Mardi 6 mai 2008
  Pierre Radisic / US 52 / Winter 2007-2008
 
 
 
 
 
 
Pierre Radisic / US 52 / Winter 2007-2008 
           
           
par espace-holbein publié dans : espace-holbein
Lundi 5 mai 2008
       Georges Rousse à la Maison Européenne de la Photographie
Tour d'un Monde

 
Tour d'un monde, c'est le titre d'une  très belle exposition de Georges Rousse,  à la MEP, que l'on pourrait appeler, sans aucune équivoque, une rétrospective. Tout y est montré, jusqu'aux travaux les plus récents.
Pour qui n'aurait pas encore la chance de connaître le travail de cet artiste , il suffit de cliquer sur l'image de gauche* et, comme par enchantement, tout s'expliquera sans aucun recours à la moindre explication...
Rousse est modeste et son Tour d'un monde n'est pas le Tour du monde. Mais le monde est rond, non?  Comme ici.
Le monde de Georges Rousse est un monde fascinant et un monde rendu complexe.

Pour qui n'aurait pas encore la chance de connaître le travail de cet artiste... J'aimerais être encore parmi ceux-là. En effet, je reste toujours émerveillé par ce qu'il produit et ce qu'il m'a fait découvrir, il y a des années maintenant. La magie fonctionne toujours, même s'il s'agit, d'une certaine manière d'un procédé connu depuis longtemps : l'anamorphose. L'exemple le plus fameux est évidemment mis en œuvre de façon magistrale par Hans Holbein le jeune dans son tableau "Les ambassadeurs", datant de 1533, tableau exceptionnel que l'on peut admirer à la National Gallery à Londres (ci-dessous).
           
 



 

           
La forme languissante au centre et en bas de ce tableau qui représente deux personnages importants de l'époque n'est à priori pas identifiable. Il faut utiliser son regard de manière rasante et progressivement le crâne apparaît. Hans Holbein crée une des plus belles anamorphoses de l'histoire de la peinture.
D'autres, au cours du temps et jusqu'à nos jours, firent jouer cette magie qui fonctionne sur l'illusion et les habitudes liées à notre façon de regarder le monde. Jan Dibbets a fait une série célèbre qu'il a intitulée, dans les années soixante-dix, Perspective corrections (extrait en haut à droite). Le carré séparé en quatre parties égales au centre de cet espace n'est évidemment pas un carré. Un trapèze évasé dans la partie haute a été représenté au sol. La perspective créée par l'œil (et par extension par l'objectif photographique) redresse les lignes latérales et décrit des parallèles. La conséquence est qu'une forme carrée apparaît et  semble être dessinée sur le tirage photographique, dans un plan parallèle à ce tirage.
           
 
  

   Rüsselsheim    Bercy
  Metz
Georges Rousse est quelqu'un qui, en mettant à profit les effets souvent spectaculaires de l'anamorphose, va s'en servir comme d'une composante en investissant pleinement l'espace. C'est je crois ce qui l'anime au début de sa carrière. Il raconte en effet dans une vidéo présentée à la MEP, qu'étant d'une famille de militaires, il fréquentait, enfant, des lieux détruits, dégradés, des lieux abandonnés et que cette magie du lieu ruiné l'a habité. Et effectivement, sa pratique artistique a consisté à s'approprier des espaces abandonnés voués à la destruction et à y intervenir .
           
 
 
 
Durham Project
  Durham Project   Durham Project



Et le monde deviendra son terrain de jeu...Zones industrielles, hangars désaffectés, bureaux, parkings  sous terrains, halls d'immeubles, ruines contemporaines, etc. Rousse s'imprègne de ces espaces, vient avec sa chambre photographique, regarde la grille du dépoli sous le drap noir, fait des repéres sur le sol, les murs, les meubles et les plafonds. Un travail long, précis. La peinture est étalée. Parfois (plus récemment) des structures de bois sont ajoutées pour accentuer la complexité de cette re-création d'un lieu qui a vécu une autre vie, autrefois. L'exposition est remplie de ces lieux transformés par l'artiste. Une salle noire a été créée pour la circonstance et montre sur un de ses murs des centaines de projections d'images de ces espaces à travers le monde.
           
 


Durham Project
Dravert Fondation Salomon
           
Georges Rousse va enregistrer ces changements qu'il aura mis tant de temps à produire. Il en fera des prises de vue photographiques grand format. Ces espaces sont souvent détruits après le travail de l'artiste (sauf lorsqu'il s'agit de commandes). Ces architectures pré-existantes font partie de son travail. Elles sont beaucoup plus que des supports. Le temps de la photographie est un temps court. Celui qui a permis les conditions de cette prise est long, souvent répétitif, fatigant physiquement, fastidieux. Et puis, n'oublions pas le temps du concepteur. Toutes ces composantes font que l'artiste Georges Rousse n'est  ni architecte, ni peintre, ni ouvrier, ni photographe mais tout ça à la fois.
 



         
           
* Durham Project

- une présentation du travail de l'artiste par le site galerie-photo.com
-le
Durham Project (Caroline du Nord)
-Georges Rousse au Musée Réattu, à
Arles, en 2006
-un
entretien avec Georges Rousse sur le site revoirfoto.com     
           
           
Georges ROUSSE
Tour d'un Monde
Maison Européenne de la Photographie
5/7 rue de Fourcy 75004 Paris

 
9 avril - 8 juin 2008
           
           
           
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Dimanche 4 mai 2008
  Rebeyrolle



Les chiens, comme les grenouilles sont des animaux d'en bas. Mais les animaux de la force qui fait rage (...) Il s'agit moins d'une forme que d'une énergie ; moins d'une présence que d'une intensité, moins d'un mouvement et d'une attitude que d'une agitation, d'un tremblement difficilement contenus. Se méfiant du langage, Spinoza craignait qu'on confonde sous le mot chien "l'animal aboyant" et "constellation céleste". Le chien de Rebeyrolle, lui, est résolument à la fois animal aboyant et constellation terrestre.




Michel Foucault
au sujet de la peinture de Paul Rebeyrolle

     



illustration : Rebeyrolle, Chien Pissant sur son matricule, 1973 (série "Faillite de la Science Bourgeoise").
peinture sur toile, 160 x 130 cm.
  
     
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Samedi 3 mai 2008
  Philippe Bradshaw, galerie Thaddaeus Ropac





 


         
Des cascades silencieuses de longues et fines chaînes colorées constituées de milliers de maillons métalliques comme un ruissellement de petites touches de toutes les couleurs. Des rideaux immenses, plaqués aux murs ou légèrement en avant. Quelquefois, des projections. Une sorte de travail de point de croix géant ou de pixellisation murale... Face à nous, les grandes œuvres : telle nature morte célèbre ou bien la Joconde, ou encore la Danaé de Gustav Klimt.
Entre clin d'œil et hommage...qui sait ?

           
           
           
Philippe Bradshaw,

galerie Thaddaeus Ropac
7, rue Debelleyme
75003 Paris

jusqu'au 3 mai 2008

           
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Mercredi 30 avril 2008
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