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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 10:35

GOODBYE, François Daireaux à l'abbaye de Maubuisson

Abbaye de Maubuisson dans le Val d'Oise. Ca n'est pas loin de Paris. C'est un lieu magnifique, chargé d'histoire. Le cadre est somptueux. Cet endroit montre depuis un certain nombre d'années des travaux d'artistes contemporains. Cette fois-ci c'est François Daireaux qui a été choisi pour présenter des œuvres réparties dans cinq espaces distincts de ce site exceptionnel.
L'exposition s'intitule "GOODBYE", relativement, sans doute, à l'une des photographies de l'artiste présentée selon un mode d'exposition un peu particulier dans la Salle des Religieuses (à gauche et première photo du dernier registre d'illustration de la page). Une des particularités extrêmement agréable de ce site d'exposition est que la manière de rencontrer  les œuvres se fait sur un mode itinérant. En effet, nous arrivons dans un grand parc occupé par différents bâtiments que nous devons pénétrer puis abandonner afin de voir en nous promenant la totalité de l'exposition.
La visite promenade débute par la Grange à dîmes (ci-dessous, à gauche). Le bâtiment -immense- a été scindé sur toute sa longueur en deux parties. C'est un long couloir à la fois éblouissant et sombre ; un couloir bruyant. Sur un des flancs de ce couloir sont disposés une dizaine d'écrans immenses, eux-aussi, qui montrent des gestes répétitifs cadrés serré, des gestes modestes et ancestraux, filmés dans des pays très variés étant donné les couleurs de peaux et les particularités des vêtements dont on perçoit des fragments.  Ces gestes, dans toute l'étendue de leur modestie sont impressionnants de savoir-faire. Leur répétition et leur implacable précision leur confèrent une autorité. Il s'agit de 78 séquences filmées et enregistrées au cours de voyages que François Daireaux a entrepris, 78 manifestations du travail manuel présentées en boucle et simultanément sur dix écrans crachant et mélangeant leurs sons et leurs images. Une régularité de machine infernale et fascinante.



Après une petite déambulation dans le parc de l'abbaye, nous pénétrons dans le hall d'un autre bâtiment. La première œuvre présentée dans ce hall, nous allons entrer en contact avec elle  dans un rapport direct, tactile. François Daireaux, là-encore, fait appel aux gestes. Ce sera un geste inconscient du visiteur qui devra fouler un paillasson et éventuellement se frotter les pieds à son contact. Ce paillasson, objet usuel, est ici très particulier : il s'agit de la  représentation d'un paysage inspiré de certaines estampes chinoises ; un paysage en -faible- relief, composé d'empreintes réalisées à l'air comprimé sur de la mousse florale puis moulées en silicone.
François Daireaux a intitulé cette œuvre "Welcome" (ci-dessus, à droite), une sorte de clin d'œil, d'une certaine manière, à ces petits mots amusants et stéréotypés imprimés sur les vrais paillassons.
Le spectateur se montrera actif dans cette exposition dans sa participation à la lente dégradation de l'objet, au fur et à mesure de ses passages successifs. Il paraît, d'autre part, que la couleur du paillasson doit virer progressivement du vert au jaune.
Une autre vidéo très courte est intégrée au meuble documentaire."
Saisons" est une vidéo réalisée dans un jardin. On y voit les pieds d'un homme qui balaie des feuilles avec des feuilles. Une vidéo en boucle, des gestes précis, répétés, des gestes qui s'usent.




Puis nous abordons la Salle du parloir. L'espace est à la fois imposant et délicat dans sa lumière, dans les couleurs du revêtement de son sol. L'installation présentée par François Daireaux est composée de moulages en plâtre posés sur des selles de sculpteur  réparties sur la totalité de cet espace, ainsi que d'une vidéo montrant un homme âgé à la peau brune, filmé en plan fixe durant 25 minutes. Le spectateur circule entre toutes ces pièces.
Cet homme c'est P.Chellapan. Il est âgé de soixante-seize ans et gagne sa vie comme modèle au College of Fine Arts de Trivandrum en Inde.
François Daireaux a été récupérer les bustes le représentant jetés dans un coin de l'école d'art par les étudiants. Il en a fait des moulages et les a disposés face à leur modèle vivant, filmé pour l'occasion. Cette problématique du modèle  et de la variété qu'il engendre soulève un certain nombre de questions intéressantes.



De l'autre côté, c'est la Salle des religieuses. Faite à l'identique : mêmes colonnes, même sol au carrelages vernissés jaune et vert, même lumière diffuse. Une autre installation de l'artiste qui va montrer ici de très belles photographies qui seront présentées posées au sol. Le spectateur sera amené à circuler entre les tirages soigneusement encadrés un peu de la même manière  que dans la Salle du parloir. Mais dans la salle précédente, il s'agissait de sculptures et le rôle du spectateur, concernant des sculptures, est évidemment de tourner autour afin d'en prendre connaissance et de s'en imprégner. L'objectif pour lui, concernant cette fois-ci des photographies, est de repérer, dans un premier temps, le sens de lecture de l'image. Son transit sera donc partiellement conditionné par cette intention. Et en effet, à chaque fois, cette intention sera comblée par une satisfaction car les images sélectionnées par François Daireaux sont d'une grande qualité plastique. Mais ce que l'on ne doit pas sous estimer c'est cette perception d'ensemble qui nous fait aborder l'exposition de ces photographies comme une installation, comme des taches de couleurs renfermant chacune son autonomie mais qui travaillent toutes ensemble lorque le regard porte largement (photographies ci-dessus). Cent une photographies. Conçue spécialement pour cette exposition Cent une est la première installation photographique de François Daireaux.






Un tout petit couloir, une toute petite porte, au fond de la Salle des religieuses, vont nous amener vers les Anciennes Latrines. Une vidéo, seule, aux couleurs vives, est montrée sur le mur du fond. Un petit cheval sculpté qui baigne dans une eau rouge, ponctue le déroulé d'un film court montrant des visages et des gestes. Gais.
La dernière image est celle d'un homme qui nous sourit et nous fait au revoir de la main. GOODBYE !








GOODBYE

Exposition de François Daireaux

26/03/2008 - 01/09/2008

Abbaye de Maubuisson
rue Richard de Tour
95310 Saint-Ouen-l'Aumone






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commentaires

espace-holbein 21/05/2008 07:38

La prochaine fois : décommander la pluie...

Ch 20/05/2008 08:06

l'invitation aux voyages de François Daireaux fut hautement, bien que pluvieusement, appréciée par l'impétrante, depuis les paillassons jusqu'aux vidéos, photos et surtout ces yeux qui ont regardé P. Chellapan et l'ont vu à la manière de leurs mains ..On m'y reprendra, sous le soleil!

espace-holbein 12/04/2008 21:41

"ChChChChChCH....." (tune)"I'm a sailor man..." (je vogue sur les mers de Chine)

Ch 12/04/2008 09:52

merci Popeye qui s'appuie sur le plus stable des éléments chimiques ! et les Olive de ce blog vienneent y chercher leurs doses de Fe enrobées d'une capsule d'art au goût de sourires réjouis ;-))) ..Holbein, c'est très bien aussi ..What else is there ??

espace-holbein 03/04/2008 18:38

"I am what I am..." (dixit Popeye)Bon, moi la question qui me taraude c'est : pourquoi cette question ?;-)J'y répondrai si l'on répond à ma question.;-))Si ya des timides : holbein[at]free.fr

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