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Pierrick Sorin, Enghien-les-bains Pierrick Sorin ou Le Laboratoire d'un film |
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| Pierrick Sorin, 48 ans, vidéaste, expose au Centre des arts d'Enghien-les-bains, Val d'Oise. | |||||
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Le dispositif de l'œuvre intéresse particulièrement Pierrick Sorin. Lorsqu'il débute, plus de deux décennies de
vidéastes l'ont précédé. C'est dans les années 1960 et 1970 que des artistes ont exploré intensément tout ce qui relevait du dispositif dans le champ de l'art vidéo. Et ceci avec une
étonnante inventivité. Sorin va être le digne héritier de ces pratiques et inventera de nouvelles combinaisons intégrant ses vidéos, en faisant appel à d'autres champs, ceci visant à créer chez le spectateur -parfois acteur de ses œuvres- quelque chose de l'ordre de l'expérience. Les domaines sollicités par Pierrick Sorin seront le cinéma, le théâtre (voir ce qu'il appelle les «théâtres optiques»), la maquette, la sculpture, l'architecture ou l'espace de vie en général, mais aussi tout ce qui est relatif au son et à la musique (et pas exclusivement le son enregistré de la bande vidéo), la surveillance, etc. Ces dispositifs sont destinés à obtenir certains effets générateurs d'expériences singulières chez le spectateur. |
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Ce qui frappe chez Pierrick Sorin c'est l'écart qui existe entre la complexité des constructions de ses dispositifs et
la pauvreté affichée -et revendiquée- des situations qui sont présentées. Le dispositif, répétons-le,
est complexe, sophistiqué (on lui a même reproché d'être alambiqué) mais les événements qu'il organise et prend en
charge sont dérisoires ou insignifiants : un bol renversé, un coup de pied aux fesses, un trousseau de clés égaré, ou encore quelqu'un qui gênerait en se plaçant devant un tableau comme
dans l'œuvre qui suit : |
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La Belle Peinture est derrière nous, 1989, (ci-dessus) Dispositif vidéo avec caméra et bande enregistrée (ainsi qu'une "vraie" peinture) Le visiteur qui participe involontairement à l'œuvre est pris à partie par l'artiste «Poussez vous ! je suis en train de regarder la belle peinture qui est derrière vous...». Une peinture de mauvais goût (6) se trouve effectivement derrière lui. Le visiteur sera filmé et lorsqu'il regardera dans le cylindre (1), il se verra face à Pierrick Sorin (3, 4, 5) dans la même position que la sienne et traité à égalité en noir et blanc. Et là, cette confrontation produira un effet troublant d'échange avec l'artiste qui l'interpelle. (L'illustration 2 est un petit croquis préparatoire de la main de P.Sorin décrivant le dispositif). |
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La contingence du corps joue ici à plein. Alors qu'on voit la tête de Pierrick Sorin en médaillon (par l'œilleton), ce
n'est exceptionnellement pas le corps de l'artiste qui gêne mais celui du spectateur.
Le corps est évidemment central dans l'œuvre de Pierrick Sorin. Mais ce corps est traité comme un objet, une pièce parmi d'autres au sein de l'architecture complexe du dispositif des œuvres : il est très souvent réduit à la taille de petites poupées qui sont habillées ou dénudées, déguisées, maquillées. Le corps se voit projeté, multiplié, dédoublé ou découpé, souillé. La matière dont il est fait est objectivement inconsistante malgré l'embarras d'exister. Ces corps projetés dans les fameux «théâtres optiques» sont bien des objets qu'il manipule : il les appelle d'ailleurs les «petits Sorins». |
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Dans les pièces les plus récentes comme Le photographe inspiré, (2008), la complexité du dispositif va être
maintenue mais elle va s'enrichir d'une approche moins immédiate, moins claire à interprêter. Vraisemblablement, une plus grande richesse. Le texte introductif de cette pièce (à gauche) procède de manière intuitive et cette œuvre naît d'un croisement entre un théâtre optique existant, "143 positions érotiques", et la demande qui lui est faite de témoigner de cette œuvre par une série de prises de vues. (clic sur l'image : attention fichier lourd, 4,4 Mo ) |
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Le temps passé pour rendre compte de cette œuvre et la difficulté qui existe de la photographier (à cause des
reflets) produira une autre œuvre intégrant la première et qui conservera et mettra en scène les étapes d'un travail qui devait être, dans un premier temps, purement documentaire.
D'où une installation constituée de plusieurs éléments mis en abîme : le petit Sorin en couleurs prenant les
positions du Kamasutra en compagnie d'un polochon, les représentations (en noir et blanc) d'un même petit Sorin tout nu, en arrière plan, exécutant une pseudo-chorégraphie et le photographe
(Pierrick Sorin lui-même) en train de photographier cette œuvre et en butte aux difficultés techniques. Mais ces difficultés sont transformées en un nouvel objet artistique : « Très
vite l'idée m'est venue de jouer avec mon propre reflet : j'ai pris quelques clichés où le petit Sorin se superposait...» Donc une œuvre peut-être plus ouverte se profilant à l'horizon du Sorin nouveau... «Bon, alors comment gérer son narcissisme ? Les artistes sont-ils avantagés ? » |
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| Pierrick Sorin : la suite demain (peut-être... ) |
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Le site du Centre des arts :http://www.cda95.com/ Le site de Pierrick Sorin :http://www.pierricksorin.com/ |
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Pierrick SorinLaboratoire d'un filmjusqu’au 29 juin, Centre des Arts, 12-16 rue de la Libération, Enghien-les-Bains (95). |
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Á titre illustratif, photographies et captures vidéo de l'auteur excepté photographie du titre : C'est mignon tout ça, (1993), vidéo monobande, Perrick Sorin Le Photographe inspiré, (2008) vidéo de Pierrick Sorin (voir site) La photographie 2 est extraite de l'ouvrage de Pierre Giquel, Pierrick Sorin, publié chez Hazan (1994), p 31 |
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Pierrick Sorin, Enghien-les-bains Pierrick Sorin ou Le Laboratoire d'un film |
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| Pierrick Sorin, 48 ans, vidéaste, expose au Centre des arts d'Enghien-les-bains, Val d'Oise. | |||||
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Pierrick Sorin est un amateur de Chaplin. Le cinéma burlesque est un univers qui lui est familier. Après ses études à
Nantes, il va se filmer, se mettre en scène dans des situations de la vie quotidienne réelles ou inventées : les autofilmages. Son personnage -ou plutôt ses personnages-
va se confondre avec la figure de l'idiot. Il est gauche, hésitant, inadapté et souvent victime d'agressions absurdes où les maladresses et les erreurs d'évaluation de situations banales
lui sont fatales. Les agressions gratuites et directes font également partie de son quotidien. L'image en bandeau -ci-dessus- est une séquence d'une vidéo qu'il fait en 1994 (La
Bataille des tartes) dans laquelle il se filme en plan rapproché et où l'on voit un Pierrick Sorin subir sans réagir les assauts répétés d'un entarteur. Son visage et le haut de son
corps vont progressivement prendre du relief, de l'épaisseur ainsi que des couleurs comme un tableau en train de se faire. La situation est drôle. Le spectateur rit. Mais petit à
petit, le temps s'allonge et le malaise s'installe. |
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Cette pièce, La Bataille des tartes, ne figure pas dans l'exposition actuelle d'Enghien. Néanmoins elle est
assez emblématique d'une tradition artistique que perpétue Sorin et qui a pour origine la figure de l'artiste bouffon, du clown ou comme le montre Jean Starobinski dans un ouvrage fameux, celle de l'artiste en
saltimbanque. Dans la présentation de ce livre, Portrait de l'artiste en saltimbanque, Jean Starobinski écrit : |
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Depuis le romantisme le bouffon, le saltimbanque et le clown, ont été les images hyperboliques et volontairement
déformantes que les artistes se sont plû à donner d'eux-mêmes et de la condition même de l'art. Il s'agit là d'un autoportrait travesti, dont la portée ne se limite pas à la caricature
sarcastique ou douloureuse. Une attitude si constamment répétée, si obstinément réinventée à travers trois ou quatre générations requiert l'attention. Le jeu ironique a la valeur d'une
interprétation de soi par soi. C'est une épiphanie dérisoire de l'art et de l'artiste. La critique de l'honorabilité bourgeoise s'y double d'une autocritique dirigée contre la vocation «esthétique» elle-même. Nous devons y reconnaître une des composantes
caractéristiques de la «modernité», depuis un peu plus d'une centaine d'années.
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Jean STAROBINSKI Portrait de l'artiste en saltimbanque Gallimard, 2004, 2de de couverture |
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Pierrick Sorin appartient bien à cette tradition. Chaque pièce de l'exposition le confirme. Et il n'est pas seul à
porter cet héritage :Christian Boltanski, Paul Mc Carthy, Bruce Nauman, Cindy Sherman ou encore Olivier Blanckart (et son acolyte Arnaud Labelle-Rojoux), Jacques Lizène ou Joël Hubault
-pour n'en citer que quelques uns- sont d'un même filon. |
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Une série d'installations (Titres variables) a été réalisée en 1999-2000 où l'on voit Pierrick Sorin
déguisé chaque fois différemment courir sur le disque vinyle d'un électrophone en marche.
L'électrophone est réel et les petites effigies ridicules et amusantes, ces petits corps qui vacillent du fait de la
rotation du disque, font tout pour éviter la chute. On se situe à la fois dans le monde de l'enfance et dans l'univers des jeux de fête foraine (la planche savonnée qui tourne et
expulse ceux qui s'y risquent). Mais c'est le monde du clown qui pointe. Le lourdaud qui trébuche et s'affaisse ; celui qui se cogne, se prend les pieds dans le tapis, tombe et se relève
pour retomber à nouveau sous les rires. |
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un clic sur le mini-Sorin et il s'agite... |
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| «A cette tradition appartiennent les Gilles et les Pierrots de la Commedia, poursuit Starobinski dans Portrait de l'artiste en saltimbanque. Ce sont les héros d'un échec perpétuel, échec dont ils ont eux-mêmes à peine conscience, tant leur esprit est obtus...» (p53) | |||||
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Dans une salle de projection (1, 2) des vidéos anciennes de Sorin sont présentées. On peut notamment y voir les
autofilmages où il met en scène son double : Pierrick et Jean-Loup. Les procédés vidéo d'époque sont utilisés avec un soupçon de dérision. Pierrick va se filmer deux fois et
inclure son double Jean-Loup dans un même plan (4) à la manière des Joueurs de
cartes de Cézanne (on remarquera à l'occasion les allusions régulières à la peinture et à l'art en général chez Sorin). L'ennui des deux garçons sera à l'origine de bricolages drôles et mal foutus. L'invention de "jeux vidéo interactifs" ( 6 : de vrais œufs qu'il jettent sur un écran de télé restituant leur propre
image qu'ils cherchent à atteindre), la réalisation d'instruments de musique fabriqués avec les moyens du bord (intervention des bruits du corps, utilisation d'ustensiles de cuisine et une
bande son triturée) qui débouche sur un clip imaginaire (5)* ou encore la partie de foot qui tourne au carnage et la cage des buts (3) qui fait penser à une sculpture
contemporaine... Pierrick Sorin en profite pour malmener l'art contemporain (mine de rien) : la prétention de certains artistes, leur enflure, leur discours. Et pourtant Sorin se situe résolument du côté de la performance, art du XXème siècle, et de la vidéo qui lui a toujours été étroitement associée. Il se déguise, fait le spectacle, mime le ratage, tombe, prend violemment une pelle de jardin en pleine face, se blesse (sans jamais se faire mal) et échafaude consciencieusement un monde absurde. Starobinski écrit des clowns et des saltimbanques : «Ils ont besoin d'une immense réserve de non-sens pour pouvoir passer au sens» (p112) |
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«Le balai tout seul, ça peut encore être une œuvre d'art? » |
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* Bon, je vous fais cadeau du clip : |
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| Pierrick Sorin : la suite demain (peut-être...) |
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Le site du Centre des arts :http://www.cda95.com/ Le site de Pierrick Sorin :http://www.pierricksorin.com/ |
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Pierrick SorinLaboratoire d'un filmjusqu’au 29 juin, Centre des Arts, 12-16 rue de la Libération, Enghien-les-Bains (95). |
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Á titre illustratif, photographies et captures vidéo de l'auteur (notamment captures d'écran) excepté celle du titre : C'est mignon tout ça,
(1993), vidéo monobande, Perrick Sorin Pierrick et Jean-Loup, vidéos de Pierrick Sorin (voir site) La séquence La Bataille des tartes, (1994) : photographie extraite du catalogue d'exposition La Grande Parade (2004), p 163 |
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par espace-holbein
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Pierrick Sorin, Enghien-les-bains Pierrick Sorin ou Le Laboratoire d'un film |
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| Pierrick Sorin, 48 ans, vidéaste, expose au Centre des arts d'Enghien-les-bains, Val d'Oise. | |||||
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Enghien-les-bains. Je ne connais pas grand chose à cette ville. Je sais juste qu’il y a un lac, un casino et que la
population vote à droite. J’expose au Centre des arts. L’exposition donne lieu à l’édition d’un ouvrage d’une centaine de pages, largement illustré, pour lequel je dois rédiger des textes
sur ma « démarche artistique ». Je parle donc de ma pratique systématique de l’auto-filmage. A ce sujet, j’éprouve le besoin de me défendre contre d’éventuelles accusations de
narcissisme. Je cite : «La démarche peut sembler égocentrique. Que, fondamentalement, elle le soit ou non, m’importe assez peu. C’est le résultat qui compte. Si le sens et l’esthétique
excèdent tout sentiment d’amour-propre, l’étroitesse nombriliste est écartée». Tiens, cette phrase me donne une idée : j’arrête d’écrire. Je me désape et projette une image de mon visage
sur mon ventre, la bouche calée à l’endroit du nombril que j’écarte de mes doigts. Illustration littérale de «l’étroitesse nombriliste écartée ». Je n’avais pas pensé que mes poils
pubiens me feraient une si belle toison pectorale… Cette création nouvelle, au moins, ne m’aura pas pris trop de temps.
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Pierrick Sorin
extrait d'un panneau exposé dans le cadre de l'exposition
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Pierrick Sorin, interview. Video : Christine Barbe |
L'étroitesse nombriliste écartée | ||||
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Sorin touche à tout. Sorin c'est une désinvolture. Un qui est solidement installé dans l'enfance. Une façon de traverser
un burlesque américain. Une manière catastrophique de gérer sa vie (enfin, apparemment). Un type avec un vocabulaire approximatif, une parole hésitante. Un air pas réveillé. C'est celui qui
endosse la figure de l'idiot. C'est le fabricant de petites catastrophes. Un fatigué. Quelqu'un de banal, tout ce qu'il y a de plus banal. C'est un bricoleur, une sorte de Méliès qui
fabrique des petits théâtres optiques permettant de créer des mises en scène miniatures où évoluent des petits personnages ayant l'aspect d'hologrammes. Et ces personnages qui gigotent,
gesticulent, se ridiculisent sont des petits Sorins ; en mâle, en femelle, habillés, déguisés ou à poil. Les Sorins, petits ou grands, on les voit partout et tout le temps dans toutes ses
vidéos et ses installations.. |
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Il a commencé son activité de vidéaste (cinéaste ?) avec une caméra super 8, en mettant en scène un suicide, à
quatorze ans. A montré ses photos qui n'ont pas eu trop de succés puis a proposé une petite série sans prétention, Réveils, en 1988, qui a été le révélateur de son
activité et ce fut quasiment le début de ce qu'il appelle les autofilmages : le type se filme tous les matins au moment de son réveil. Il est fatigué, la bouche pâteuse. Il se promet de
se coucher tôt. Le côté trash et glauque de l'ambiance de la chambre, la lumière blafarde, l'élocution hasardeuse et l'effet répétitif du montage où quasiment chaque plan commence par la
phrase rituelle «Ce soir, faut que j'me couche tôt» font mouche. Drôle. Extrêmement drôle...
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Ce qui est fascinant dans cette pièce à l'allure bancale c'est la précision et l'efficacité d'un dispositif qui
est décrit soigneusement dès le début de la vidéo et appliqué de manière très rigoureuse dans ce film comportant vingt-huit plans :«Janvier 1988, la caméra est installée près du lit
pour l'autofilmage. Je serai cadré en plan rapproché poitrine. Réglage, mise au point, exposition. Boîte de radio en position Marche branchée solidairement avec les lampes : 1500watts sur
un programmeur de tension. Micro disposé à la tête du lit a pour fonction la télécommande de la caméra. Déclenchement du programmeur réglé selon les jours entre 7 et 8 heures du
matin». |
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Son quotidien, il le met en scène de façon burlesque. Même s'il est extrêmement critique par rapport à l'art
contemporain, (on le verra dans une pièce intitulée «Nantes, projets d'artistes »), il ne perd pas de vue les arts plastiques. Et Sorin nourrit une certaine ambition
:« Ma véritable envie a peut-être toujours été de faire un film », explique-t-il et les projets pour
ce "film" il en présente des bouts qu'il installe au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains jusqu’au 29 juin. C'est le «Laboratoire d’un film illusoire » intitulé "film
idéal", «Quel est le film que je veux faire ? ». C'est bien ce qu'il dit dans la vidéo de Christine Barbe. |
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| Pierrick Sorin : la suite demain (peut-être...) |
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Le site du Centre des arts :http://www.cda95.com/ Le site de Pierrick Sorin :http://www.pierricksorin.com/ |
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Pierrick SorinLaboratoire d'un filmjusqu’au 29 juin, Centre des Arts, 12-16 rue de la Libération, Enghien-les-Bains (95). |
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photographies de l'auteur (notamment détails de captures d'écran) excepté celle du titre : C'est mignon tout ça, (1993), vidéo monobande, Perrick Sorin Interview réalisée par Christine Barbe Les Réveils, vidéo de Pierrick Sorin (voir site) |
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