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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 10:43
 
Joël Hubault - l'Onde, Vélizy
«Perturbation nourricière, contaminante, dérangeante, politiquement incorrecte et révolutionnaire, la planète Hubaut constitue un monde à part tout en étant partie prenante du monde» *

Joël Hubault occupe l'Onde à Vélizy. L'Onde, ça ondule, ça fait de jolies vagues sur cette architecture sombre et élégante. À l'occasion de cette exposition, Hubault va faire une Nouvelle Vague en décidant de donner un autre visage à
la façade de verre ondulée : une prolifération de signes qu'il utilise depuis un certain nombre d'années vont occuper toute l'importante surface vitrée du bâtiment, du haut en bas et de long en large, épousant toutes les ondulations. Mais cet envahissement de signes extérieurs n'est que la partie visible de ce travail qui continue à grouiller à l'intérieur. Joël Hubault s'active depuis plusieurs décennies sur le principe d'une contamination toujours plus envahissante qui perturbe et modifie tout ce qu'elle touche et ceci dans tous les domaines. Ces signes qu'il nomme épidémiks constituent un des moyens mis en œuvre.



           
Lorsque l'on pénètre dans la grande salle d'exposition plusieurs réalisations sont présentées : quelques-unes très anciennes (comme la série de dessins -voir plus bas- qui datent de 1976), d'autres in progress (la prolifération a commencé il déjà longtemps et continue son inéluctable  progression...). Et, immédiatement, on repère ces mêmes signes un peu partout : disséminés sur les murs, le sol, les toiles cirées, les dessins, les photographies de lieux, les objets fabriqués ou ready-made, les imprimés, etc. Une sorte de gangrène esthétique, en quelque sorte. Ce sont des signes qui, au fil du temps, sont devenus simples : croix, cercle, flèche, carré, triangle, angle droit, zig-zag, vaguelette, etc.
L'idée de parasitage préside. L'idée d'hybridation
, également.
 

Nous restons dans l'état d'esprit de la vague. La mer, la baignade, les bords de l'eau. Une gigantesque bâche colorée, imprimée de photographies de baigneurs dans un paysage d'été, est tendue sur le mur. C'est une plage et tous ses attributs. Une composition faisant penser à un tableau tant dans le format, l'organisation des figures que dans le sujet lui-même qui renvoie incontestablement aux débuts de la modernité et donc à Manet et à son Déjeuner sur l'herbe. A la manière des peintres classiques, Joël Hubault ira même jusqu'à se représenter à deux reprises dans sa composition. La mise en abîme est constante.  
           
           
Et en effet, sous cette grande composition prend place une installation singeant la plage :  parasols, sauts et pelles, bouées, canoë, ballons, végétation, serviettes de bain, transats, etc. (sans oublier l'inévitable sable). Et ceci comme un miroir, un double, la gadgétisation d'un bonheur désiré. Hubault pratique la performance. Cet endroit a sûrement réuni des acteurs de circonstance (de l'entourage de l'artiste) pour jouer un tableau vivant. Et les signes épidémiks ont  été distribués, de manière aléatoire, sur un certain nombre de ces attributs balnéaires : tissu du parasol imprimé ou bien encore toile du transat, par exemple.
           






Une série de dessins anciens et de travaux photographiques dans lesquels on retrouve ces signes travaillés de différentes manières. On y lit des textes montrant des expériences variées de «contamination» de la nature. Photographies documentaires sur  matériaux éphémères. Une méthode est jointe afin de s'y employer soi-même...






           
Chaque objet mérite une attention particulière car tous ces éléments à priori hétéroclites sont à mettre en relation les uns avec les autres au sein d'une sorte de faisceau de réseaux multiples, de déferlante, de flux brassant des fragments connus de l'œuvre et en charriant, à chaque fois, de nouveaux dans un remugle toujours plus déjanté et plus assourdissant. On retrouvera le Joël Hubault extraverti, à la fois fragile et rigoureux dans son obstination à fabriquer une œuvre sur plusieurs décennies.
           






*Sylvie Froux, in  Les premiers signes épidémiks, germes de mes contaminations, Joël Hubault Re-mix épidémik Esthétique de la dispersion, Éditions Presses du Réel, 2006, p7
           
           
Photographies de l'auteur
           
           

Joël HUBAULT

Nouvelle vague
exposition du 23 mai au 12 juillet 2008
Micro onde - centre d'art contemporain
           
L'ONDE
8 bis, avenue Louis Breguet, 78140 Velizy-Villacoublay
           
           

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