur découvre l'artiste pressant son oreille contre un mur (2), décoré d'un papier peint aux motifs floraux étouffants, écoutant une conversation privée, qui en retour peut être entendue par le spectateur s'il presse son oreille sur l'image. La bande son, diffusée derrière la photographie, est elle même un mélange de dialogues réels et de sons qui évoquent l'univers du papier peint qui tapisse la pièce où se tient l'artiste.
A noter la participation d'une galerie luxembourgeoise, la galerie Clairefontaine, exposant le travail d'un photographe paysagiste travaillant sur d'inquiétantes représentations d'un monde numériquement modifié (14).






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Pour la première fois, une galerie de Pékin (22) participe à cette manifestation internationale (la Photo Gallery Pekin) ; cette galerie attire beaucoup de visiteurs. Un interprète est constamment sur place. Des photographies évoquant le passé récent et douloureux de la Chine sont montrées, notamment ces deux exemplaires d'une série de Jiang Jian traitant des Archives sur les orphelins. Nous ne sommes pas dans la photographie documentaire ; ces deux productions (15, 16) se situent clairement ailleurs, même si elles traitent de l'histoire.
Pour la première fois également, une galerie sud-coréenne fait le déplacement. Il s'agit de la galerie Hyundai de Séoul qui expose deux grands artistes dont on a pu voir des oeuvres ces dernières années, en France : il s'agit du Coréen Bae Joonsung (32), connu pour être influencé par la culture artistique française et du photographe Chinois Wang Qingsong dont on a pu voir des oeuvres à Arles cet été (33).
La galerie japonaise Mem, située à Osaka présentait des artistes très singuliers. Voir la pièce assez étonnante de Yasumaka Morimura (3).
Une série, également particulière et drôle de l'artiste Thomas Allen de la Folley Gallery de New York joue sur des couvertures découpées de romans à deux sous (ou dix cents...). Les personnages semblent prendre vie et s'extraire des bouquins (17, 18, 19, 20, 21).
Quelques galeries espagnoles montrent des choses intéressantes : la galerie Olivia Arauna de Madrid et son artiste Jota Castro qui couvre un angle de mur de ses "Breaking icons" : des portraits de gens célèbres dont les photographies, encadrées, sont recouvertes de verre ayant encaissé des coups (4, 5, 6). Juana de Aizpuru est une autre galerie de Madrid qui expose de très belles photographies, mais certaines très connues, comme ce beau portrait en pied d'Alberto Garcia-Alix (7).

Parmi les galeries françaises, la Galerie Michèle Chomette qui présente un catalogue toujours exigeant de tous les artistes que nous avons l'habitude de voir au 24 de la rue Beaubourg ; la Galerie du Jour-Agnès B qui montre, pour notre grand plaisir, des artistes africains, devenus des références, comme Malick Sidibé ou Seydou Keita (34) mais également des artistes à découvrir comme ce photographe au prénom imprononçable, Szabolcs Barakonyi (25), sorte d'émule de Martin Parr. Et puis, évidemment la galerie Baudouin Lebon qui fait une prestation somptueuse avec, notamment, un espace totalement dédié à Joel-Peter Witkin (27, 28); mais qui n'oublie pas la dimension humoristique de la photographie avec Olivier Rebufa qui compose des scènes dans lesquelles il va s'intégrer en pied, au format et aux côtés d'une poupée Barbie (Le Bain) ou bien en Ange Gabriel, dans une Annonciation dont les constructions sont faites de pièces LEGO® (26)...

Un certain nombre de galeries des Pays-Bas présentent des oeuvres de premier intérêt à l'image de la Flatland Gallery d'Utrecht. Une série de l'artiste Rud Van Empel est assez étonnante : ce sont des oeuvres très colorées, très graphiques, un peu à la manière du Douanier Rousseau montrant des enfants noirs dans un univers végétal complétement imaginaire (29, 30, 31). Dans la même galerie, le travail d'un autre artiste, Erwin Olaf fait d'un assemblage de photographies et de vidéo (11).Oeuvre composite. Un combine ?
Quelques petits Loretta Lux attendent... (23, 24). Je ne sais plus dans quelle galerie des Pays-Bas.
La galerie Michael Hoppen de Londres montre d'étonnantes compositions grand format, avec modèles, de la série Abandon de Jeff Bark ainsi que des oeuvres de Desiree Dolron de la série, désormais célèbre, xteriors (35)

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La tournure que prend Paris-Photo me semble réellement positive. A l'inverse de la FIAC, qui s'est un peu tarie en cultivant les valeurs marchandes et patrimoniales, Paris-Photo s'est ouvert, et de plus en plus, à la culture et à la création vivantes. Pour preuve, il n'y a, pour le moment, aucune nécessité d'un véritable Paris-Photo «off».







photographies :

en haut : Heli Rekula, Stage I, 2006 120x160cm, galerie Anhava, Helsinski, photographie de la galerie
1.
Heli Rekula, The Double (Pietà), 2006 120x160cm, galerie Anhava, Helsinski, photographie de la galerie
2. Annèe Olofsson, The conversation, galerie Mia Sunderg, Stockholm, photographie de l'auteur
3.
Yasumaka Morimura, galerie Mem, Osaka (Japon), photographie de l'auteur
4. Jota Castro, galerie Olivia Arauna, Madrid, photographie de l'auteur
5. Jota Castro, galerie Olivia Arauna, Madrid, photographie de l'auteur
6. Jota Castro, galerie Olivia Arauna, Madrid, photographie de l'auteur
7. Alberto Garcia-Alix, galerie Juana de Aizpuru, Madrid, photographie de l'auteur

8. Hrafnkell Sigurdsson, Galerie i8, Reykjavik, photographie de l'auteur
9.
Hrafnkell Sigurdsson, Galerie i8, Reykjavik, photographie de l'auteur
10.
Eline Mugaas de la Galerie Riis, Oslo (Norvège), ambiance d'accrochage
11. Erwin Olaf, Flatland Gallery d'Utrecht
12. Annèe Olofsson, The conversation, galerie Mia Sunderg, Stockholm, photographie de l'auteur
13.
Annèe Olofsson, The conversation, galerie Mia Sunderg, Stockholm, photographie de l'auteur
14. Giacomo Costa, galerie Clairefontaine, Luxembourg,
photographie de l'auteur

15.
Jiang Jian, Archives sur les orphelins, Photo Gallery Pekin, photographie de l'auteur
16. Jiang Jian, Archives sur les orphelins, Photo Gallery Pekin, photographie de l'auteur
17. Thomas Allen,
Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur
18.
Thomas Allen, Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur
19.
Thomas Allen, Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur
20.
Thomas Allen, Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur
21.
Thomas Allen, Folley Gallery, New York, photographie de l'auteur

22. Photo Gallery Pekin
, ambiance, photographie de l'auteur
23. Loretta Lux,
photographie de l'auteur
24.
Loretta Lux, photographie de l'auteur
25. Szabolcs Barakonyi,
galerie du jour-agnès b, photographie de l'auteur
26. Olivier Rebufa, Annonciation,
galerie Baudouin-Lebon, photographie de l'auteur
27.
Joel-Peter Witkin, salle d'exposition, galerie Baudouin-Lebon, photographie de l'auteur
28.
Joel-Peter Witkin, Le Radeau de la Méduse, galerie Baudouin-Lebon, photographie de l'auteur

29. Rud Van Empel, Flatland Gallery, Utrecht,
photographie de l'auteur
30.
Rud Van Empel, Flatland Gallery, Utrecht, photographie de l'auteur
31. Rud Van Empel, Flatland Gallery, Utrecht, photographie de l'auteur
32. Bae Joosung, The costume of painter, galerie Hyundi, Séoul,
photographie de l'auteur
33. Wang Qingsong, Requesting Buddha N°2,
galerie Hyundi, Séoul, photographie de l'auteur
34. Seydou Keita, galerie du jour-agnès b,
photographie de l'auteur
35. Desiree Dolron, xteriors XIII, galerie Michael Hoppen, Londres,
photographie de l'auteur

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Published by holbein - dans espace-holbein
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commentaires

holbein 16/11/2006 17:52

En voilà deux autres, des petits jolis...

laurence 16/11/2006 17:32

Ah ben oui, toi aussi tu fais référence à la compagnie créole, oups, au Douanier Rousseau...

laurence 16/11/2006 17:30

Ah nan, ça traîne pas, l'image du Douanier Rousseau vient d'arriver... je vais lire ton commentaire...

laurence 16/11/2006 17:26

"tu comprendras vite pourquoi" : t'es nostalgique de la jarretière mise aux enchères ;-)))))) ?? J'ai pas vu le film de Varda, non, mais récemment, ma nièce de 6 ans, que j'avais emmenée au musée, m'a dit qu'une des oeuvres devait être belle vue du dessous. comme y avait personne, on s'est glissé dessous, allongé sur le dos et elle avait raison, c'était le plus beau point de vue :-)Bon, ça traîne un peu, là, la mise en image !! je reviendrai faire un petit tour ce soir.

holbein 16/11/2006 16:30

Ce n'est pas «Les mariés» qui m'intéressent mais LA mariée. Tu comprendras vite pourquoi, je pense, même.
Bon, la photographie, toute petite, accrochée en bas : je t'ai dit que je mesure près d'un mètre quatre vingt dix, donc...
A ce sujet, tu as peut-être vu le film d'Agnès Varda "Yselda et les ours" ? Une collection extraordinaire de photographies de toutes les époques ne présentant QUE des gens, seuls ou en groupe, avec un ours en peluche. Accrochées du haut en bas des murs... Il faut se mettre à plat ventre pour tout voir. (mais tu sais comme moi que la volonté de "tout voir" relève de la Vanité, n'est-ce pas ? ;-)) Overdose de nounours...

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