30 MARS 2008 GOODBYE-François DAIREAUX-Abbaye de Maubuisson
26 MARS 2008 Le Bourget par un petit trou : Sténopé
24 MARS 2008 How I Killed Bambi
16 MARS 2008 ARTI
1 MARS 2008 Ventre 2
par espace-holbein
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espace-holbein
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GOODBYE, François Daireaux à l'abbaye de Maubuisson |
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Abbaye de Maubuisson dans le Val d'Oise. Ca n'est pas loin de Paris. C'est un lieu magnifique, chargé d'histoire. Le
cadre est somptueux. Cet endroit montre depuis un certain nombre d'années des travaux d'artistes contemporains. Cette fois-ci c'est François Daireaux qui a été choisi pour présenter des
œuvres réparties dans cinq espaces distincts de ce site exceptionnel. L'exposition s'intitule "GOODBYE", relativement, sans doute, à l'une des photographies de l'artiste présentée selon un mode d'exposition un peu particulier dans la Salle des Religieuses (à gauche et première photo du dernier registre d'illustration de la page). Une des particularités extrêmement agréable de ce site d'exposition est que la manière de rencontrer les œuvres se fait sur un mode itinérant. En effet, nous arrivons dans un grand parc occupé par différents bâtiments que nous devons pénétrer puis abandonner afin de voir en nous promenant la totalité de l'exposition. |
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La visite promenade débute par la Grange à dîmes (ci-dessous, à gauche). Le bâtiment -immense- a été scindé sur toute sa
longueur en deux parties. C'est un long couloir à la fois éblouissant et sombre ; un couloir bruyant. Sur un des flancs de ce couloir sont disposés une dizaine d'écrans immenses, eux-aussi,
qui montrent des gestes répétitifs cadrés serré, des gestes modestes et ancestraux, filmés dans des pays très variés étant donné les couleurs de peaux et les particularités des vêtements
dont on perçoit des fragments. Ces gestes, dans toute l'étendue de leur modestie sont impressionnants de savoir-faire. Leur répétition et leur implacable précision leur confèrent une
autorité. Il s'agit de 78 séquences filmées et enregistrées au cours de voyages que François Daireaux a entrepris, 78 manifestations du travail manuel présentées en boucle et simultanément
sur dix écrans crachant et mélangeant leurs sons et leurs images. Une régularité de machine infernale et fascinante. |
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Après une petite déambulation dans le parc de l'abbaye, nous pénétrons dans le hall d'un autre bâtiment. La première
œuvre présentée dans ce hall, nous allons entrer en contact avec elle dans un rapport direct, tactile. François Daireaux, là-encore, fait appel aux gestes. Ce sera un geste
inconscient du visiteur qui devra fouler un paillasson et éventuellement se frotter les pieds à son contact. Ce paillasson, objet usuel, est ici très particulier : il s'agit de la
représentation d'un paysage inspiré de certaines estampes chinoises ; un paysage en -faible- relief, composé d'empreintes réalisées à l'air comprimé sur de la mousse florale puis moulées en
silicone. François Daireaux a intitulé cette œuvre "Welcome" (ci-dessus, à droite), une sorte de clin d'œil, d'une certaine manière, à ces petits mots amusants et stéréotypés imprimés sur les vrais paillassons. Le spectateur se montrera actif dans cette exposition dans sa participation à la lente dégradation de l'objet, au fur et à mesure de ses passages successifs. Il paraît, d'autre part, que la couleur du paillasson doit virer progressivement du vert au jaune. Une autre vidéo très courte est intégrée au meuble documentaire."Saisons" est une vidéo réalisée dans un jardin. On y voit les pieds d'un homme qui balaie des feuilles avec des feuilles. Une vidéo en boucle, des gestes précis, répétés, des gestes qui s'usent. |
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Puis nous abordons la Salle du parloir. L'espace est à la fois imposant et délicat dans sa lumière, dans les couleurs
du revêtement de son sol. L'installation présentée par François Daireaux est composée de moulages en plâtre posés sur des selles de sculpteur réparties sur la totalité de cet
espace, ainsi que d'une vidéo montrant un homme âgé à la peau brune, filmé en plan fixe durant 25 minutes. Le spectateur circule entre toutes ces pièces.
Cet homme c'est P.Chellapan. Il est âgé de soixante-seize ans et gagne sa vie comme modèle au College of Fine Arts de Trivandrum en Inde. François Daireaux a été récupérer les bustes le représentant jetés dans un coin de l'école d'art par les étudiants. Il en a fait des moulages et les a disposés face à leur modèle vivant, filmé pour l'occasion. Cette problématique du modèle et de la variété qu'il engendre soulève un certain nombre de questions intéressantes. |
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De l'autre côté, c'est la Salle des religieuses. Faite à l'identique : mêmes colonnes, même sol au carrelages vernissés
jaune et vert, même lumière diffuse. Une autre installation de l'artiste qui va montrer ici de très belles photographies qui seront présentées posées au sol. Le spectateur sera amené à
circuler entre les tirages soigneusement encadrés un peu de la même manière que dans la Salle du parloir. Mais dans la salle précédente, il s'agissait de sculptures et le rôle du
spectateur, concernant des sculptures, est évidemment de tourner autour afin d'en prendre connaissance et de s'en imprégner. L'objectif pour lui, concernant cette fois-ci des photographies,
est de repérer, dans un premier temps, le sens de lecture de l'image. Son transit sera donc partiellement conditionné par cette intention. Et en effet, à chaque fois, cette intention sera
comblée par une satisfaction car les images sélectionnées par François Daireaux sont d'une grande qualité plastique. Mais ce que l'on ne doit pas sous estimer c'est cette perception
d'ensemble qui nous fait aborder l'exposition de ces photographies comme une installation, comme des taches de couleurs renfermant chacune son autonomie mais qui travaillent toutes ensemble
lorque le regard porte largement (photographies ci-dessus). Cent une photographies. Conçue spécialement pour cette exposition Cent une est la première installation photographique
de François Daireaux. |
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Un tout petit couloir, une toute petite porte, au fond de la Salle des religieuses, vont nous amener vers les Anciennes
Latrines. Une
vidéo, seule, aux couleurs vives, est montrée sur le mur du fond. Un petit cheval sculpté qui baigne dans une
eau rouge, ponctue le déroulé d'un film court montrant des visages et des gestes. Gais. La dernière image est celle d'un homme qui nous sourit et nous fait au revoir de la main. GOODBYE ! |
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GOODBYE Exposition de François Daireaux 26/03/2008 - 01/09/2008 Abbaye de Maubuisson rue Richard de Tour 95310 Saint-Ouen-l'Aumone |
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par holb
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Le Bourget (Seine-Saint-Denis) 4 mars-7 avril 2008
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Le Bourget décide de passer pour la deuxième année consécutive par un petit trou, celui du sténopé. Et ce petit trou
renvoie une image magnifique. Le Centre culturel André Malraux montre, dans le cadre de la Seconde exposition internationale de photographie au sténopé, des travaux d'artistes utilisant
ce petit appareil rudimentaire, ancêtre de notre appareil photo. Le principe du sténopé est simple : une boîte banale percée sur une de ses faces d'un tout petit trou qui laisse
passer la lumière. Dans la boîte, sur la face opposée à ce trou minuscule , se forme l'image inversée de la réalité. Il suffit de placer à cet endroit un support sensible pour que cette réalité
laisse une trace visible. Un obturateur permettra de doser la quantité de lumière.
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A l'heure où tout va si vite, où tout doit être consommé dans l'urgence, où le duplicata ou l'artifice se substituent
à l'original dans une course de plus en plus effrénée, il semble qu'émerge et se répand depuis quelques temps déjà une conception différente en réaction à ce quotidien auquel il paraît
impossible de se soustraire. Et cette pratique du sténopé, de plus en plus répandue en est un signe supplémentaire. La première tâche du sténopiste va consister en effet à fabriquer
consciencieusement cet objet à l'apparence souvent bancale ou décalée qui va lui permettre, après maintes expérimentations, de contempler une image inhabituelle, imparfaite mais que nul
autre que lui ne saura jamais faire à l'identique. Et, dans cette exposition, ce qui est à la fois touchant et remarquable c'est qu'à côté de chaque œuvre, l'artiste a fait figurer une
petite photographie de cet appareil improbable et unique qui lui a servi à fabriquer laborieusement, à l'heure
du numérique, ces images si étonnantes et poétiques (trois exemples, ci-dessous).
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Cette année, le thème destiné à fédérer cette exposition est celui d'une Nature urbaine. Les artistes étaient
invités à mettre en situation leur production. Et en effet, un certain nombre de travaux, tant dans leur conception que dans leur présentation interpellent le spectateur. Matthias Hagemann,
artiste allemand résidant à Barcelone, introduit, dès la prise de vue, un dispositif qui renvoie à la place du spectateur (ci-dessous) : il place une cage d'oiseau devant le trou de
son sténopé et joue sur une des spécificités de l'appareil qui est de restituer une profondeur de champ quasiment illimitée. En conséquence, les différences d'échelle sont annulées et cette
cage, que l'on voit aussi nettement que le fond du décor , donne l'impression d'être immense, telle une cage aux lions. La perception du spectateur est celle d'un individu enfermé, réduit à
une sorte d'animalité. |
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D'autres artistes vont choisir de donner un côté spectaculaire à leur présentation en plaçant leurs tirages sur des supports inhabituels. Le beau travail de Carole Lereverseau (ici, photo à gauche) montre une végétation sauvage envahir des épaves automobiles. |
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Cette artiste a placé ses tirages sur un capot de voiture moussu et abandonné. La volonté affirmée de mettre en
scène débouche sur un travail d'une grande cohérence visuelle. Des présentations plus classiques posent néanmoins la dimension désormais patrimoniale du sténopé en s'inscrivant de
manière délibérée dans une histoire du paysage photographique et en affirmant sa dimension pleinement artistique. Les magnifiques tirages de Daniel Bouzard (ci-dessous) témoignent de cette
appartenance. |
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| Les productions, variées, vont de l'objet minimaliste au tableau photographique et les matériaux utilisés, tant pour les tirages eux-mêmes que pour leur accrochage ou leur présentation, sont d'une très grande liberté étant donnée la nature du sténopé qui peut prendre toutes les formes et tous les formats. Ci dessous (à gauche) un tirage de l'artiste l'australienne Marilys Davis-Moore qui est visiblement un manifeste de la couleur, grand format ; inversement, un travail de fourmi, au ras du sol, à Paris et dans les cimetières, sera mis en forme de façon extrêmement élégante par Patrick Lallemand qui utilisera un matériau pauvre pour ses cadres (ci dessous, au centre et à droite). | ||
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Marie-Noëlle Leroy,qui est à la fois historienne de la photo, photographe et commissaire de l'exposition, déclare dans
un article du quotidien Le Monde * : « On n'est pas dans cet esprit compulsif. Le temps de pose ne se compte pas en dixièmes de seconde mais en minutes, voire en heures. Il faut être
patient, il faut longuement réfléchir avant de prendre sa photo. La photo n'est plus un instant, c'est un moment.» Cette notion du temps demeure déterminante. Il s'agit de prendre le temps et de fabriquer son temps. Son temps propre, imparfait, singulier, un temps qui va permettre de se projeter dans le futur d'une fabrication elle-même hasardeuse, dérisoire, parfois naïve, toujours singulière. Une fabrication relevant d'un bricolage destiné à produire des objets artistiques. Rappelons-nous ce qu'écrivait Claude Lévi-Strauss sur le bricolage : «Le bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâches diversifiées; mais, à la différence de l'ingénieur, il ne subordonne pas chacune d'elles à l'obtention de matières premières et d'outils, conçus et procurés à la mesure de son projet : son univers instrumental est clos, et la règle de son enjeu est de toujours s'arranger avec les "moyens du bord", c'est-à-dire un ensemble à chaque instant fini d'outils et de matériaux, hétéroclites au surplus, parce que la composition de l'ensemble n'est pas en rapport avec le projet du moment (...)».** Les sténopés ont d'excellents jours devant eux... Le flamand rose, en début de page, est une photographie de l'artiste américaine Sheila Bocchine (Phœnix-Arizona) |
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* «Le renouveau de l'art du
sténopé», Cécile Urbain, Le Monde du 19.03.08 ** Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, Paris, Ed. Plon, 1960, p 27 |
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Nature Urbaine, Seconde exposition internationale de photographie au sténopé 4 mars - 7 avril 2008 Centre culturel André-Malraux, 10, av. Francis-de-Pressensé, 93350 Le Bourget site de La Capsule (résidence pour artistes)-Le Bourget (93) présentant l'exposition. |
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Artistes présentés : Alain BACOUËL, Jean-Claude BEAUMONT, Sheila BOCCHINE, Pierre-Olivier
BOULANT, Daniel BOUZARD, Roland BUCKINGHAM, Gregor CARDUÉ, Jean DAUBAS, Marilyn DAVIS-MOORE, Mariam DIARRA, Sabine DIZEL, Peter DONAHOE, Chuck FLAGG, Christophe FROT, Alain GAYSTER, Guy
GLORIEUX, Michel GUIGUE, Matthias HAGEMANN, Lennart HANSSON, Patrick LALLEMAND, Carole LEREVERSEAU, Erin MALONE, Erick MENGUAL, Thomas MILLER, Terry TOWERY.
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par espace-holbein
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How I killed Bambi
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part IV Cooper theme, François-Eude Chanfrault |
par holb
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