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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 14:43
       Jim Dine, galerie Templon

Ma passion pour Jim Dine ne s'est pas tarie. Une  nouvelle preuve -pour moi-, s'il en fallait : la dernière exposition de Dine à la galerie Daniel Templon. J'avais déjà été émerveillé par la précédente, il y a quelques années. On y voyait ses corbeaux, notamment, dans des peintures où le numérique intervenait.  Et aujourd'hui, c'est une autre figure tutélaire du peintre et sculpteur qu'il fait intervenir à nouveau :  la figure de Pinocchio. Une forêt de Pinocchio, grands, sculptés dans du bois et peints. Dans une matière apparente, un bois qui ne cherche rien à cacher ; un bois parfois fendu, assemblé, calciné ; un bois recouvert de couleurs mais parfois laissé brut ; un bois qui garde les stigmates de l'outil mais qui est parfois recouvert de pigments doux comme la peau d'un bébé, une sorte de sfumato traité en volume et tout ça souvent dans une même sculpture. Des Pinocchio sur socles en bois écorché ou bien flambé, noirci. Et puis d'autres encore, appareillés dans des structures métalliques.
J'ai été saisi par la beauté de ces pièces qui sont à la fois légères, sensibles et d'une grande puissance artistique.
 
Jim Dine est un monsieur d'un âge certain qui autrefois a été un petit garçon. Sa passion pour les outils vient sans doute du fait que ce petit garçon a évolué dans le monde de la quincaillerie de son grand père. De la même manière sa passion pour Pinocchio puise dans ses souvenirs et naît de l'émerveillement qu'il aura vécu en regardant , dans son Amérique natale, le dessin animé de Walt Disney.      






 
           
Reste qu'un artiste de la trempe de Jim Dine n'en reste pas là. Cette figure de Pinocchio représente, pour le sculpteur qu'il est,  une sorte de métaphore de la création artistique. D'une simple bûche, on sait que son «géniteur» -le nommé Gepetto- en a fait un pantin articulé. Et puis dans cette belle histoire de Carlo Collodi, le pantin lui échappe, prend son autonomie, le comble de bonheur puis le rend fou et  le plonge dans une tristesse sans nom. Sa création est à la fois belle, touchante, dérisoire et pleine d'espoir. De la matière, Geppetto fera naître une vie.  Cette figure est celle de Pygmalion.  Avec un lien préservé à l'enfance.
           
 
 
 
 
 
 
 
Cette exposition est un bonheur. Jim Dine est un immense artiste.
           
 


   

   
           
           
           
Jim Dine
galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, 75003 Paris

jusqu'au 28 mai 2008.
           
           
           
           
           

         

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Published by espace-holbein - dans espace-holbein
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commentaires

chabriere 04/03/2010 14:38


oui, c'est intéressant,  cet artiste  prolifique, dont on aurait pu croire  qu'il pourrait s'enfermer  dans  sa propre "mythologie":  coeurs, etc.... 
parvient  à nous faire  partager  autre  chose...;  on pense un peu à Larry Rivers  quand  il s'exprime  en volume.


espace-holbein 30/04/2008 15:02

Oui, c'est réellement une très belle exposition. Si j'étais (un riche) collectionneur j'achèterais un de ces Pinocchio.C'est vrai que le personnage de Pinocchio met mal à l'aise. Le texte de Collodi est d'ailleurs très dur. La mort rôde sans cesse... Donc, normal.

ap 28/04/2008 00:46

C'est une belle surprise que ces totems. L’article donne envie de venir voir de plus près, c’est vrai, même si j’éprouve depuis
longtemps un certain malaise concernant la figure de Pinocchio (surtout celle
de Disney justement).
Enfin, peu importe mes états d’âme, Jim Dine est en effet
un grand artiste, ces fusains et ses pastels m’ont toujours ravi, plus que sa
peinture peut-être… enfin ça dépend. Je me souviens aussi d’un travail numérique
(photos ?) - peut-être était-ce d’ailleurs à la Galerie Templon ? - où
la figure du peintre côtoyait celle du pantin, et qui m’avait bien plu, mais
étrangement je n’ai gardé aucun souvenir de ces fameux corbeaux. Mémoire sélective.
Je crois que, ce qui m’avait particulièrement marqué, dans ces travaux, c’était
surtout les découpes de lumière, utilisant des effets de clair obscur très marqués
et assez baroques.

attraper les mouches

Fumier