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cercle primitif
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«L'inconscient sera aussi sûr de la fermeture du cercle que le géomètre le plus averti : si on laisse les rêveries d'intimité suivre leur
chemin, on retrouvera par une démarche d'involution constante toutes les puissances d'enveloppement et la main rêveuse dessinera le cercle primitif. Il semble donc que
l'inconscient lui-même connaisse, comme symbole de l'être, une sphère de Parménide. Cette sphère n'a pas les beautés rationnelles du volume géométrique, mais elle a les grandes sécurités
d'un ventre.»
Gaston Bachelard
La Terre et les rêveries du repos
éd. Librairie José Corti, 1948, rééd.1980, p. 150
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illustration : Jonas et la baleine, XVe siècle, vitrail Eglise St Pierre, abbaye St. Lambrecht , Styrie, 72,2 x 37
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Si on veut représenter le monde, on n'a plus qu'à aligner des chiffres
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«Il y avait sur le trottoir un tourniquet de cartes postales. Des photos de stars en noir et blanc, des baisers célèbres dans Paris, des
reproductions de peintures. Et parmi les peintures, une étrange surface grise qui m'a plu. Elle était piquée de traits blancs minuscules, comme des jours barrés sur un mur de prison. Au
dos, il y avait écrit : «1965 / 1—∞. DÉTAIL 99940—1017875.» Ces traits de brume sur le gris, c'étaient des chiffres. Ça ne se voyait pas d'abord. Ça ressemblait à une muraille, à un ciel, à
un fond d'œil ; et puis quand on regardait plus attentivement, les chiffres, on les voyait apparaître. D'immenses lignes de chiffres. Plus rien d'autre sur toute la surface, que des
chiffres.
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Le territoire gris des chiffres - leur crudité monotone. Je me suis dit :voilà, impossible d'oublier les chiffres, maintenant
ils sont partout,il n'y a plus qu'eux. Le type qui a peint ça l'a compris : calculs, statistiques, mesures, tarifs - le monde se confond avec le chiffre ; il ne se présente plus
autrement. Si on veut représenter le monde, on n'a plus qu'à aligner des chiffres.»
Yannick Haenel
Cercle
Gallimard, 2007, p 133
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Loris Gréaud : ça n’a pas encore commencé, ou c’est déjà fini ?
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Loris Gréaud en porte-à-faux
Au printemps 1995, un an avant de mourir du sida, le Cubain exilé Félix González-Torres s’exposait au musée Guggenheim de New York. Entre autres propositions,
des affiches de paysages à emporter et des bubble gums à mâcher. Treize ans plus tard le jeune (29 ans) Loris Gréaud semble faire de même dans les grandes largeurs et
hauteurs du Palais de Tokyo, qui lui a donné les clés pour y ouvrir sa «Cellar Door». Car il y a là aussi des bonbons (à 2 euros le sachet dans des distributeurs automatiques) et
des écrans livides.
L’écho s’arrête là. Trop de références tuent la référence. Car, à découvrir dans l’obscurité (entre backroom et panne de secteur) tel enchevêtrement de néons, tel «spectacle d’une
sculpture», tel aperçu par une meurtrière d’une salle de cinéma désolée, ou encore, en cul-de-sac, une forêt d’arbres aux troncs noircis, c’est une tempête de noms de l’art
contemporain qui siffle au-dessus de nos têtes. Outre González-Torres, Pennone, Rondinone, Gonzalez-Foerster, Parreno, Merz, Huyghe, et sûrement d’autres. N’en jetez plus. Car, à ce
petit jeu du «une star des années 90 est cachée dans cette œuvre, sauras-tu la retrouver ?», chacun pourrait y aller de sa propre réponse.
Le recyclage et la mise en scène des référents, ce n’est pas en soi un projet idiot, mais encore
faut-il que, à force d’être centrifugée, la masse des références fasse gicler une vision intempestive. Or, ici, cette organisation de la queue leu leu est telle qu’à la fin le jeune
homme se la mord (la queue). Et on aura beau branler le déjà vieux concept du «déjà-vu» (cf. le texte de Géraldine Fabre dans Palais, le magazine du Palais de
Tokyo), il n’en jaillit pas grand-chose non plus. Sinon un très morose «j’ai tout vu l’art conceptuel, hélas». A se demander s’il ne s’agit pas tant d’une exposition que d’un
étalage, au sens grands magasins du terme, dont Loris Gréaud serait l’ensemblier. Au pire, cette vitrine aura valeur d’un bêtisier de l’art contemporain, qui fera ricaner les
habituels ricaneurs ; au mieux, elle permet d’évaluer le grand écart entre deux soucis de l’art contemporain : d’un côté l’amnésie (et sa revendication), de l’autre l’hypermnésie
(et son exagération).
Quant au très parisien débat «qui manipule qui ?», Il est vrai que, si l’on avait voulu faire exploser la
cote commerciale d’un artiste, on ne s’y serait pas pris autrement. Il est non moins évident que cette surexposition pourrait carboniser celui qui s’y expose. Loris Gréaud : ça n’a
pas encore commencé, ou c’est déjà fini ?
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Gérard Lefort
QUOTIDIEN Libération : samedi 23 février 2008
Au Palais de Tokyo, les recyclages du jeune plasticien français manquent de vision.
Cellar Door de Loris Gréaud
Palais de Tokyo, 13, avenue du Président-Wilson, 75016. Jusqu’au 27 avril.
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Simulacre
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«Le sens de simulacre, après tout, selon le dictionnaire, est celui d'une apparence sensible qui se donne pour une réalité.
On appelle ainsi les fantômes.»
Jean Dubuffet
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photographie :
-Zissou en fantôme, villa «Les Marronniers», Châtelguyon, 1905, ©Jacques-Henri Lartigue (1894-1986), extrait de
Lire la photographie, Éditions Bréal, 2003, p115
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