Jeudi 31 mai 2007








31 MAI 2007 Sommaire de mai 2007

30 MAI 2007 Anselm KIEFER

29 MAI 2007 Glen BAXTER

28 MAI 2007 KOMAR & MELAMID

27 MAI 2007 Karen KNORR

26 MAI 2007 LAWICK & MULLER

25 MAI 2007 Martin PARR

24 MAI 2007 Joseph KOSUTH

23
MAI 2007 Olafur ELIASSON

22
MAI 2007 Pablo PICASSO

21 MAI 2007 Agnes MARTIN

20
MAI 2007 VELAZQUEZ

19
MAI 2007 Art et sincérité

18
MAI 2007 Film - BECKETT .2

17
MAI 2007 Film - BECKETT

13
MAI 2007 Elin EGGERTSDOTTIR

11
MAI 2007 Edvard MUNCH - Fondation Beyeler

09
MAI 2007 Jean-Luc VILMOUTH - White Building

07
MAI 2007 Jean-David GRASSIAN

03
MAI 2007 Le Style et la Signature

02
MAI 2007 L'arbre

01 MAI 2007 Pedro MEYER



....
Mercredi 30 mai 2007
 
Anselm Kiefer
Chute d'étoiles
Monumenta 2007
Grand Palais
du 30 mai au 8 juillet



kiefer1-200.jpg Être poète ou être peintre ?
Anselm Kiefer a hésité. Et puis, d'une certaine façon, il n'a jamais tranché. Et l'on retrouve ces deux axes forts dans cette présentation qu'il fait de ses œuvres créées spécialement pour la nef du Grand Palais à l'occasion du nouveau rendez-vous : Monumenta.

Monumenta est un événement auquel peu d'artistes pourront participer car il s'agit bien de confronter une pratique artistique de renommée internationale à un espace, à un lieu, à une architecture extraordinaires : la nef du Grand Palais à Paris.

La démesure d'un artiste face à celle d'une architecture.

Anselm Kiefer est né en 1945, en Allemagne. La forme qu'il va donner à son travail sera en relation intime avec ses origines, son histoire. Et cette Histoire, il va l'interroger sans relâche. La nature va également le préoccuper et puis l'homme dans sa relation au monde, l'homme en général. Les mots et la poésie seront toujours présents, intégrés dans les toiles, les installations et les sculptures.

Dans cette exposition, deux poètes sont convoqués : Paul Celan et Ingeborg Bachmann qui sont deux poètes de l'engagement et de la mémoire. Les mots pour lutter contre l'oubli. Il ne s'agit pas d'occulter l'histoire de l'Allemagne mais au contraire de la retravailler et de tenter, à l'aide du langage, de forger des armes contre l'oubli et la barbarie. La question maintes fois posée et reprise par ces deux poètes est bien sûr de savoir si la création artistique (ici la littérature) est toujours possible après la Shoah.

         
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La fascination qu'exercent ces deux poètes sur Kiefer et le bouleversement produit par ces deux œuvres vont être à l'origine de pièces gigantesques faites de béton, de métaux, de plomb, de verre, de terre, de végétaux, de pâtes épaisses et de peintures, d'agglomérats de toutes sortes, de constructions écroulées, d'objets en déséquilibre, de mots forts et énigmatiques pris dans la matière, d'extraits organiques, d'écritures et de matériaux divers.
Il existait, dans l'exposition, une tour de dix-huit mètres de haut. Anselm Kiefer, après l'avoir érigée et considérant son côté factice, l'a écroulée au bulldozer, organisant ainsi un éboulis-catastrophe, souvenir d'une violence dont les traces sont les gravats que nous foulons en déambulant dans ce lieu qui nous rappelle les cicatrices de l'histoire.

L'œuvre est titanesque, tragique et mélancolique à la fois. Mais nous ne sommes pas dans le symbole. Le visiteur est dans la confrontation physique ; et comme le fait remarquer Philippe Dagen dans la plaquette de l'exposition : «Anselm Kiefer n'est pas un artiste de la représentation, mais de la présentation -de la présence serait un mot encore plus juste. Il ne peint pas dans l'espace factice de la toile, mais agit dans l'espace réel de l'atelier, de Barjac ou du Grand Palais. (...) Il ne figure pas, il matérialise. Il ne s'en tient pas à l'image ou aux symboles de la folie humaine de la destruction : il oblige à marcher entre les gravats et le long de paysages carbonisés où rouillent des carcasses.»

         
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Chute d'étoiles
est déclinée en huit zones, tantôt ouvertes tantôt closes. Certaines sont d'une exceptionnelle beauté, notamment celle dédiée au Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline. On y voit une accumulation d'immenses tableaux faits de matériaux composites et de peinture montrant des mers démontées et des naufrages. La bibliothèque de livres de plomb est somptueuse également.
L'œuvre est impressionnante ; l'acte artistique est fort, à la mesure du lieu.
Le triste souvenir de la Force de l'Art et de l'inadéquation de ses modules au volume du lieu de présentation n'est plus qu'un mauvais souvenir. La preuve que l'on peut réussir.
         
« (...) Est sublime ce en comparaison de quoi tout le reste est petit.»

Emmanuel Kant


photographies de l'auteur

Monumenta, au Grand Palais, du 30 mai au 8 juillet 2007
         
         
Mardi 29 mai 2007
  Glen Baxter
         
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Glen Baxter,



"Looks like your slipping inexorably into figuration" drawled the eminent critic "
2006
encre et crayons sur papier
135 x 112 cm



+ meninas

         
         
Lundi 28 mai 2007
  Komar et Melamid
         
komar-melamid-200.jpg


Komar et Melamid


"
L'Origine du Réalisme Socaliste"
1982-1983






+ meninas

         
         
Lundi 28 mai 2007
  Christophe de BRESSIEUX
galerie Tanya Haddad
jusqu'au 21 juillet 2007



de-bressieux-200.jpg Christophe de Bressieux est un artiste qui a montré assez peu de choses jusqu'à présent, si ce n'est dans des lieux parfois inhabituels ou dans des circonstances  souvent particulières. Son travail se caractérise par une production éclectique et particulièrement énigmatique dans ses centres d'intérêt et dans la mise en scène de ses œuvres.
La galerie Tanya Haddad lui donne aujourd'hui l'occasion de montrer des travaux purement photographiques d'une grande sobriété et d'une grande force. Il s'agit d'une série intitulée L'Envol de la Mésange présentant de très grands tirages du petit oiseau apparemment mort, sans blessure apparente. Une belle forme propre, délicate, où la notion d'espace est à la fois perturbée par l'immensité du sujet photographié et la neutralité du fond. Les points de vue sont variés d'un tirage à l'autre et la mise au point est faite à chaque fois sur un détail différent de la mésange : tantôt une plume particulière de l'aile, tantôt le bec ou bien encore le duvet du ventre jaune ou le gris bleuté d'une patte.

Le titre de cette série,
l'Envol de la Mésange, est énigmatique : il y a en effet une contradiction à nommer "envol" une représentation figée et définitivement figée puisqu'il s'agit d'un petit animal sans vie. Nous sommes vraisemblablement en présence d'une des nombreuses variantes des Vanités si chères au XVIIe siècle. Le précieux petit animal aux couleurs délicates dont la particularité est de voler -chose que l'homme ne fera jamais- est pétrifié, figé dans la mort, tout en gardant à la fois son intégrité physique et toute l'étendue de sa séduction.
La taille exagérément grande de l'oiseau représenté sur les tirages renvoie à l'échelle humaine et le spectateur à ses propres interrogations. Et c'est bien là que ce travail exerce une grande force à la fois  dans sa retenue, dans sa sobriété et dans son pouvoir de conviction.
                   
                   
photographie de l'auteur
(
œuvres : photographies couleur sous diasec)


galerie Tanya Haddad,
7 place Jean Grandel, 92230 Gennevilliers

jusqu'au 21 juillet 2007
                   
                   
 
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