Commentaires
Je suis passé très vite dans cet apartement «squatté» de visions terribles. Je crois avoir parfaitement compris ce que voulait nous dire Sophie Ristelhueber... Mais je n'ai pas été accroché, j'ai même trouvé cela un peu trivial. Et j'ai plus regardé l'appartement, cherchant machinalement ou je mettrais mon bureau et si la cuisine serait assez grande. Et du coup, ces photos, elles auraient disparu dans le chantier de rénovation. Elles avaient d'ailleurs disparu de ma mémoire, jusqu'à ce que je voie les photos que vous avez faites.
De photographier l'accrochage, et donc de le mettre à plat (littéralement) produit une vision beaucoup plus intéressante à mes yeux. Les choses prennent une réalité différente, elles deviennent intrigantes. A mon avis, elles fonctionnent encore mieux car elles entrent dans des conventions visuelles classiques: on peut les regarder. Alors que lors de la déambulation qui est proposée, on est confronté à des incohérences matérielles qui focalisent inutilement notre attention, les images de cratères agissant comme des artefacts.
(Mais que diable utilisez-vous comme appareil de photo pour obtenir des clichés techniquement aussi mal foutus? C'est bougé, trouble, les blancs sont brûlés, les noirs bouchés, les verticales en barillet... vous faites cela avec votre mobile ;-)
commentaire n° : 2
posté par :
Béat
(site web)
le: 22/07/2006 02:41:55
Effectivement la mise en scène est importante. Il y a plusieurs choses que je trouve vraiment intéressantes dans le travail de Sophie Ristelhueber : elle appelle ce travail "une installation". Ce n'est donc pas simplement des photographies grand format accrochées ou collées sur des murs (elle aurait alors sans doute dit : "exposition de photographies"). Il s'agit de prendre en compte l'ensemble, y compris l'objet constitué par cet appartement. Ca n'est pas rien. Autre chose : Sophie Ristelhueber (qui est par ailleurs une excellente photographe) n'a pas fait elle-même les prises de vue qui serviront à fabriquer ce qu'elle montre. Elle se sert d'images de presse de l'agence Reuter, d'images qui ne se caractérisent pas par leur qualité artistique (il n'y a pas de "volonté d'art" dans ces images, comme on dit) et la qualité technique de ces images est basse (n'en déplaise à notre ami Béat...). J'ai signalé le côté gris ou brun des images exposées. On n'est plus dans cette logique de "la belle image", "bien fichue", qui "claque" avec piqué, noir velouté, composition au nombre d'or, cadre distingué et marie-louise d'un blanc crémeux. S.R. va déjà piocher directement dans de l'image de relégation car le numérique permet de produire de l'image au kilomètre ou à la tonne donc souvent dans un vivier images qui du fait de la quantité qu'elles représentent ne seront jamais vues. La posture n'a rien à voir avec les "beaux tirages" au Leica d'images de guerre ou de famine exposés dans les ateliers SNCF d'Arles.
Pour ce qui me concerne, je n'ai moi-même aucune prétention à fabriquer de "belles images". J'ai dans ma poche un petit appareil numérique classique qui me sert à prendre des notes lorsque je visite des expositions (et j'en visite pas mal, et j'ai donc besoin d'avoir des traces). J'ai le souci d'être discret et respectueux des oeuvres et n'utilise en conséquence jamais le flash (plus particulièrement quand il s'agit de peinture) et c'est la raison pour la quelle mes photographies sont parfois bougées (par manque de lumière).
Béat, je vois, dans votre commentaire, que mes mauvaises photographies ont quand même réussi a rendre le travail de Sophie Ristelhueber plus intéressant que vous ne l'aviez perçu à l'occasion de votre visite... J'ai d'autres clichés mal foutus que je m'apprête encore à mettre en ligne !
Pour ce qui me concerne, je n'ai moi-même aucune prétention à fabriquer de "belles images". J'ai dans ma poche un petit appareil numérique classique qui me sert à prendre des notes lorsque je visite des expositions (et j'en visite pas mal, et j'ai donc besoin d'avoir des traces). J'ai le souci d'être discret et respectueux des oeuvres et n'utilise en conséquence jamais le flash (plus particulièrement quand il s'agit de peinture) et c'est la raison pour la quelle mes photographies sont parfois bougées (par manque de lumière).
Béat, je vois, dans votre commentaire, que mes mauvaises photographies ont quand même réussi a rendre le travail de Sophie Ristelhueber plus intéressant que vous ne l'aviez perçu à l'occasion de votre visite... J'ai d'autres clichés mal foutus que je m'apprête encore à mettre en ligne !
commentaire n° : 3
posté par :
holbein
(site web)
le: 22/07/2006 10:09:13
Oui, j'ai peut-être une déformation professionnelle qui fait que les défauts techniques des photos me sautent aux yeux. (Un peu comme un dentiste qui ne peut s'empêcher de faire une rapide analyse de l'état bucco-dentaire de chaque personne rencontrée.) Mais ne croyez pas pour autant que je ne vois pas l'essentiel, c'est à dire le contenu véritable des images. La preuve: j'ai bien apprécié cette mise à plat que vous avez opérée.
Vous avez la franchise de publier des pages de votre bloc-notes telles qu'elles. Moi je ne sais pas faire cela, je suis obligé de les recopier avec une plume neuve sur une feuille de papier blanche. Je n'ai par contre rien à reprocher aux qualités techniques des photos de S.Riestelhuber qui me paraîssent tout à fait en concordance avec le travail qu'elle a fait.
Je me réjouis sincèrement de voir les autres «clichés mal foutus» que vous avez en réserve. Puissent-ils nous apporter autant de révélations que les derniers! Et cette fois, promis, je ne dirai plus rien sur la technique.
commentaire n° : 4
posté par :
Béat
(site web)
le: 22/07/2006 16:02:52
Arg... je fais des recherches sur Depardon pour le boulot et via google je tombe sur ton site ; je me disais bien que j'avais déjà lu ce texte ;-) bon, je m'y remet (à bosser, si ! si !)
commentaire n° : 5
posté par :
laurence
le: 11/01/2007 16:49:28
Ouais, Google et moi, on est des côpains, tu savais pas ? ;-)))
commentaire n° : 6
posté par :
holbein
(site web)
le: 11/01/2007 16:58:14











La photo des fenêtres ouvertes en est le révélateur : vous ouvrez bien vos fenêtres sur un monde en guerre!!
Ce que tu résumes très bien par "la mise à distance plurielle et l'effet de présence radicale..".