Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 07:48
Van DYCK, musée Jacquemart-André

Une exposition retrace pour la première fois en France le parcours de portraitiste d'Antoon Van Dyck (1599-1641) devenu le peintre favori de la cour d'Angleterre. Né à Anvers, il sera très tôt le second de l'atelier de Rubens et deviendra le plus célèbre de ses collaborateurs.
Son aisance aristocratique, ses relations, font qu'on est tenté d'avoir recours à l'anecdote, à la petite histoire, pour rendre compte de l'activité de ce peintre qui est une sorte de virtuose du portrait de cour et qui fut accablé de commandes, qu'à l'instar de Rubens il aurait été incapable d'honorer s'il n'avait eu recours à une multitude d'aides.  L'artiste fit évidemment le voyage en Italie (tout comme Poussin dont il est le contemporain), non pas à Rome mais à Gênes. Son activité de portraitiste de cour, c'est au début des années 1630 qu'il l'exercera pleinement en Angleterre où il va s'établir.
Je me suis plongé dans un livre ancien intitulé « Les grands musées du monde illustrés en couleurs : La National Gallery » (publié en 1912 sous la direction d'Armand Dayot, Inspecteur Général des Beaux-Arts) contenant une petite monographie du peintre. On y lit les choses suivantes :
« Antonio Van Dyck -Sir Anthony Van Dyck, comme l'appellent les Anglais- fut attiré en Angleterre par le roi Charles Ier. Beau cavalier, causeur spirituel, esprit subtil, il eut vite fait la conquête de la cour et de la ville. Le monarque l'honora d'une faveur toute particulière, le nomma principal peintre ordinaire, le créa chevalier et lui donna un logement dans le palais royal de Blackfriars. Van Dick ne se montra pas ingrat ; il voua à son généreux protecteur un dévouement qui ressemblait à un culte. » *
Plus loin, on peut lire : « Van Dyck, uniquement préoccupé de la ressemblance de ses modèles, s'inquiétait assez peu des artifices de composition employés par certains artistes pour mettre en valeur les personnages. »** L'auteur de cette note sur le peintre conclut :  « Le grand Flamand, comme on appelle généralement Van Dyck, a connu cette gloire de n'avoir eu aucun détracteur au cours des siècles. Il y a unanimité d'admiration autour de son œuvre. Reynolds, peintre de portraits lui aussi, le proclamait le plus grand portraitiste qui ait jamais existé et Gainsborough mourant se réjouissait dans l'espoir de retrouver Van Dyck au ciel. »***
     


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Cette mémoire du peintre dressée par l'historien de l'art impose une certaine distance, tend à forcer un certain respect et écarte toute velléité d'appréhender cette peinture sous le moindre angle critique. Le musée Jacquemart-André, à son tour, renvoie du Grand Flamand l'image  intimidante d'un artiste ayant côtoyé l'élite de son temps et dont les toiles ont été pour l'occasion installées somptueusement dans un immense écrin de velours de toutes teintes. Les commentaires de salles, imprimés sur ces velours commencent systématiquement par une lettrine de belle taille très soigneusement travaillée à la manière de textes précieux.  Une des salles se visite même dans une ambiance musicale : musique d'ambiance feutrée destinée à plonger le spectateur dans un état perceptif renvoyant à une « sensation d'époque »...
L'exceptionnel soin, à la fois dans la réalisation et la mise en scène de cette exposition, nous amène à nous interroger sur la place assignée au visiteur. 
     
Retenons la remarque pleine de malice d'Ernst Gombrich dans son Histoire de l'art au sujet de Van Dyck : « Il ne convient pas d'oublier que plus que quiconque il a contribué à créer un certain idéal d'aisance aristocratique, qui, à côté de la saine exubérance de vie de Rubens, a ajouté quelque chose à notre vision de l'homme. »****
     
     
     
* Les grands musées du monde illustrés en couleurs : La National Gallery » (publié  sous la direction d'Armand Dayot, Inspecteur Général des Beaux-Arts), Pierre Lafitte & Cie, éditeurs, Paris, 1912,  p59
** op. cit., p60
*** op. cit., p61
**** Ernst Gombrich, Histoire de l'art, Éditions Flammarion, Paris, 1990 (pour la traduction fr.), p318

1. Autoportrait, 1625-1630, Musée de l'Hermitage, Saint-Petersbourg
2. Charles Ier d'Angleterre, vers 1635, musée du Louvre
3. Portrait de Hendrick van Balen, craie noire, Chatsworth collection

4. Portrait de Maria de Tassis, 1611-1638,  Fürstlich Lichtensteinische Gemäldegalerie, Lichtenstein
     
     
     
Van DYCK

Musée Jacquemart-André
158 boulevard Haussmann, 75008, Paris

du 8 octobre 2008 au 25 janvier 2009
     
     

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