Samedi 17 juin 2006
  all work and no play makes jack a dull boy,
all work and no play makes jack a dull boy,
all work and no play makes jack a dull boy,
all work and no play makes jack a dull boy,
all work and no play makes jack a dull boy,


Jack Torrance, gardien d'un hôtel fermé l'hiver,  sa femme et son fils Danny s'apprêtent à vivre  de longs mois de solitude. Danny, qui possède un don  de médium, le "Shining", est effrayé à  l'idée d'habiter ce lieu, théâtre marqué par de terribles événements passés...
C'est bien sûr Shining de Stanley Kubrick, film dans lequel nous rencontrons ces deux fillettes. 
Ce plan est évidemment une citation de la photographie de Diane Arbus.
Dans le film, l'univers du petit garçon est peuplé
d'hallucinations. Tout est affaire de réminiscences visuelles. Nous allons également retrouver les personnages décalés,  la beauté simple et bancale, des espaces vaguement ou franchement inquiétants comme cet hôtel  parfaitement symétrique qui abrite le chaos de l’esprit  de l’artiste dément.
   
photographie extraite du site : http://www.archiviokubrick.it/
Samedi 17 juin 2006
Disfarmer, photographe américain


Disfarmer : juste un clin d'oeil à Laurence...

"In the small mountain town of Heber Springs, the Arkansas artist known as Disfarmer captured the lives and emotions of the people of rural America between 1939-1945. Critics have hailed Disfarmer's remarkable black and white portraits as "a work of artistic genius" and "a classical episode in the history of American photography."


page d'accueil du site disfarmer.com
Ouah !...

photographie, children001, extraite du site : www.disfarmer.com/.
Vendredi 16 juin 2006
Diane Arbus,
Double Self-Portrait
With Infant Daughter, Doon,
1945

Diane Arbus fait un autoportrait avec sa fille Doon. Il s'agit d'une double prise de vue, faite à la chambre, sur une plaque unique
(observer les contours du tirage). Ce n'est pas une photographie de type stéréoscopique comme il en existait au début du XXème siècle : les deux vues sont différentes donc un temps s'est écoulé entre les deux prises.
Les deux points de vue ne sont pas identiques non plus. Et pourtant le support unique va rassembler ces deux moments. Quelle peut bien être la motivation de l'artiste ? L'autoportrait, le self-portrait fait référence à soi, à l'unique, à l'unité de l'auteur. Diane Arbus dans cette photographie se présente comme la "jumelle" d'elle-même, au delà du fait qu'elle se représente avec sa fille qu'elle considère sûrement comme son double.
La forme de cette oeuvre en dit long sur cette préoccupation qu'avait la photographe du problème du double, du bégaiement de l'image et de l'individu.
D'autres photographies de Diane Arbus en portent les stigmates.
photographie empruntée au site : http://faculty.lacitycollege.edu/auerbala/Arbus/Arbus.html
Vendredi 16 juin 2006
   Diane Arbus,
"double exposure"

 
J'ai évoqué, dans le billet précédent, cette  photographie  : "Kathleen and Coleen, Roselle, New Jersey" que Diane Arbus a prise en 1967.
J'ai une admiration sans bornes pour l'immense artiste qu'était Diane Arbus. Donc mon point de vue sera partial. Toujours partial, concernant Arbus. Là, vous êtes prévenus.
Et bien, j'ai trouvé dans le Washington Post un article de David Segal évoquant les fameuses jumelles retrouvées, trente-huit ans après. Elles posent ici en arborant cette célébrissime photographie.
   
   
photographie : Helayne Seidman - For The Washington Post
 
Jeudi 15 juin 2006
Rogen Ballen,
la photographie et le double


Une exposition vient de se terminer
le 21 mai 2006 : celle du photographe sud-africain, Rogen Ballen. C'était à la Bibliothèque Nationale de France, sur le site Richelieu.

Ce travail est fascinant pour toutes sortes de raisons et il y aurait tant à dire sur chacune de ces photographies ainsi que sur l'ensemble de ce corpus constitué d'oeuvres si particulières et que nous découvrons année après année.
Les hommes et les femmes que cet artiste photographie sont des Africains, mais blancs (essentiellement) ; et des blancs pauvres. Ce qui n'est pas si courant en Afrique. Ces êtres à la marge occupent des corps généralement dégradés à l'instar du décor dans lequel Roger Ballen les fait poser. Ces corps sont tordus ou vautrés mais le dispositif du photographe fait qu'ils sont systématiquement en harmonie parfaite avec ce qui les entoure.
Le bestiaire qui habite ces images appartient lui-aussi à un registre très décalé : lapin paraissant empaillé, chiots quasi foetus, poulets morts, rats, dinosaure en plastique ou porc de compagnie sur les genoux d'un homme qui lui ressemble étrangement, comme s'il était son double.
Et justement, ce thème du double traverse de manière trouble les images si étranges de Ballen; la photographie qui ouvrait véritablement l'exposition était celle intitulée "Dresdie and Casie, twins" (en haut), 1993. Le ton est donné : deux hommes jumeaux, au regard absolument inquiétant, aux oreilles démesurément décollées, la bave coulant de leur bouche, maculant ainsi leur chemise déjà sale, sont photographiés côte à côte, plantant sauvagement leurs yeux dans les miens. Le tirage photo est très grand et d'une grande qualité. L'effet de présence, dû à la frontalité est radical.
Il faut dire que dans le sas de cette exposition était présentée "Cathleen and Coleen, Roselle, New Jersey", la célèbre photographie de Diane Arbus représentant deux fillettes, elles-mêmes jumelles, et également de manière frontale. La fraîcheur du visage de ces fillettes ne parvient pas, toutefois, à débarrasser cette image d'un vague côté tératologique, tant le double est parfait, les robes sont noires et identiques et la frontalité de la pose fonctionne comme une barrière. Les images du double, notamment en photographie (qui est déjà le médium du double), occupent une place très particulière et savent déranger et perturber comme aucune autre.
Le double aurait-il la vocation de créer des monstres?

photographie des jumeaux extraites du site de la BNF
photographie de l'homme au cochon extraite du site de la galerie de Robert Klein
photographie de Diane Arbus extraite du site Artnet
 
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