30 AVRIL 2008 Gilles BARBIER,Espace Claude BERRI
28 AVRIL 2008 Céleste BOURSIER-MOUGENOT, galerie Xippas
27 AVRIL 2008 Jim DINE, galerie Daniel Templon
25 AVRIL 2008 Diane ARBUS inédit (2) ?
24 AVRIL 2008 Diane ARBUS inédit ?
22 AVRIL 2008 Jean-Michel DELAGE - Dyonisien
21 AVRIL 2008 TARZAN et l'objet-dard
par espace-holbein
publié dans :
espace-holbein
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Gilles Barbier, Espace Claude Berri
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Tu vas rue Rambuteau jusqu'au numéro 8 et là une petite plaque t'indique l'Espace Claude Berri. Tu pousses la porte qui
t'introduit dans une ruelle tuyautée qui débouche sur un endroit un peu confidentiel, une sorte de poche alvéolée : le passage Saint-Avoye. C'est là. Le lieu d'exposition que Claude
Berri vient d'ouvrir. Claude Berri, cinéaste, producteur et grand collectionneur d'art contemporain. C'est un endroit qu'il a voulu pour montrer le travail des artistes qu'il
aime. Et le premier qu'il a invité c'est Gilles Barbier. Pousse la porte : une EXPLOSITION d'un Gilles Barbier déchaîné t'attend. La Méga-maquette que Gilles Barbier a élaborée depuis des années occupe tout l'espace du lieu d'exposition. Cette pièce composite, polymorphe, faite d'objets, de moulages, de peintures,de modèles réduits, de sculptures, de matières en trompe-l'œil, d'écritures, de phylactères, de rhizomes, de maquettes qui bougent fait tourner la tête à la manière de L'Ivrogne du même Gilles Barbier, qu'on peut admirer au MAC/VAL. |
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Dans un entretien avec Paris-art et pour expliquer, à ses débuts, sa manière d'aborder les choses, il déclare
:
...de façon très embryonnaire, j’ai voulu mettre en place une stratégie qui serait
celle du jeu de l’oie. J’avais donc fait découper des plaques de verre dans lesquelles étaient inscrits divers messages qui me passaient par la tête. J’avais aussi fabriqué un petit
personnage que je déplaçais chaque jour afin de savoir à quoi j’allais dépenser mon temps et mon énergie au quotidien.
C’est à partir de cet embryon de procédure que ce pion, au départ petit mannequin, est devenu un alter ego, avec sa propre vie, à l’image de ce que j’étais mais en prenant en compte l’idée qu’une fragmentation est possible, que le soi et le moi sont divisibles, adopter plusieurs stratégies de travail, aller jusque dans la contradiction sur ces effets. La seule façon d’avancer s’est imposée à moi par le clonage de façon théorique. J’ai donc voulu mettre en place une représentation fidèle à cette idée d’«identique différent» * |
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Et effectivement, en circulant dans cette incroyable installation, on va retrouver tout ce que l'on connaît
du Gilles Barbier qui clone, recopie, fragmente, réplique, extrapole, miniaturise, se multiplie, se répand
extraordinairement. |
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| Les formes d'arts mineurs ou partagés (comme la BD ou la science-fiction) côtoient les pratiques et les références traditionnelles ou valorisées (la peinture, par exemple, ou des renvois à certaines figures de la philosophie). | |||||
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| Tout s'organise soigneusement dans un joyeux délire qui intègre à la fois la dimension de l'excès, celle de l'imagination, du rire, de la dérision mais sans oublier la profondeur, le côté noir du monde, ce qui n'échappera évidemment à personne. | |||||
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Gilles Barbier est l'observateur du monde, le sien. Ce monde traité comme une sorte d'apocalypse ; un monde vu d'en haut
("depuis le hublot") mais dont le regard perce jusque sous la peau. |
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Prolifération, jaillissements, concrétisations spatiales de matières molles ou giclées, une luxuriance inouïe, les échos
répétés des formes et des obsessions... |
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Le cloaque, une circulation sous terraine faite de rhizomes, des sortes d'intestins géants véhiculant humeurs du corps,
trésors et bananes écrasées, comme une dérision. Une prolifération qui met tout en réseau. Circulation des
liquides. Déjections et richesses matérielles mélangées. Des égoûts de noirceur mais également de valeurs, tout en intrications. Cette dimension du travail de Gilles Barbier n'est pas sans rappeler un pan de celui de Fischli et Weiss concernant les trous et le cloaque et certaines pièces -comme Kanalvidéo- présentées l'an dernier au Musée d'art moderne de la ville de Paris. |
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Et puis, clin d'œil à Stanley Kubrick : c'est la Chambre des fromages où l'on voit d'une part les singes
impressionnés par le gigantesque morceau d'emmenthal (que l'on retrouvera à plusieurs reprises dans l'œuvre de Gilles Barbier) et dans le cube rouge, la déclaration coulante -à la manière
des montres molles de Dali- de l'ordinateur de 2001 :« Stop Dave, I'm afraid, my mind is going...dit HAL.» |
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| Et puis l'informe, le flasque, l'écrasé, les matières du corps mais avec humour : la banane qui fait chuter et le fromage qui pue... (Se rappeler l'Orgue à pets) | |||||
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| L'emmenthal, fromage toujours, mais la nourriture en général qui va peupler les différentes pièces de l'artiste : sur le Radeau de la Méduse (que l'artiste appelle "Le Cockpit") où l'on repère des sacs de haricots comme pour à la fois conjurer le désastre et nous faire mourir d'indigestion (comme le rescapé noir du tableau de Géricault qui mourut d'avoir trop mangé après son sauvetage...) | |||||
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C'est le spectacle que Gilles Barbier nous invite à voir "depuis le hublot"... |
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* entretien avec Gilles Barbier : Paris-art Espace Claude Berri Le travail de Gilles Barbier : galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois |
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un clic dessous et ça bouge... |
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Gilles Barbier Le Cockpit, le vaisseau, ce que l'on voit depuis le hublot Espace Claude Berri, 4, passage Saint-Avoye, Paris 75003 jusqu'au 10 mai 2008 |
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