Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 11:02
Hanne Darboven 1941-2009. Une artiste qui compte énormément

Attristé par la disparition d'Hanne Darboven, je me permets de servir de passeur en citant in-extenso l'article d'Elisabeth LEBOVICI paru le 17 mars sur son blog Le beau vice.  
           

LBV lit dans artforum la mort d'Hanne Darboven (intervenue le 9 mars chez elle dans les environs d'Hambourg ; mais sa mort n'aurait été annoncée que quelques jours plus tard); c'était une artiste formidable, solitaire jusqu'à l'extrême et la frénésie, dans son désir systématique de maitriser le temps et donc de comprendre le monde, selon une temporalité certainement plus étendue et musicale, que l'horloge parlante des images de notre réalité quotidienne.


Née à Munich, ayant étudié aux Beaux-Arts de Hambourg, Hanne Darboven part en 1966 pour New York et rencontre la scène minimale. Son travail quotidien d'écriture et de chiffrage sur des pages de papier millimétré se signale à Sol LeWitt, Lucy Lippard, Kasper Koenig et à Konrad Fischer, dans la galerie duquel elle a sa première exposition personnelle à Düsseldorf en 1968. La question des dates, des chiffres du quotidien et de leur fonction systémique commence là.


Ce travail n'a pas véritablement changé depuis, il s'est juste étendu, amplifié, infiniment et inexorablement. Inscrivant des lignes géométriques, des suites de nombres, incorporant citations et collages sur des feuilles de papier, il a constitué à échelle de plus en plus monumentale, une méthodologie pour chiffrer et à la fois, pour rendre visible le temps: celui de l'écriture mais aussi celui de la musique, des mathématiques et d'une histoire culturelle qui déborde largement la biographie ou la situation géographique de l'artiste. Ainsi, les 2782 feuillets manuscrits ou tapés à la machine, ou encore dessinés, qui ont constitué Leben, leben/Life, living pour compter de 1900 à 1999. Ces dessins rendent ainsi visibles deux temps : celui de leur création, celui, historique, qu'ils installent ensemble dans la temporalité de l'exposition.


Sur les murs couverts de feuilles, encadrés, en une grille serrée, il s'agit toujours de compter, d'inscrire mais aussi de copier, de recopier : à partir de 1971, Hanne Darboven recopie des textes tels L'Odyssée d'Homère ou Les Mots de Sartre, ou encore des passages d'encyclopédies consacrés à Napoléon ou à Bismarck, des discours politiques, des partitions musicales, entre autres. Vers 1979, des images de diverses sources (photographies, reproductions, couvertures de journaux, etc.) s'ajoutent à ces ensembles. En 2002 à la Documenta de Kassel (elle avait également participé à la Documenta 5 d'Harald Szeemann en 1972 et à la Documenta 6, la suivante) elle expose Kontrabasssolo, opus 45 sur trois étages du musée Fridericianum. Elle avait aussi exposé en 1984 dans la manifestation "allemande " de Kasper Koenig intitulée Von hier aus à Düsseldorf, son travail Pour Rainer Fassbinder. On l'avait vue, à Paris, au musée d'art moderne de la Ville, avec son Histoire de la culture 1980-1983, 24 chants, en 1986 et plus récemment dans l'accrochage de Philippe-Alain Michaud, le Mouvement des Images, à Beaubourg.


En 2000, Hanne Darboven avait créé son propre fonds : http://www.hanne-darboven-stiftung.org








article d'Elisabeth LEBOVICI du 17 mars 2009, blog LE BEAU VICE



source :

Hanne Darboven 1941-2009. Une artiste qui compte énormément


           
           
           
           

Partager cet article

Repost 0
Published by espace-holbein - dans espace-holbein
commenter cet article

commentaires

attraper les mouches

Fumier