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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 07:01
  Objets


   
  Hendrik Kerstens, Bag,  2007
photographie, 120 x 150 cm
Medium : c-print

  Kader Attia, La fragilité du vide, 2008
35 x 45 x 45 cm le sac
Courtesy : Galerie Anne de Villepoix

   
   
   
   

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Published by espace-holbein - dans espace-holbein
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commentaires

espace-holbein 19/05/2009 19:50

«Tous ces objets censés saturer notre désir, démodés à une allure exponentielle, jetables dans leur essence, couvrant la planète de déchets, constituent une gigantesque montagne de «petits riens» (comme disent les Compagnons d'Emmaüs) recouvrant le grand rien, le trou, le vide qui résonne dans ce que Freud a épinglé du «malaise» dans la civilisation, à la veille du désastre où s'est abîmé le XXè siècle. Et depuis la seconde guerre mondiale, la Shoah et Hiroshima sont désormais les coordonnées indépassables du monde sans promesse sur lequel s'ouvre le nouveau millénaire. Un monde qui apparaît lui-même comme marié à l'absence. Et l'art décline cette absence et fait monstration de cet objet invisible, de ce sinistre fantôme qui hante l'âge de la science».
Carolina SERRA et Yves DEPELSENAIRE
contribution au colloque

Les formes contemporaines de l'art engagé

Collection Essais, LA LETTRE VOLÉE, 2007
p 210
Cher Fal7i, mon amour, j'ai choisi cette très belle photo (je l'espère) d'un sac plastique de Kader Attia pour ce post car je vais te dire un secret : contrairement à ce que tu pourrais imaginer cette œuvre de Kader Attia je la trouve très belle. Je l'aime. Dans la galerie d'Anne de Villepoix, quand tu la vois (avec cette lumière délicate, derrière), elle illumine. En revanche, à la Force de l'art : c'est un très mauvais coup. Je maintiens ce que j'ai écrit. Et je ne suis pas d'accord avec ton commentaire ci-dessus car un artiste qui déciderait (à juste titre, et ce serait tout à son honneur car c'est risqué) de  n'avoir  aucune obligation de résultat ne devrait pas participer (comme c'est la règle aujourd'hui) à ce système incontournable de réseaux et à ces formes hautement institutionnelles. Nous sommes actuellement dans la commodité. Et l'intention énoncée (de l'artiste ou du médiateur) ne peut pas et ne doit pas se substituer à la dimension réellement artistique de l'œuvre.Bizzzzzzz 

bois patrick 19/05/2009 18:38

Belle et aboutie comme recherche !

fal7i 19/05/2009 11:37

Démonstration magistrale !Pour autant suis obligé de de convenir à :@holbein : Une fois que le «médiateur» aura expliqué au néophyte que Kader Attia met en scène l'idée du vide, ceci aura-t-il été suffisant pour que le visiteur soit pénétré et convaincu de l'essence artistique de ces objets ? Non, bien sûr, à moins que ce visiteur soit particulièrement docile.Je ne le crois pas. L'artiste n'a aucune obligation de résultat, aucune obligation de moyens, l'artiste ne s'oblige qu'à sa quête. L'artiste ne doit rien au visiteur, il ne doit ni lui plaire ni lui prouver qu'il est bien un artiste, ni l'épater en quelque manière. L'artiste n'a pas à forcer l'admiration, l'artiste n'a pas à faire une étude de marché pour savoir si sa prestation recevra l'assentiment du public.Et je trouve courageux et sain de la part de l'organisateur qui lui devait certainement être conscient que la majorité des visiteurs penseraient foutage de gueule de s'être dit, tant pis, on y va quand  même.L'installation de Kader Attia à La Force de l'art présente une dimension qui n'est pas dans ses objets pris individuellement, la notion de vanité. Elle me semble un parfait contrepoint à la grandiloquence de l'exposition même, une interrogation, une critique.Cette intervention de Kader Attia me fait furieusement penser au travail d'Eizo Sakata, par exemple Tower, ou le Sac à tas. Les objets de Sakata sont pauvres, mais ils sont aussi pertinents, c'est leur pertinence qui leur donne une grande force. Je sais d'expérience que tous les visiteurs ne sont pas sensibles à cette force de l'œuvre d'Eizo. Qu'importe et faudrait-il pour autant se priver de cette beauté-là ?

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