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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 10:10
  Swiss Press Photo
wurstenberg1-300.jpg   A l'origine de ce petit papier d'aujourd'hui, un texte que j'ai lu sur le blog de  Diplomatie Ouest-Indienne, et d'une photographie, celle que je reproduis ici,  à gauche.
"La dame" de
Diplomatie Ouest-Indienne pose un problème intéressant et je lui ai laissé un commentaire. Et puis finalement j'ai décidé de prolonger ce commentaire en lui donnant la forme d'un post sur mon blog.
Cette photographie  n'a pas été faite par Spencer Tunick mais par Michael Würtenberg. Il s'agit du choix du jury de la Swiss Press Photo de cette année.
Cette photographie ci-dessus, on l'aurait juré, ne peut être que de Spencer Tunick. Ou alors il s'agit d'un plagiat imbécile, tant le travail de Tunick est connu sur l'ensemble de la planète. Alors que s'est-il passé ?
   
   
On connaît le travail de l'artiste américain Spencer Tunick qui consiste à rassembler une foultitude d'individus résolument nus dans des lieux généralement urbains et d'en faire une prise de vue. Son travail a pour décor le monde entier et les lieux les plus variés.
Il a décidé, cette fois-ci, en collaboration avec Greenpeace, de donner rendez-vous à 600 personnes sur le sommet du glacier d'Aletsch (le plus grand glacier des Alpes, dans le Valais) afin de sensibiliser le monde sur le réchauffement de la planète.
spencer-tunick1-300.jpg
La dame de Diplomatie-Ouest indienne est médusée (comme moi, d'ailleurs au premier coup d'œil) en découvrant le choix du jury pour la Swiss Press Photo de l'année : The Winner is Michael Würtenberg...

Je
me suis posé les mêmes questions : comment est-ce possible ? Et puis j'ai regardé :
Et je me suis rendu compte qu'il s'agit d'envisager ici  la photographie du point de vue des catégories. 

On connaît le travail de Spencer Tunick qui se situe très clairement  du point de vue artistique  : la  photographie de Spencer Tunick  relève d'une démarche artistique, toujours la même, qu'il déclinera sans doute à l'infini. Dans le cadre de cette démarche artistique, il nous livre une énième photographie, celle du glacier d’Aletsch et de ses figurants qu'il photographie nus et de face. On sait la publicité qui est faite depuis un certain nombre d'années autour du travail de Spencer Tunick (même ceux que  l'art contemporain ne passionne pas spécialement semblent intéressés par les photographies de Spencer Tunick : le sujet -accumulation de nudités variées- et le côté spectaculaire de la prise de vue). Lorsqu’ils apprennent que l’artiste organise une prise de vue, les photographes "de presse" sont autant de mouches qui tournent autour d'un pot de miel. D’où la profusion de reportages en tout genre autour de cet artiste sur les chaînes de télévision et dans les magazines les plus variés. 
Pour ce qui concerne la photographie de Michaël Würtenberg je note qu'il s'agit du prix décerné par la "Swiss Press Photo", donc il s’agit bien d’une photographie de "presse", donc d’une photographie documentaire (censée nous communiquer une information).
Ces deux photographies relèvent donc de  deux catégories différentes : d'une part une photographie artistique (Spencer Tunick) et d'autre part une photographie documentaire, relatant un événement (celle de Michaël Würtenberg).

   
wurstenberg1-300.jpg  spencer-tunick1-300.jpg  
Ce qui est passionnant c'est le résultat : nous avons affaire à deux photographies à priori identiques ; seul le point de vue change -face ou dos- (c'est plus précisément la position des figurants qui change, le décor reste le même). En vérité c'est le mode de diffusion par le web qui ne permet pas de sentir les différences : celle de Würtenberg, dans sa réalité d’objet photographique, a vraisemblablement un format courant (30x40 cm dans le meilleur des cas si elle est sur papier mais sa diffusion a toutes les chances de se faire numériquement) alors que Spencer Tunick travaille vraisemblablement à la chambre  (le format peut atteindre deux mètres de côté sans perte de définition). Sur un écran, elles ont toutes les deux la même taille et la même apparence.

Cela dit, la justification du jury entretient la confusion puisqu’elle parle de “création” alors que s’il y a “création”, celle-ci se situe plutôt du côté de Spencer Tunick (au moins pour ce qui concerne le tout début de sa démarche) :

La photographie primée par le Swiss Press Photo 2007 montre 600 personnes nues sur le glacier d’Aletsch. Cependant, il ne s’agit nullement de l’image du célèbre photographe Spencer Tunick, mais d’une interprétation de l’idée originale par l’ex-photographe de presse zurichois et lauréat Michael Würtenberg. Il s’agit “d’une création brillante, captivante et significative du point de vue social” selon le jury.


Après, on peut apprécier ou non le travail de l’un ou l’autre photographe, ou bien le choix du jury de la Swiss Press Photo et ceci est une autre affaire.
   

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commentaires

espace-holbein 04/12/2007 10:20

>Fal7i :je crois que je me suis mal exprimu. Je te le rerefais altrement :holbein spoke :« Je me suis placé les mêmes questions : comment est-ce possible ? Etalors j'ai regardé : Et je suis conscient je qu'il des soucis pourconsidérer la photographie sous le critère des catégories ici. Onconnaît le travail de Spencer Tunick, qui arrange très clair sousle critère artistique : la photographie de Spencer Tunick diriged'un procédé artistique à plusieurs reprises vers la même chosequ'il rejettera certainement dans le sans fin. Dans le contexte de ceprocédé artistique elle nous fournit le énième avec photographié,celui-là du glacier d'Aletsch et son statisten, qui il desphotographies nues et de la page. On connaît la publicité, qui estfaite pendant quelques années autour du travail par Spencer Tunick(même ceux, qui ne semble pas ont accompli l'art contemporain avecpassion en particulier intéressée aux photographies par SpencerTunick : le sujet - accumulation des nakednesses divers - et la pagespectaculaire de l'enregistrement d'image). S'ils éprouvent le faitque l'artiste organise un enregistrement d'image est autant de justesles photographes les mouches "de presse", qui tournent le miel autourd'une tasse. De, où l'ueberfuelle des états dans tout le type autourde cet artiste sur les stations de télévision et dedans à laplupart des magasins divers. Ce qui concerne la photographie deMichaeel Wuertenberg I déclare qu'elle concerne le prix, qui a étéprêté, de, "photo de presse de Suisse", ainsi lui puits unephotographie "" soucis de presse, ainsi d'une photographiedocumentaire pour transmettre (censée nous l'information). Ces deuxphotographies ont mis ainsi de deux autres catégories vers le hautencore : d'une part une photographie artistique (Spencer Tunick) etd'autre part une photographie documentaire, qui enregistre unévénement (ceux de Michaeel Wuertenberg).»holbein (re)spoke :artiste : oui, j’en ai parlé. Il s’agit de Spencer Tunick.(qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Il est artiste, c’est son statut = il fait des photographies(dégueulasses ou pas, c’est selon les goûts) qui sont des œuvres (puisqu’il est artiste).Comme le disait SCHWITTERS : «Alles was ein Künsler spuckt is Kunst» (Tout ce qu’un artiste crache, c’est de l’art)Artisan : non. J’en n’ai pas parlé. Il s’agit d’un autre (Michael Wurtenberg) qui fait des photos de presse. Son boulot, c’est : photographe de presse. Sa photographie témoigne d’une réalité (ex : le moment où S.Tunick a fait sa mise en scène comme il aurait pu faire la migration des bovins dans le Valais).Le type en question peut faire de « belles photos » (même, et éventuellement, des « photos artistiques »), c’est pas le problème.Kikette ou pas kikette, ça dépend de son commanditaire (comme pour les tueurs à gage).C’est super gentil ce que tu me dis, délicieux personnage, va…>Béat : Ça dépend du degré de conscience de celui qui fait clic et du nombre de zéros sur le chèque signé par le commanditaire (comme pour les tueurs à gage, je le redis an another time).   ;-)

Béat 04/12/2007 09:41

Donc, pour faire «artistique» on force les couleurs dans le sens grisouille et pour faire «artisanal» on pousse les curseurs vers plus de couleurs. Super, c'est facile la photo!

fal7i 03/12/2007 19:45

hum, on peut voir aussi que le cadrage du photograche est correct, lui, alors que celui de l'artiste introduit de l'angoisse. Idem pour le choix de la tonalité, chromo à gauche, gravure historique à droite.pour ce qui est qu'un artisan ferait du travail technique de moins bonne qualité que celui de l'artiste, permettez-moi cher holbein, un large sourire.kikette ou pas kikette ?un jury d'artisanat choisira toujours pas kikette. et un ciel bien bleu, et pas de la neige grise.et merci de m'enchanter par ce blog délicieux.

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Fumier